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Contre Adnane Mansour

Le doute était déjà gros avec les Mahmoud Hammoud, Fawzi Salloukh et autres Ali Chami. Ces ministres des Affaires étrangères, grâce auxquels (ou à cause desquels...) les Libanais en arrivent à terriblement regretter des Farès Boueiz, voire des Jean Obeid, étaient de fidèles lieutenants de Nabih Berry. Dûment chapitré par les Assad pendant les années de plomb, le président de la Chambre transmettait les objurgations damascènes à ces/ses hommes finalement chargés, avant toute chose, de protéger les intérêts diplomatiques de la Syrie pendant des décennies. Avec une (glorieuse) exception, celle de 2006 et de la sinistre guerre de juillet déclenchée par le binôme Hezbollah-Israël, dont les convergences avaient rarement été aussi siamoises. À cette époque, l’inestimable Tarek Mitri avait fait des miracles. À New York notamment : c’est à lui que le Liban doit l’incontournable résolution 1709 des Nations unies.
Aujourd’hui, Adnane Mansour a pris du galon. Et quels galons...
L’actuel et extrêmement délétère locataire du palais Bustros n’est ni le ministre des AE du Liban, même pas celui du Hezbollah, à peine celui de la Syrie. Adnane Mansour n’est rien d’autre que le bras droit (et armé) en pays arabes et en Méditerranée de Ali Akbar Salehi. Le chef de la diplomatie iranienne. Adnane Mansour obéit directement aux consignes de Téhéran.
Qui ne dit mot consent : cette hallucinante violation intestine de la souveraineté et de la libre décision du Liban, qui n’a rien à envier à celles perpétrées au quotidien, par air, mer ou terre, par Israël et la Syrie, ce virus endogène, ce crime-suicide politique, se multiplient depuis que Adnane Mansour est en poste dans l’assourdissant silence de Baabda et du Sérail. Michel Sleiman et Nagib Mikati n’ont absolument rien compris à ce concept déjà assez élastique de distanciation. Pire : en se taisant, ils cautionnent.
Hier, le palais Bustros a présenté une plainte au Conseil de sécurité contre Israël après le rapt le 29 juin dernier d’un jeune berger, Youssef Zahra. Une « provocation », selon le ministère des Affaires étrangères, qui « décuple la tension aux frontières et menace la paix et la sécurité internationales ». À la bonne heure. Les Libanais applaudissent ces assauts de patriotisme pour le Sud.
Mais pour le reste ? Pour le Nord ? Pour l’Est ? Qu’a fait Adnane Mansour à part aider sur demande iranienne la famille Assad, quand, entre autres méfaits, Ali Chaabane, cameraman d’al-Jadeed, a été tué à Wadi Khaled ; quand, entre autres méfaits, deux membres de la Sûreté générale ont été kidnappés sur le territoire libanais, amenés en Syrie, puis relâchés ; quand, entre autres méfaits, pas plus tard que samedi, plusieurs Libanais ont été tués, toujours à Wadi Khaled, par les forces loyalistes syriennes ?
Rien.
Rien aussi du côté de l’opposition. Qui devient elle aussi, involontairement certes, complice. Comme toujours ou presque depuis l’un des plus gros hold-up politiques du siècle : c’était il y a un an, avec la naissance du gouvernement Mikati. Depuis, spoliée comme rarement une formation politique l’a été au Liban, l’Alliance du 14 Mars ne fait que bavasser. C’est nécessaire, peut-être, mais totalement insuffisant et gravement stérile. Même si elle ne servira sans doute à rien (mais sait-on jamais, au regard du tsunami conjugal qui secoue le 8 Mars...), une motion de censure contre Adnane Mansour est aujourd’hui urgente et indispensable. La procédure de révocation en Conseil des ministres est quasiment irréalisable, il doit sûrement se trouver un député du 14 Mars, un seul, rien qu’un seul pour démarrer l’opération. Pour censurer Adnane Mansour. Pour réhabiliter un tant soit peu dignité et souveraineté nationales. Un seul député...
Ne serait-ce qu’en hommage à Fouad Boutros et Ghassan Tuéni.
Un seul.
Le doute était déjà gros avec les Mahmoud Hammoud, Fawzi Salloukh et autres Ali Chami. Ces ministres des Affaires étrangères, grâce auxquels (ou à cause desquels...) les Libanais en arrivent à terriblement regretter des Farès Boueiz, voire des Jean Obeid, étaient de fidèles lieutenants de Nabih Berry. Dûment chapitré par les Assad pendant les années de plomb, le président de la Chambre transmettait les objurgations damascènes à ces/ses hommes finalement chargés, avant toute chose, de protéger les intérêts diplomatiques de la Syrie pendant des décennies. Avec une (glorieuse) exception, celle de 2006 et de la sinistre guerre de juillet déclenchée par le binôme Hezbollah-Israël, dont les convergences avaient rarement été aussi siamoises. À cette époque, l’inestimable Tarek Mitri avait fait des miracles. À...
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