Aurélien Lechevallier.
Réponse – Les évènements que nous organisons dans tous nos centres au Liban, à Beyrouth, Tripoli, Jounieh, Zahlé, la Békaa, Deir el-Qamar, Saïda, Nabatiyeh et Tyr, attirent beaucoup de jeunes. Il y a un appétit de la jeunesse pour la culture. La fête de la Musique est une grande fête de la jeunesse. Le mois de la francophonie. Les concours de poésie. Le cinéma. Le printemps de Deir el-Qamar. Le Festival de la chanson francophone à Zahlé. Le Salon du livre dont l’édition 2012 a pour invité d’honneur l’Académie Goncourt et au cours de laquelle nous annoncerons le choix des étudiants dans le cadre de l’évènement « Le choix de l’Orient ».
Par ailleurs, nous sommes très attachés à soutenir des projets étudiants comme par exemple avec Alt City pour des ateliers de photographie ou notre partenariat avec l’Association libanaise de skateboarding.
Quelles sont vos principales actions dans le domaine de l’éducation ?
Nous nous intéressons aux jeunes dès leur âge le plus tendre dans les écoles et jusqu’à l’université. Au Liban, 39 lycées préparent au bac français qui est un diplôme international reconnu par les universités du monde entier. Nous entretenons une très forte coopération avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et le Centre de recherche et de développement pédagogiques (CRDP) pour la formation des enseignants dans les écoles libanaises publiques et privées. Notre coopération a deux objectifs : améliorer l’éducation au Liban et renforcer le français au pays du Cèdre.
Sur un autre registre, on organise, tous les étés, dans nos neuf centres au Liban, des cours de français non académiques pour tous les âges et tous les niveaux, proposant une pédagogie très moderne et une méthodologie innovante (voir « Cap Campus » par ailleurs). Les enseignants sont tous certifiés et la formation prépare aux examens du DELF.
Quelle importance accordez-vous à la coopération universitaire ?
Nous coopérons avec les universités libanaises à trois niveaux : dans les missions de formation pour les universités, en favorisant les programmes d’échanges et de partenariat entre les établissements libanais et français – il y a plus de 200 accords signés dans tous les domaines et impliquant presque toutes les universités –,
enfin (troisième niveau) à travers les activités de l’Institut français au Proche-Orient (IFPO) dans le domaine de l’archéologie.
Nous accompagnons les filières libanaises et aidons à renforcer la qualité de l’enseignement au niveau du premier cycle. Cinq mille étudiants libanais poursuivent leurs études en France où ils bénéficient d’excellentes conditions et du meilleur rapport qualité/prix devant les autres systèmes. La France offre de très bonnes perspectives de poursuite d’études supérieures, des filières de très grande qualité et une vaste diversité géographique.
Parlez-nous de l’accord de coopération pour l’évaluation et le développement de la recherche (Cédre) entre la France et le Liban.
Le programme Cédre, qui existe depuis une quinzaine d’années, a été modernisé dans le but de renforcer et d’amplifier la coopération scientifique et universitaire entre la France et le Liban. Il vise à soutenir la coopération scientifique et universitaire franco-libanaise en favorisant l’émergence de nouvelles coopérations par de jeunes chercheurs, mais aussi la création d’équipes de recherche franco-libanaises « sans murs » avec des codiplomations de niveau master et doctorat. Pour le 16e appel à projets – qui sera annoncé dans le courant du mois
de juillet –, la même procédure, qui a assuré la qualité scientifique des opérations et a bénéficié du soutien actif des deux gouvernements,
est maintenue.
Un dernier mot ?
Si le Liban peut continuer à jouer un grand rôle, c’est grâce à sa jeunesse, à l’éducation, au plurilinguisme et à la recherche scientifique. Il faut que les jeunes aient le désir de faire de la recherche. Faire de la recherche, c’est trouver toutes les réponses que la science peut apporter aux questions que se posent les jeunes aujourd’hui, dans tous les domaines, urbanisme, histoire, sécurité des bâtiments... Des questions telles que : comment réduire la pollution du littoral ou comment créer des espaces politiques pour améliorer le débat ? Si les jeunes ne s’investissent pas dans la recherche, les questions resteront sans réponses ou bien d’autres apporteront leurs réponses.

