Rechercher
Rechercher

Liban - Le Commentaire

Vers un compromis provisoire sur les armes ?

La séance du dialogue national prévue le 25 juin sera, on le sait déjà, consacrée à l’examen de l’ordre du jour fixé par le président de la République, Michel Sleiman, à savoir la question de la stratégie défensive.
Certes, ce concept est élastique dans la mesure où le Hezbollah, contrairement au 14 Mars, n’y voit pas de rapport avec le statut de ses armes. Plus précisément, il soumet la stratégie défensive à la primauté de ce statut.
Cependant, même sous cette forme, il devrait répondre aux questions posées par le chef de l’État au sujet des « armes de la résistance » dans le cadre de sa détermination de l’ordre du jour : quand, comment et où ces armes-là peuvent-elles être utilisées ?


Si tout le monde ou la majorité écrasante des participants s’accordait sur des réponses plus ou moins proches à ces questions, le dialogue aurait débouché sur une solution. Dans le cas contraire, on pourrait assister à un regain d’accusations, de menaces et de mises en garde du style de celle utilisée lundi dernier, lors de la première séance du dialogue, par le représentant du Hezbollah, Mohammad Raad. Il avait dit que la guerre de 1975 apparaîtrait « comme un pique-nique » s’il devait y avoir un nouveau conflit armé au Liban.
Et l’on se souvient du même Mohammad Raad déclarant, au cours d’une des précédentes sessions de dialogue national, à propos du point du communiqué final de la séance portant sur les armes : « Écrivez ce que vous voulez, nous ferons ce que nous voulons. »


Cela étant dit, on peut supposer qu’en avalisant la tenue du dialogue sous les termes définis par le président de la République, le Hezbollah cautionne dans le fond l’idée que le statut de ses armes fasse d’une façon ou d’une autre l’objet d’un débat et que des réponses soient données aux questions posées par le chef de l’État.
Car s’il refuse le 25 juin que la question de son arsenal soit posée et s’il donne des réponses insatisfaisantes à ces questions, il prend le risque de faire échouer la séance et d’amener les représentants du 14 Mars à se retirer du dialogue, un retrait qui pourrait avoir des répercussions plus graves que la non-participation à la base.
Cependant, des observateurs politiques avisés écartent une telle éventualité et s’attendent à ce que les participants parviennent à une sorte de compromis provisoire sur les armes en attendant que la situation se décante en Syrie et que les positions de la Russie et de l’Iran soient clarifiées.
Pour ces observateurs, aucun des piliers du dialogue n’est à l’heure actuelle en mesure d’assumer la responsabilité d’un échec de ce dialogue.
L’autre bataille qui se déroule sur la scène politique est en rapport avec le maintien ou pas du gouvernement en place en vue des élections législatives de 2013, considérées comme décisives.
On sait que le 8 Mars s’efforce de préserver le cabinet sous prétexte qu’il est difficile de le remplacer du fait des désaccords entre les principaux blocs parlementaires, et cela d’autant que certains rejettent par définition la formation d’un gouvernement de technocrates sous des raisons diverses. Et l’on pense, au sein de ce camp, que si le 14 Mars parvient d’une façon ou d’une autre à entraîner la chute du gouvernement, il devra assumer la responsabilité du vide qui pourrait déboucher sur un ajournement des législatives.


Quant à l’opposition, elle n’acceptera pas que ce cabinet puisse, tel qu’il est, superviser le scrutin. Pour ce faire, elle semble prête à menacer de décréter un boycottage des élections si celles-ci doivent être organisées par l’équipe au pouvoir. Et si ces menaces restaient sans effet, le 14 Mars pourrait aussi appeler à une grève générale qui se poursuivrait jusqu’à la démission du gouvernement, mais seulement dans le cas où le chef du PSP, Walid Joumblatt, donnerait son aval à une telle démarche.


Cependant, là aussi, un officiel de haut rang se montre sceptique quant aux scénarios extrêmes dans un sens ou dans l’autre. Pour lui, rien ne peut se faire au Liban que par la voie du consensus. Ainsi, ni le gouvernement ne peut rester en place contre la volonté du 14 Mars ni son renversement est possible contre celle du 8 Mars.
Une solution médiane pourrait être envisagée. Elle consisterait à inviter les ministres qui comptent se présenter aux élections à démissionner de leurs fonctions gouvernementales.
En fait, le sort de ce gouvernement ne dépendra pas uniquement de l’intérieur libanais. L’extérieur aussi aura son mot à dire, et cela sera tributaire en particulier de l’évolution de la situation en Syrie.

La séance du dialogue national prévue le 25 juin sera, on le sait déjà, consacrée à l’examen de l’ordre du jour fixé par le président de la République, Michel Sleiman, à savoir la question de la stratégie défensive.Certes, ce concept est élastique dans la mesure où le Hezbollah, contrairement au 14 Mars, n’y voit pas de rapport avec le statut de ses armes. Plus précisément, il soumet la stratégie défensive à la primauté de ce statut.Cependant, même sous cette forme, il devrait répondre aux questions posées par le chef de l’État au sujet des « armes de la résistance » dans le cadre de sa détermination de l’ordre du jour : quand, comment et où ces armes-là peuvent-elles être utilisées ?
Si tout le monde ou la majorité écrasante des participants s’accordait sur des réponses plus ou moins...
commentaires (4)

Compromis provisoire ? Et les pétards recommenceront au gré de chacun, sous des raisons et des excuses diverses, comme toujours. ACCORD SUR LES ARMES ! Une SOLUTION, d'intégration à l'Armée Nationale, définitive et acceptable par tous. Sans ingérence étrangère, bien sûr, de qui que ce soit. Les Libanais entre EUX ! UNIQUEMENT !

SAKR LEBNAN

08 h 24, le 16 juin 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Compromis provisoire ? Et les pétards recommenceront au gré de chacun, sous des raisons et des excuses diverses, comme toujours. ACCORD SUR LES ARMES ! Une SOLUTION, d'intégration à l'Armée Nationale, définitive et acceptable par tous. Sans ingérence étrangère, bien sûr, de qui que ce soit. Les Libanais entre EUX ! UNIQUEMENT !

    SAKR LEBNAN

    08 h 24, le 16 juin 2012

  • Le dialogue est une vertue tant que le resultat est partage en egale satisfaction,sinon c'est de la perte de temps pouvant deboucher sur pire que si ca n'avait pas eu lieu. La defense du territoire est un sujet tellement delicat qu'il faudra aux participants une prise de conscience hors interets particuliers.Par essence la defense du pays requiert une notion de secret defense, le hezbollah l'a prouve en sortant vainqueur plus d'une fois contre la puissance la plus criminelle de la region, israel.On avait besoin que de determination et d'abnegation, ce que le parti de la resistance a su cultiver tout au long de son existence. Il serait bon que les choses evoluent avec les developpements regionnaux, que cette resistance puisse elle meme trouver le moyen de s'integrer a un mouvement de defense nationale avec prise de conscience nationale que l'integrite du pays n'est pas negociable. Elle a les moyens de le faire, la force et l'intelligence faisant toute la difference avec les autres.

    Jaber Kamel

    07 h 22, le 15 juin 2012

  • De l'art de perdre du temps...quand ,comment et où,hein?Ben quand ils veulent,comme ils veulent,et où ils veulent...c'est assez clair comme réponse?!Arrêtez de faire dans la libaniaiserie,à la fin?haké,haké,haké...

    GEDEON Christian

    05 h 42, le 15 juin 2012

  • Détente. Transposons les théories de Douglas McGregor dans le contexte libanais. Aujourd'hui la situation politique est prisonnière du cercle vicieux : nos dirigeants sont égocentriques et têtus ; donc il faut les pousser au dialogue ; donc ils sont contrariés ; donc ils refusent de se remettre en question ; donc ils sentent que le dialogue est inutile et disent qu'ils ont raison ; donc ils sont égocentriques et têtus ; etc. Alors que pour débloquer la situation, il suffit de basculer dans un cercle vertueux : nos dirigeants ont besoin d'être crédibles et veulent atteindre leurs objectifs ; donc ils prennent d'eux-mêmes les bonnes initiatives ; donc ils gagnent la confiance du peuple ; donc ils assument leurs responsabilités ; donc ils sont motivés et font leur maximum ; donc ils ont besoin d'être crédibles et veulent atteindre leurs objectifs ; etc. Mais bon, il y en a qui sont tellement bouchés qu'ils ne comprendraient même pas l'intérêt du cercle vertueux.

    Robert Malek

    05 h 40, le 15 juin 2012

Retour en haut