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Liberté sur internet : il y a une application pour ça

Technologie "Commotion" est l'un des projets financé par le département d'Etat pour promouvoir la liberté sur internet.
| OLJ/AFP
10/06/2012

Ceux qui vivent dans des pays où le gouvernement contrôle internet pourraient bientôt déjouer cette surveillance grâce à une application pour "téléphones intelligents" (smartphones) ou un réseau sans fil invisible aux censeurs.

 

"Commotion Wireless", un projet financé par le gouvernement américain et mis au point à Washington, sera disponible en début d'année prochaine. Son but : promouvoir la liberté d'expression en tenant compte du fait que de plus en plus de gens utilisent des gadgets mobiles.

 

C'est un "système utile pour ceux qui veulent communiquer quand leur gouvernement ne le veut pas", résume Sascha Meinrath, responsable du projet à la New America Foundation (Fondation Nouvelle Amérique), interrogé par l'AFP.

 

Facebook et Twitter ont joué un rôle important pendant le "Printemps arabe", mais ces réseaux sociaux peuvent être utilisés par les gouvernements pour traquer les dissidents.

 

Au contraire, "Commotion" --surnommé "Internet dans une valise", même s'il ne s'agit pas d'une valise bourrée d'équipements mais de logiciels-- est conçu comme un réseau en forme de filet ("topologie mesh") où l'on se connecte de proche en proche, sans point d'accès centralisé facile à couper.

 

"Un réseau mesh ne repose pas sur un simple outil", ajoute Preston Rhea, l'un des experts de New America qui a testé le projet dans un quartier de Washington avec des hackers locaux.

 

Son logiciel de cryptage peut être transféré d'un smartphone. Ainsi, s'il est bloqué dans un pays, il suffit d'une personne et de son appareil pour le transférer sur un autre ordinateur, et le retransférer à d'autres, dit M. Meinrath.

 

"Ces applications peuvent être bloquées, mais si une personne entre dans le pays avec un téléphone portable qui la contient, l'application peut être distribuée", dit-il, en ajoutant: "Ce sera très difficile d'en stopper la propagation".

 

Le système n'est pas encore au point mais le sera l'an prochain, et il sera conçu pour être "sécurisé même si les appareils sont infiltrés", dit-il.

 

"Commotion" est l'un des projets financé par le département d'Etat pour promouvoir la liberté sur internet, avec un budget de 76 millions de dollars pour ces quatre dernières années alors que 25 nouveaux millions sont budgetés.

Ian Schuler, du Bureau pour la liberté de l'internet au département d'Etat, indique que le gouvernement américain s'inquiète de plus en plus des atteintes à la liberté du web depuis les soulèvements arabes.

"Commotion" est "la bonne conjonction entre une nouvelle technologie et un nouveau besoin", dit-il à l'AFP.

 

Le projet n'est pas secret.

 

Le secrétaire d'Etat adjoint aux droits de l'homme Michael Posner a récemment fait savoir que son ministère soutenait "une dizaine de technologies" de ce type.

 

Parmi elles, une application permet la mise en place d'une sorte de "bouton d'extrême urgence" ("panic button") pour smartphones, qui fait disparaître les pages ouvertes ; un programme identifie les contenus censurés et des programmes de formation apprennent aux militants à savoir comment continuer à communiquer.

 

Mais il ne revient pas au gouvernement américain de décider où "Commotion" va fonctionner. "Nous voulons que les gens puissent s'exprimer et exercer leurs droits", dit M. Schuler. "Notre but n'est pas d'abattre les gouvernements, nous n'allons pas décider qui aura ou n'aura pas cette technologie", dit-il.

 

Lorsque le projet "Internet dans la valise" a été connu, les plus hauts responsables des services secrets iraniens ont fait savoir qu'ils s'y préparaient et travaillaient à une riposte. "C'est formidable de penser que les services secrets iraniens le considèrent comme une menace", dit M. Meinrath.

 

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Fady Challita

Bizarre, ils ont pourtant rien a cacher ces Iraniens, ayant la "transparence" et la "liberte d'expression" au moins aussi prioritaires qu'ils le sont en Syrie ou le magnifique President Bashar se porte personnellemet garant des droits de ses citoyens -inclus le droit de les trucider a gogo!

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