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À La Une - Syrie

Annan : La crise syrienne va vite devenir incontrôlable

La Chine intransigeante, Moscou prêt à accepter une transition « à la yéménite » pour résoudre la crise syrienne.

L’Assemblée générale de l’ONU a tenu hier une session consacrée à la situation en Syrie. Lors de son intervention, l’émissaire international Kofi Annan a déclaré que les responsables du massacre d’al-Koubair devaient « être punis ». Timothy A. Clary/AFP

« Affront à la dignité humaine », acte « barbare » : la communauté internationale a condamné hier un nouveau massacre survenu en Syrie.

 

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a qualifié ce nouvel épisode sanglant de « scandaleux et révoltant ». « Depuis des mois il est évident que le président (syrien) Bachar el-Assad a perdu toute légitimité », a-t-il déclaré devant l’Assemblée générale de l’ONU. « Il est temps pour la communauté internationale d’agir de manière concertée », a dit M. Ban, soulignant le risque « d’une guerre civile totale ». La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a estimé que M. Assad « doit céder le pouvoir et quitter la Syrie », déclarant que la violence « soutenue par le régime dont nous avons été le témoin hier à Hama est tout simplement inadmissible ». La Maison-Blanche a également dénoncé un « affront à la dignité humaine » et la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a réclamé une « enquête totale » sur ce crime « impardonnable ».

 

Pour sa part, la Russie, hostile à toute imposition d’un changement de régime en Syrie, a dénoncé ce massacre « barbare » comme une « provocation » visant à faire échouer le plan de paix de l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, et appelé l’Occident à faire pression sur l’opposition armée syrienne afin qu’elle le respecte. Quant à la Chine, elle a déclaré à l’ONU son « opposition résolue » à une « intervention armée extérieure » en Syrie, ainsi qu’à « toute tentative de promouvoir un changement de régime par la force ». La prise de position chinoise vient une fois encore soutenir celle de la Russie, dont le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a annoncé hier que Moscou bloquerait au Conseil de sécurité tout texte autorisant une intervention extérieure en Syrie. « Il n’y aura pas de mandat (de l’ONU) pour une intervention extérieure en Syrie. Je vous le garantis », a-t-il ainsi déclaré. Toutefois, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a déclaré à l’agence de presse Interfax que Moscou serait prêt à accepter une transition « à la yéménite » pour résoudre la crise.

 

Annan propose un « plan B »

S’adressant également à l’Assemblée générale de l’ONU, M. Annan a déclaré que les responsables du massacre devaient « être punis ». L’émissaire s’est par ailleurs adressé au Conseil de sécurité pour proposer un groupe de contact élargi afin de faire respecter son plan ou trouver un « plan B ». Des diplomates ont rapporté que M. Annan a déclaré que la crise deviendra « incontrôlable » si la pression internationale sur Damas ne produit pas rapidement de résultats. Il a également demandé à nouveau aux grandes puissances de signifier à M. Assad que le non-respect de son plan aurait des « conséquences claires ».

 

Moins de deux semaines après le massacre de Houla qui a provoqué un tollé international, l’opposition et une ONG syrienne ont accusé les forces fidèles au régime d’en avoir commis un autre, mercredi, à Mazraat al-Koubair dans la province de Hama. Mazraat al-Koubair est une enclave sunnite où vivent quelque 150 éleveurs et fermiers. « Au moins 55 personnes ont été tuées à al-Koubair », a ainsi indiqué le président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. « Quarante-neuf victimes ont été identifiées, majoritairement membres de la famille al-Yatim » et « parmi elles figurent 18 femmes et enfants », a-t-il dit. De son côté, le gouvernement syrien a démenti qu’un tel massacre ait eu lieu, affirmant « qu’un groupe terroriste a commis un crime odieux dans la région de Hama qui a fait 9 victimes ». M. Ban a souligné que des observateurs de l’ONU qui tentaient de se rendre sur les lieux avaient été la cible de « tirs à l’arme légère ». Les Nations unies ont précisé qu’aucun d’entre eux n’avait été blessé et qu’ils tenteraient à nouveau de se rendre sur place aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, le Conseil national syrien (CNS) a demandé aux rebelles d’intensifier leurs attaques contre les forces du régime « pour mettre fin au siège imposé à la population et protéger les civils ».

 

Violences quotidiennes : 41 tués

Ailleurs dans le pays, les troupes syriennes bombardaient violemment Talbissé, semant la panique dans cette localité de la province de Homs, selon l’OSDH et des vidéos de militants. Trois civils, dont une enfant, et un rebelle ont été tués dans cette ville. Des images diffusées par la chaîne satellitaire al-Arabiya montrent des habitants en fuite dans une rue, poursuivis par un nuage de poussière, dans un vacarme de puissantes explosions. En outre, deux civils ont été tués dans la ville même de Homs. Les violences et les morts ont également touché la province de Lattaquié, la province d’Alep, la province d’Idleb, ainsi que les villes de Douma et Deraa. Au total, 41 personnes – dont 23 civils, 15 militaires et trois combattants rebelles – ont été tuées hier.

Enfin, les Nations unies ont réclamé un « engagement beaucoup plus fort de la communauté internationale » envers les réfugiés ayant fui les violences et les pays limitrophes les accueillant.

« Affront à la dignité humaine », acte « barbare » : la communauté internationale a condamné hier un nouveau massacre survenu en Syrie.
 
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a qualifié ce nouvel épisode sanglant de « scandaleux et révoltant ». « Depuis des mois il est évident que le président (syrien) Bachar el-Assad a perdu toute légitimité », a-t-il déclaré devant l’Assemblée générale de l’ONU. « Il est temps pour la communauté internationale d’agir de manière concertée », a dit M. Ban, soulignant le risque « d’une guerre civile totale ». La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a estimé que M. Assad « doit céder le pouvoir et quitter la Syrie », déclarant que la violence « soutenue par le régime dont nous avons été le témoin hier à Hama est tout...
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