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À La Une - Crise

L'Onu sur les lieux du massacre en Syrie, l'Occident veut des sanctions

Un journaliste de la BBC témoigne des atrocités à Koubeir ; les combats entre soldats et rebelles font 23 morts à travers le pays.

Un jeune garçon syrien fait un signe de victoire le 7 juin 2012 dans le village de Houla, théatre d'un massacre le 25 mai dernier. Shaam News Network /

Les observateurs de l'Onu sont finalement arrivés vendredi sur les lieux du massacre de Koubeir en Syrie.

Dans l'après-midi, ils "se sont d'abord rendus au village (voisin) de Maarzaf, où les victimes ont été enterrées, puis à Koubeir pour inspecter les dégâts", a dit un militant à Hama, Abdel Karim al-Hamoui.

 

"Des soldats à un barrage à Maarzaf ont intimé l'ordre aux habitants de ne pas parler aux observateurs sous peine de représailles", a-t-il ajouté.

 

Paul Danahar, un journaliste de la BBC accompagnant le convoi de l'Onu, a raconté sur Twitter avoir vu deux habitations ravagées par le feu dans ce petit hameau, sans aucun signe de vie. "L'odeur nauséabonde de chair brûlée y est toujours très forte".

 

"Il y a beaucoup de sang dans l'une des pièces et des morceaux de chair sont visibles parmi les affaires éparpillées. Même le bétail a été tué et les carcasses pourrissent au soleil", a-t-il dit.

 

Des militants ont aussi assuré à M. Danahar que les dépouilles avaient été évacuées par les forces gouvernementales jeudi, au moment où, selon l'Onu, des barrages de l'armée et des "tirs à l'arme légère" empêchaient les observateurs de parvenir au village.

 

Ces observateurs sont déployés en Syrie pour surveiller un cessez-le-feu préconisé par le plan de l'émissaire international Kofi Annan mais violé quotidiennement.

 

Mercredi, 55 personnes dont des femmes et des enfants ont été tuées à Koubeir, un hameau de la province de Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui, avec l'opposition syrienne, a imputé ce massacre aux "chabbihas", les milices pro-régime.

 

Mais les autorités de Damas ont démenti qu'un tel massacre ait eu lieu, affirmant qu'il y a avait seulement neuf victimes, tuées par des "groupes terroristes", appellation utilisée par les autorités pour désigner rebelles et opposants.

 

Le patron de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé jeudi que le président syrien Bachar el-Assad avait "perdu toute légitimité" et déploré que des armes lourdes, des balles perforantes et des drones aient été utilisés contre les observateurs depuis le début de leur mission à la mi-avril.

 

Avant Koubeir, 108 personnes avaient été massacrées le 25 mai à Houla (centre). Les autorités avaient aussi nié toute implication mais un responsable de l'ONU avait dit que des soupçons pesaient sur les partisans du régime.

 

Dans le même temps, des milliers de Syriens ont manifesté à travers le pays contre le régime de Damas, tout en exprimant leur exaspération à l'égard de la communauté internationale, impuissante à faire cesser les violences qui ensanglantent le pays depuis le début de la révolte en mars 2011.

 

Sur le terrain, les opérations de répression et les combats entre soldats et rebelles ont encore fait 23 morts vendredi à travers le pays, selon l'OSDH.

 

Et l'armée a tiré pour disperser les milliers de manifestants qui ont défilé dans de nombreuses villes, faisant plusieurs blessés dans les provinces de Hama, Deir Ezzor et Bou-Kamal (est), selon la même source. Des rassemblements ont eu lieu à Damas, malgré des mesures de sécurité draconiennes.

 

Pour ce vendredi, le slogan des militants anti-régime était "Révolutionnaires et commerçants, main dans la main jusqu'à la victoire", une apparente tentative de convaincre les hommes d'affaires et la bourgeoisie encore peu mobilisés de se joindre à la contestation.

 

"Nous ne voulons plus de (révolte) pacifique! Nous avons des balles et des kalachnikovs!" ont crié les manifestants à Kafar Zita, dans la province de Hama, tandis qu'une pancarte dénonçait: "Réunions, décisions, initiatives, et le peuple syrien est encore massacré".

 

Face à l'escalade, Washington, Paris et Londres préparent un projet de résolution au Conseil de sécurité incluant une menace de sanctions contre le régime, selon des diplomates. Mais cette résolution risque fortement d'être bloquée comme dans le passé par Pékin et Moscou, alliées de M. Assad.

 

"Il y aura une initiative dans les jours prochains pour parvenir à un vote qui inclurait (...) des sanctions", a dit un diplomate.

"Nous espérons que les Russes ne s'y opposeront pas et les Chinois sont assez ouverts", a estimé un autre diplomate.

 

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé des sanctions unilatérales à Damas.

 

Dans ce contexte, M. Annan a répété sa demande d'accroître la pression sur le gouvernement syrien pour que son plan de paix soit mis en oeuvre, à l'occasion d'une rencontre avec la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton à Washington.

 

Dans un nouvel effort de trouver une issue au conflit qui risque de dégénérer en guerre civile, des discussions sont en cours pour mettre en place un nouveau groupe de contact international, qui inclura des pays ayant une influence sur le régime et sur l'opposition.


Plus de 13.400 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées en près de 15 mois de révolte réprimée dans le sang, selon l'OSDH.

 

Samedi et dimanche, le Conseil national syrien (CNS) doit se réunir en Turquie pour se doter d'un nouveau président qui succèdera à Burhan Ghalioun avec pour mission d'apporter plus d'unité et d'efficacité à cette grande coalition de l'opposition.

Les observateurs de l'Onu sont finalement arrivés vendredi sur les lieux du massacre de Koubeir en Syrie.
Dans l'après-midi, ils "se sont d'abord rendus au village (voisin) de Maarzaf, où les victimes ont été enterrées, puis à Koubeir pour inspecter les dégâts", a dit un militant à Hama, Abdel Karim al-Hamoui.
 
"Des soldats à un barrage à Maarzaf ont intimé l'ordre aux habitants de ne pas parler aux observateurs sous peine de représailles", a-t-il ajouté.
 
Paul Danahar, un journaliste de la BBC accompagnant le convoi de l'Onu, a raconté sur Twitter avoir vu deux habitations ravagées par le feu dans ce petit hameau, sans aucun signe de vie. "L'odeur nauséabonde de chair brûlée y est toujours très forte".
 
"Il y a beaucoup de sang dans l'une des pièces et des morceaux de chair sont visibles parmi les affaires...
commentaires (3)

Il semble que la Russie accepte de voter aux N.U. la proposition des Pays Arabes pour un départ à la douce et à la yéménite, mais que le Chinois, Grand Tigre de papier, car Lilliputien qui contemple impuissant l'île de Formose à deux pouces de son nez, a dit NON ! Bon Dieu ! Non, certes car ça pourrait se répéter très bientôt chez lui. La trouille le saisit à ce géant aux pieds d'argile.

SAKR LEBNAN

12 h 51, le 08 juin 2012

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Commentaires (3)

  • Il semble que la Russie accepte de voter aux N.U. la proposition des Pays Arabes pour un départ à la douce et à la yéménite, mais que le Chinois, Grand Tigre de papier, car Lilliputien qui contemple impuissant l'île de Formose à deux pouces de son nez, a dit NON ! Bon Dieu ! Non, certes car ça pourrait se répéter très bientôt chez lui. La trouille le saisit à ce géant aux pieds d'argile.

    SAKR LEBNAN

    12 h 51, le 08 juin 2012

  • - - It takes two to Tango .. et pour arrêter les violences aussi .. Tant que le peuple Syrien ne fait pas taire les fanatiques pseudos révolutionnaires téléguidés de l'étranger qui sévissent librement dans les quartiers depuis plus de 18 mois contre la population et les autorités et ses représentants , la situation va s'empirer et ira crescendo militairement jusqu'au jour ou le dernier d'entre eux sera maîtrisé et mis hors état de nuire . ..

    JABBOUR André

    11 h 24, le 08 juin 2012

  • 1,5 million de personnes en ont besoin d'une aide humanitaire soit 10% du peuple dans une Syrie ou la guerre civile semble bien forger son chemin . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 44, le 08 juin 2012

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