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À La Une - Révolte

Répression sans répit et nouvel attentat à Damas

Annan recommande une série d’étapes pour la transition démocratique ; plus de 104 morts hier.

Une forte explosion s’est produite hier sur le parking du Palais de justice de Damas, mettant le feu à une vingtaine de voitures.  Photo AFP

Les violences faisaient rage hier en Syrie avec une répression sans répit de la révolte, à deux jours d’une réunion internationale sur le conflit. Dans le centre de Damas, au lendemain d’une attaque contre une chaîne officielle près de la capitale dans laquelle sept personnes ont péri, un attentat à la bombe a été commis dans le parking du Palais de justice faisant trois blessés, ont annoncé les médias d’État en accusant des « terroristes ». Selon une source policière, deux bombes magnétiques ont explosé sous deux voitures de magistrats dans le parking à ciel ouvert, tandis qu’une troisième était en train d’être désamorcée. La télévision a montré des images de nombreuses voitures en feu dans le parking.
Ailleurs dans le pays, les bombardements des troupes du régime et les combats intensifs entre soldats et rebelles, qui s’approchent de la capitale quadrillée par les forces du régime, ont fait au moins 104 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et la chaîne al-Jazira citant des militants, alors que la veille, près de 150 personnes ont péri dans l’une des journées les plus sanglantes depuis le début de la contestation.
Les pilonnages se concentrent sur les bastions rebelles de Homs, Deir ez-Zor, Douma, Idleb, alors que la situation humanitaire y est dramatique, selon les militants. Les localités de Doreen et Salma dans la province de Lattaquié ont été aussi bombardées par les forces du régime hier, d’après des opposants.
Après ce nouvel attentat, les États-Unis ont estimé que le président syrien Bachar el-Assad était le principal responsable des violences dans son pays. Moscou a de son côté condamné l’attentat de la veille contre une télévision officielle. « Cet acte barbare est un coup cruel à ceux qui pensent autrement, aux tentatives de transmettre à l’opinion publique syrienne, arabe et internationale un tableau objectif de ce qui se passe et qui ne plaît pas à quelqu’un », a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch, dans un communiqué.

Pilotes toujours disparus
Concernant l’avion turc abattu le 22 juin par Damas, les équipes de sauvetage turcs ont retrouvé des objets personnels appartenant aux deux pilotes de l’avion, ainsi que des pièces de l’appareil mais l’équipage est toujours porté disparu, six jours après l’incident, a annoncé hier l’armée turque. Cette dernière souligne qu’en raison de la profondeur sous-marine qui atteint « une moyenne de 1 260 mètres » dans la zone du crash, un navire mieux équipé pour cette profondeur sera prochainement affrété afin de remonter l’épave du F-4 Phantom à la surface.
Pendant ce temps, le Conseil national de sécurité turc, regroupant les principaux responsables militaires et civils, s’est réuni hier et a annoncé dans un communiqué que la Turquie agira « avec détermination » et « dans le cadre de la loi internationale » dans l’affaire de l’avion abattu.
Du côté onusien, le chef des observateurs de l’ONU en Syrie le général Robert Mood a déclaré dans une interview publiée hier par le quotidien britannique The Times qu’une solution politique est réalisable et que la mission de supervision de l’ONU (UNSMIS) est indispensable. Pour le général, le régime syrien et l’opposition armée « ont décidé qu’ils avaient plus à gagner en usant de la violence qu’en poursuivant la piste politique ». Malgré la difficulté de la mission, le général Mood se dit hostile à la détention d’armes par les observateurs de l’ONU. « La volonté de tuer un observateur non armé est beaucoup plus difficile. Si vous êtes armés, vous devenez une cible légitime », prévient-il.

CICR
Sur le plan humanitaire, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé hier que son équipe de secours n’avait encore une fois pas pu entrer dans Homs, où des centaines de civils seraient piégés par les combats. De son côté, une source au ministère des Affaires étrangères syrien, citée par l’agence SANA, a accusé les « groupes terroristes armés » de faire échouer la « cinquième tentative d’évacuation des blessés, malades et enfants » de Homs. Selon SANA, le Parlement a d’ailleurs entériné un projet de loi qui stipule que « tout employé dans le secteur public sera renvoyé et privé de son salaire et sa pension (retraite), s’il est reconnu coupable d’acte terroriste » ou de complicité.
En outre, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a multiplié par deux ses estimations du nombre de réfugiés qui auront quitté la Syrie à la fin de l’année, tablant désormais sur 185 000 personnes, a annoncé hier Panos Moumtzis, coordinateur régional du HCR pour les réfugiés syriens, pour lesquels les agences humanitaires de l’ONU et les ONG partenaires ont lancé hier à Genève un nouvel appel urgent d’augmentation de fonds.

Genève...
C’est dans ce contexte qu’une réunion du « Groupe d’action » sur la Syrie, à l’initiative de l’émissaire international Kofi Annan, se tiendra demain à Genève en présence des chefs de la diplomatie des grandes puissances (Russie, Chine, États-Unis, Royaume-Uni, France) et de trois États arabes, ainsi que des secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe. Une réunion préparatoire au niveau de hauts fonctionnaires se tient d’ailleurs aujourd’hui à Genève.
M. Annan, qui a dû batailler pour la tenue de cette réunion tant les divergences internationales sont profondes, veut discuter des étapes « claires et irréversibles » vers une transition démocratique en Syrie, dont un « gouvernement provisoire d’union nationale » qui inclurait des partisans de M. Assad et des membres de l’opposition. La description faite par Annan suggère que M. Assad pourrait en être exclu, selon un diplomate à l’ONU. La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, en visite à Helsinki, a, elle, indiqué avoir eu « des consultations étroites avec Kofi Annan » à propos de sa proposition, admettant avoir transmis à M. Annan « son soutien pour le plan qu’il a présenté », qu’elle a qualifié de « feuille de route très concrète pour une transition politique ».

Le Caire
Le Conseil national syrien (CNS) a quant à lui annoncé d’emblée son refus de participer à tout gouvernement avant le départ de M. Assad, selon Georges Sabra, porte-parole du CNS, en annonçant une réunion le 2 juillet au Caire de « l’ensemble de l’opposition en vue de parvenir à une vision unifiée sur la période de transition et l’avenir de la Syrie ». En attendant, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui représentera la France à Genève, rencontre aujourd’hui à Paris pour la première fois Abdel Basset Sayda, le nouveau chef du CNS.
Parallèlement, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu hier par téléphone avec M. Annan. Durant cette conversation téléphonique, les deux hommes ont « précisé des aspects organisationnels de la rencontre internationale de Genève », selon un communiqué. Avant cette réunion, M. Lavrov est censé rencontrer aujourd’hui la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton à Saint-Pétersbourg.

Assad accuse et dénonce
De son côté, le président Bachar el-Assad, dans une interview à la télévision publique iranienne, a exclu une solution imposée de l’étranger à la crise syrienne. « Aucun modèle qui ne serait pas syrien n’est acceptable car nous sommes les seuls à savoir comment résoudre le problème », a-t-il ainsi déclaré. Selon lui, la Syrie est soumise aux pressions d’une partie de la communauté internationale en raison notamment de son soutien aux Palestiniens. Ces pressions internationales n’ont eu jusqu’ici aucun effet et n’en auront pas à l’avenir, a-t-il assuré, tout en ajoutant que son régime avait lancé un programme de réformes mais que cela n’avait aucune importance aux yeux des « terroristes » qui le combattent depuis plus de quinze mois et des pays étrangers qui les soutiennent. Le devoir de mon gouvernement, a-t-il poursuivi, est de « détruire » ces terroristes afin de sauver des milliers de vies. Il a aussi affirmé que des éléments d’el-Qaëda combattaient dans les rangs des insurgés syriens sans que cela gêne les États-Unis. Le président syrien a dans la foulée accusé les Occidentaux et certains pays arabes de soutenir militairement « en sous-main » la rébellion armée.
M. Assad a par ailleurs accusé certains pays de vouloir faire capoter le plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan et de chercher à faire porter la responsabilité de cet échec aux autorités de Damas. Selon lui, une opération militaire comme celle conduite par l’OTAN l’an dernier en Libye n’est pas possible dans son pays. Il s’est aussi félicité du soutien apporté par l’Iran à son gouvernement depuis le début du soulèvement en mars 2011 et a souligné que la Syrie ferait preuve en retour de « loyauté » envers Téhéran.
Le général Knud Bartels, président du Comité militaire de l’OTAN, a déclaré pour sa part qu’il n’y aurait pas d’intervention militaire de l’OTAN en Syrie, tant que toutes les solutions politiques n’auraient pas été épuisées.
(Sources : agences
et rédaction)
Les violences faisaient rage hier en Syrie avec une répression sans répit de la révolte, à deux jours d’une réunion internationale sur le conflit. Dans le centre de Damas, au lendemain d’une attaque contre une chaîne officielle près de la capitale dans laquelle sept personnes ont péri, un attentat à la bombe a été commis dans le parking du Palais de justice faisant trois blessés, ont annoncé les médias d’État en accusant des « terroristes ». Selon une source policière, deux bombes magnétiques ont explosé sous deux voitures de magistrats dans le parking à ciel ouvert, tandis qu’une troisième était en train d’être désamorcée. La télévision a montré des images de nombreuses voitures en feu dans le parking. Ailleurs dans le pays, les bombardements des troupes du régime et les combats intensifs entre...
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