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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Ampère mettre

L’Électricité du Liban dans le cirage ! Et un office de plus, que cette République de poche a fini par transformer en vide-ordures... Dans un monde où l’on assiste à la libéralisation des services publics, nous serons bientôt les seuls à entretenir un État ringard, vautré dans l’autosatisfaction, davantage préoccupé à organiser ses querelles qu’à gérer convenablement les quelques casseroles dont il pense tirer sa puissance.
Voilà donc une brouettée de ministres et de députés qui depuis des lustres pompent sans vergogne dans le jus d’électrons. En hiver pour se réchauffer la panse, en été pour se rafraîchir la graisse... Comme si on avait encore besoin d’une EDL tournant comme un chauffe-bain pour être fixé sur la moralité de notre cheptel politique ! Avec plus de 50 milliards de dollars de dettes, on se demandait ce qu’il y avait encore à voler dans cet État-poubelle. Maintenant, on est fixé : c’est la curée des beaufs sur les derniers kilowatts, qui serviront sans doute à faire tourner le lave-linge pour blanchir l’argent.
En revanche, de l’électricité, il y en a entre les agités des quartiers et les poulets d’Achraf Rififi. Plus un jour ne passe sans que des ploucs ne viennent bloquer des routes et recycler l’énergie inexistante en volutes de pneus enflammés, une saloperie polluante qui damerait le pion à la lutte mondiale contre le cancer. Qui pousse à la roue ? Qui allume le Michelin ? Le caoutchouc est concentré, mais la responsabilité est diluée...
Et c’est le Basileus aux reflets oranges, dont les qualités d’éteignoir ne brillent que dans le rationnement, qui a hérité de la patate chaude. Coiffant l’EDL ampère tranquille, on ne voit pas grand-chose surnager de son bilan. Avec lui, on aura tout expérimenté : le fuel assaisonné au soufre dont même Sukleen ne voudrait pas pour récurer ses cuves, les centrales flottantes virtuelles transformées en radeaux de la méduse, les camions-citernes affrétés par les copains et les coquins puis disparaissant dans la nature, la mendicité régulière pour des avances auprès du Trésor public...
Partout ailleurs dans les sociétés normales, la production, la distribution et la gestion du courant électrique se font dans l’indifférence du public et le ronron rassurant des machines. Y a que chez nous qu’on raconte des histoires d’isolants haute tension ratatinés par l’humidité, de sacs poubelle grippant les turbines, de branchements sauvages d’abonnés qui préfèrent s’électrocuter gratos... En somme, la dette gonfle, le pays se dégonfle, la classe politique ronfle, mais les voies de l’électron national restent impénétrables.
C’était notre contribution saisonnière à la promotion touristique du Liban.

 

gabynasr@lorientlejour.com

L’Électricité du Liban dans le cirage ! Et un office de plus, que cette République de poche a fini par transformer en vide-ordures... Dans un monde où l’on assiste à la libéralisation des services publics, nous serons bientôt les seuls à entretenir un État ringard, vautré dans l’autosatisfaction, davantage préoccupé à organiser ses querelles qu’à gérer convenablement les quelques casseroles dont il pense tirer sa puissance.Voilà donc une brouettée de ministres et de députés qui depuis des lustres pompent sans vergogne dans le jus d’électrons. En hiver pour se réchauffer la panse, en été pour se rafraîchir la graisse... Comme si on avait encore besoin d’une EDL tournant comme un chauffe-bain pour être fixé sur la moralité de notre cheptel politique ! Avec plus de 50 milliards de dollars de dettes, on...
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