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Nos lecteurs ont la parole

II.- Réflexions préliminaires sur l’état actuel de l’Unesco

Par Rana IBRAHIM
4.- Un idéalisme des missions qui ne doit pas empêcher le pragmatisme
L’Unesco est une organisation multilatérale qui poursuit des missions humanistes qui transcendent l’intérêt politique des États dans les différentes régions du monde (voir L’Orient-Le Jour du jeudi 21 juin 2012).
De telles missions appellent plusieurs questions :
– Comment faire reconnaître la supériorité des missions de l’Unesco dans des pays en mal de démocratie ou souffrant de difficultés intérieures?
– Dans quelle mesure une organisation supranationale peut interférer dans les affaires de politique intérieure des pays ? De quelles mesures dispose-t-elle ?
– Les missions telles que définies dans la Charte figurant en annexe sont-elles reconnues par tous les pays qui peuvent y voir une intrusion dans leurs affaires intérieures?
– L’Unesco dispose-t-elle des moyens nécessaires à la bonne mise en œuvre de ses missions ?
L’Unesco est une institution créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par plusieurs États . Si les « géants » habituels des conférences internationales étaient présents (États-Unis, Royaume-Uni, Japon, Russie, France, etc.), des États de taille plus modeste, dont le Liban, faisaient aussi partie des vingt membres fondateurs. L’Unesco n’apparaît donc pas comme un club des puissants, mais ouvert sur le monde, poursuivant des missions dont l’intérêt ne prête pas au doute ou à grand débat.
Aujourd’hui encore, l’Unesco lance et coordonne des programmes à vocation sociale. C’est aussi un forum où chaque État peut s’exprimer et faire entendre son point de vue. La collégialité prédomine puisqu’il n’existe pas de veto ou de Conseil détenant des voix
prépondérantes.
On peut donc considérer que l’histoire de l’Unesco et ses modalités de prise de décision apportent des garanties quant à sa sincérité. Il n’existe aucune pénalité financière et la mise au ban d’un État est la punition à la non-exécution des programmes ou de ses recommandations.
Les moyens de l’Unesco ne sont pas toujours à la mesure de ses ambitions. Cela ne tient pourtant pas à l’institution en elle-même, mais à ses membres qui paient une cotisation ou des dons pour faire progresser les projets et les programmes sur une base essentiellement volontaire.
La bonne marche de la démocratie fait qu’à mes yeux, ce n’est pas d’abord à l’Unesco, en tant qu’institution, à reprocher à un État de ne pas honorer ses engagements ; il appartient au peuple de cet État de faire pression lorsqu’il peut s’exprimer (lors de questions au Parlement, de votes, de sondages, de manifestations, d’associations humanitaires, etc.).
Mais il est vrai que la crise qui sévit actuellement, avec les menaces de récession, rend les populations moins sensibles aux problématiques de développement. Peu de responsables évoquent aujourd’hui les objectifs, quelque louables qu’ils puissent être. Même la participation des pays industrialisés au financement de l’aide au développement est globalement faible si on la compare au montant de leur PIB. Toutefois, il ne faut pas non plus simplifier à outrance l’approche de la participation : l’apport massif d’argent n’est pas toujours la meilleure solution, comme l’a illustré le « syndrome hollandais ». Le financement est important en quantité, mais il faut un contrôle de la qualité des projets (avec une évaluation ex ante et ex post des programmes, ainsi qu’un « monitoring » fin des projets en cours) afin que leur performance soit satisfaisante et donnée en exemple.
Le programme de l’Unesco ciblé tant sur la science que sur l’éducation, la culture ou le patrimoine est, nous l’avons dit, d’une ampleur mondiale.
Un tel programme pourrait apporter beaucoup au monde actuel et surtout préserver la Terre pour les futures générations. L’analyse de la mission de l’Unesco ne doit pas se limiter au présent, mais se projeter résolument dans l’avenir. À ce jour, son budget constitue assurément une limite mais il ne fait pas qu’il bride toute action volontariste.
Une voie alternative à la situation de tension budgétaire actuelle consisterait peut-être à déléguer des groupes, dont la sincérité et l’engagement ne peuvent pas être remis en question, pour faire avancer des projets qui connaîtraient d’éventuels retards.
Il m’a semblé important de faire partager ces quelques pistes de réflexion, compte tenu de l’ampleur qu’a acquise la culture aujourd’hui, avec la mondialisation, dans le domaine politique. Le Liban peut également beaucoup y contribuer de par son histoire, son expérience pionnière et sa présence active dans les instances internationales.
4.- Un idéalisme des missions qui ne doit pas empêcher le pragmatismeL’Unesco est une organisation multilatérale qui poursuit des missions humanistes qui transcendent l’intérêt politique des États dans les différentes régions du monde (voir L’Orient-Le Jour du jeudi 21 juin 2012). De telles missions appellent plusieurs questions :– Comment faire reconnaître la supériorité des missions de l’Unesco dans des pays en mal de démocratie ou souffrant de difficultés intérieures? – Dans quelle mesure une organisation supranationale peut interférer dans les affaires de politique intérieure des pays ? De quelles mesures dispose-t-elle ? – Les missions telles que définies dans la Charte figurant en annexe sont-elles reconnues par tous les pays qui peuvent y voir une intrusion dans leurs affaires intérieures? –...
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