Avant, on s’amusait bien. Il y avait la saga de Sarko et des femmes : la troublante Cécilia en robe ivoire à l’Élysée le jour de l’investiture et la larme tendrement essuyée sur sa joue par un président visiblement très amoureux, le coup de théâtre de son escapade à Pétra avec un autre homme, Sarko malheureux en mari abandonné, puis la belle Carla avec sa silhouette sculpturale, son élégance de mannequin, ses chansons tendres et son bébé tout rose.
Pour rire, on pouvait aussi compter sur le flamboyant Berlusconi avec ses Bunga Bunga, Rubygate et autres parties fines, sans compter ses innombrables liftings, son faux bronzage permanent, ses grimaces et ses jeux de mots douteux.
Dans un registre plus sulfureux, on avait DSK et l’improbable Dodo La Saumure, les amours « tarifées » et Nafissatou Diallo dans le rôle de la pauvre femme de chambre, tout cela sous le regard bleu acier impénétrable de sainte Anne Sinclair, patronne des femmes-trompées-qui-restent-quand-même-aux-côtés-de-leur-mari.
Palpitant je vous dis, et ça vous permettait de potiner sec dans les sobhiyé avec les copines, sans compter les couvertures glamour des magazines « people » qu’on feuilletait avec délice, allongée sur sa chaise longue à la plage avec la ferme décision de bronzer idiot.
Hélas ! Ces temps bénis ont pris fin. Avec la crise, un voile noir de rigueur est tombé sur l’Europe. Même sur le Rocher, on semble s’amuser moins que du temps de Rainier, des locomotives du jet-set et de ces princes fastueux jetant des fortunes sur les tables des casinos.
Désormais, les hommes politiques sont « normaux ». Ils se déplacent en train, voire en métro, et sont en jean sur les photos officielles. Ils ressemblent à M. Tout-le-monde, habitent un deux-pièces-cuisine, font la vaisselle et promènent le chien comme tout un chacun. Vertueux et économes, ils prônent une idéologie de mormons faite de simplicité, d’égalité et de solidarité.
On s’ennuie déjà…
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Vous rigolez ? Nous sommes en pleine mutation de la notion de normalité ! A peine sommes-nous hollandais normaux que les frasques sarkoziennes, berlusconiennes ou DSKiennes sont en train de sombrer dans les oubliettes car il semble que leurs auteurs fassent figure de petits amateurs devant notre président "normal". Ce tout début de quinquennat nous enseigne le vrai sens de la normalité. Un président normal c'est celui dont la first girl friend ne veut pas que l'ex soit présente à l'investiture, d'où l'absence des mômes que cette dernière a eus avec le gars normal. Enfin, ne parlons pas si vite d'enfants... Est-on sûrs qu'ils sont tous de lui alors qu'elle se tapait Ayrault (!) pendant que son concubin fricotait avec Anne Hidalgo dont la fille Elsa pourrait en fait en être le fruit ? Et ce n'est que le début. Mais bon, tout ça n'est pas grave puisque c'est normal.
08 h 43, le 18 juin 2012