La prison de Roumieh vue de l'intérieur... Photo archives/
Voilà où mène le manque de réformes : à un État de non-droit. Un État où règne l’injustice et sévit la loi de la jungle. Où on laisse des détenus croupir des années dans les geôles, en attente de jugement. Où les procédures s’étalent dans le temps, par lenteur administrative. Où les vacances judiciaires durent deux longs mois. Où les détentions arbitraires sont légion, sans que cela n’émeuve personne. Où on libère qui on veut, quand on veut, sous la pression des leaders politiques et des chefs communautaires. Où certains services continuent de recourir à la torture sous prétexte de soutirer des informations aux suspects... Telle est la triste réalité aujourd’hui au pays du Cèdre. Ce pays qui se vante d’être la démocratie du Moyen-Orient. Mais qui fait face, périodiquement, à des mutineries, dont la dernière en date était le mercredi 27 juin, au Palais de justice de Baabda. Avec leur lot de violences et de rancœur. Avec leurs inévitables débordements. La réforme du système carcéral? Voilà des années qu’on nous en rebat les oreilles. Étalée sur cinq ans, elle aurait dû être achevée dans la seconde moitié de 2012. Mais la somme de travail qui reste à accomplir est si monumentale que le citoyen se permet d’en douter. Douter de la bonne volonté des autorités, du sérieux des dirigeants, de la non-politisation de la justice, de l’humanité des juges. Douter de la volonté tout court d’améliorer les choses, en débloquant des fonds, en accélérant les nominations, en y consacrant le temps nécessaire. Sans parler de l’absence totale de réforme de la justice, censée aller de pair avec celle des prisons. Un homme, quelle que soit la couleur de sa peau, sa nationalité ou sa langue, ne vaut-il pas un autre homme ? Un citoyen, quelle que soit sa religion ou sa communauté, n’en vaut-il pas un autre ? Visiblement pas au Liban, où la discrimination dans les prisons n’est que le reflet des pratiques discriminatoires dans la vie quotidienne. Une discrimination encouragée par la classe dirigeante qui exerce à outrance un outrageux clientélisme. Et qui fait que dans les prisons libanaises, on a encore recours à la révolte et à l’automutilation pour faire entendre sa souffrance.
Voilà où mène le manque de réformes : à un État de non-droit. Un État où règne l’injustice et sévit la loi de la jungle. Où on laisse des détenus croupir des années dans les geôles, en attente de jugement. Où les procédures s’étalent dans le temps, par lenteur administrative. Où les vacances judiciaires durent deux longs mois. Où les détentions arbitraires sont légion, sans que cela n’émeuve personne. Où on libère qui on veut, quand on veut, sous la pression des leaders politiques et des chefs communautaires. Où certains services continuent de recourir à la torture sous prétexte de soutirer des informations aux suspects...Telle est la triste réalité aujourd’hui au pays du Cèdre. Ce pays qui se vante d’être la démocratie du Moyen-Orient. Mais qui fait face, périodiquement, à des mutineries,...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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