Si la préservation de la stabilité interne est la principale raison du maintien de l’actuel gouvernement, alors que la sécurité est sans cesse remise en question, pourquoi donc ce gouvernement tient-il à rester en place ? La question est d’autant plus pertinente que les forces capables de déstabiliser le Liban se trouvent au gouvernement, alors que celles qui sont en dehors n’ont pas les moyens d’une telle déstabilisation. D’ailleurs, les politiciens de tous bords ont décidé ouvertement de ne plus protéger toute personne qui chercherait à troubler l’ordre public, que ce soit en brûlant des pneus ou en entreprenant la moindre action susceptible de provoquer des incidents. Malgré cela, les troubles se poursuivent et les autorités ne procèdent pas aux arrestations nécessaires. Pourquoi ? Telle est la grande question qui est aussitôt suivie par une autre : si les autorités ne peuvent pas arrêter ceux qui provoquent des troubles, pourquoi ne mènent-elles pas une action préventive, puisque tous ces acteurs sont connus ? Un ancien responsable affirme à cet égard que la responsabilité de la sécurité ne relève pas d’un seul ministère ou d’un ministre. Il s’agit d’une responsabilité collective qui engage, entre autres, les ministères de l’Intérieur, de la Défense, de la Justice et de l’Information. Tous ces ministères doivent agir de concert pour mettre un terme aux troubles, arrêter les contrevenants et les juger selon la loi, tout en poussant les médias à être objectifs et à ne pas jeter de l’huile sur le feu. C’est ainsi que le gouvernement doit agir s’il est sérieux dans sa volonté de préserver la stabilité interne du pays.
Il n’est donc pas normal que le gouvernement dans toutes ses composantes ne parvienne pas à arrêter quelques fauteurs de troubles qui, en principe, n’ont pas de couverture politique et encore moins d’appui populaire, puisque la grande majorité des Libanais souhaite pouvoir mener une vie tranquille, avoir une saison estivale satisfaisante et profiter du calme pour préparer une rentrée lourde économiquement et socialement.
L’ancien responsable relève aussi le fait que le prestige de l’État est tombé bien bas. Il fut un temps où un seul élément des Forces de sécurité intérieure suffisait à effrayer, avec son uniforme et sans faire usage de son arme de service, le pire des malfaiteurs. Aujourd’hui, les FSI tout entières font appel à l’armée, laquelle fait appel à la Sûreté générale, et tous les services de l’ordre sont en train de supplier les trublions pour qu’ils les laissent se déployer... Il y a donc, selon lui, dans cette réalité quelque chose d’ahurissant qui dépasse l’entendement. Comment et pourquoi le gouvernement en est-il arrivé là ? C’est lui seul qui peut répondre à cette question, comme il est le seul à pouvoir assumer la responsabilité de la sécurité. Mais il faudrait pour cela qu’il croie en lui. Jusqu’à maintenant, il continue à se comporter comme s’il était un exécutant qui attend des instructions, alors qu’il devrait être à la hauteur des défis qui l’attendent, car, face à la division interne au sujet de la crise syrienne, c’est la fermeté et la foi dans le pays qui doivent primer... Hélas, pour l’instant, et en dépit des déclarations et des annonces tonitruantes, les Libanais sentent de plus en plus que leur été sera animé, mais pas grâce à l’arrivée des estivants...
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