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À La Une - Reportage

Koubair, une vengeance de alaouites ?

Des corps carbonisés de femmes et d’enfants gisent dans des maisons à Mazraat al-Koubair. Six heures après le retrait des blindés et des miliciens pro-Assad, un paysan affirme avoir découvert ces cadavres calcinés parmi les décombres fumants de son hameau jadis paisible. « De la fumée s’élevait des bâtiments et une odeur épouvantable de chair brûlée émanait des lieux », raconte l’homme qui assure avoir aperçu, caché dans l’oliveraie familiale, des militaires et des chabbiha attaquer son village. « La scène avait des allures de village fantôme », a-t-il confié par téléphone en demandant à ne pas être cité nommément par peur de représailles. « Après les tirs de l’armée sur le secteur, les forces de sécurité et les miliciens ont pénétré dans les habitations. J’ai entendu des coups de feu dans trois maisons, ensuite ils sont sortis et ont mis le feu », a-t-il raconté, ajoutant : « La plupart du temps, j’ai eu du mal à entendre les coups de feu en raison des tirs d’artillerie (...). »


« Des corps brûlés d’enfants, de femmes et de jeunes filles gisent à même le sol », raconte également par téléphone Laith, un autre jeune villageois qui vit à proximité d’al-Koubair. « Ce que j’ai vu est inimaginable. Ça a été un massacre horrible (...) les gens ont été exécutés et (leurs corps) brûlés. Les corps des hommes jeunes ont été emportés », rapporte Laith d’une voix tremblante. Il préfère taire son nom de famille, craignant aussi d’être la cible de représailles. « Des gens de ce village que je connais m’ont dit que la nuit dernière, des chabbiha ont bu et dansé autour des corps, scandant des slogans en hommage à Bachar el-Assad », ajoute Laith. Les observateurs ont été appelés « une trentaine de fois », a-t-il dénoncé. « Mais ils ne sont pas venus. (...) Nous ne pouvons tout simplement plus accepter cela », s’est-il emporté.


Certains opposants affirment que des insurgés avaient opéré dans le secteur proche du hameau, accréditant l’idée d’un acte de représailles ou de vengeance collective contre ses habitants. « Les habitants du hameau étaient de paisibles citoyens, qui n’étaient ni pour ni contre le régime de Damas », raconte un opposant, Abou Ghazi, qui égrène les noms de 54 victimes, la plupart issues de la famille al-Yatim. Trois d’entre elles sont âgées de trois ans ou moins. Ce témoin dit appartenir à cette famille et avoir parlé par téléphone à son frère au moment de l’attaque : « Ce fut notre dernier échange, je lui ai dit que les forces de sécurité se dirigeaient vers notre maison (...). Après le départ des chabbiha et des blindés, la première chose que j’ai faite a été de me précipiter chez moi. Tout était brûlé. Les sept membres de ma famille étaient tous morts. J’ai vu les corps dans l’escalier, la salle de bains et la chambre. Ils étaient tous calcinés. » Un autre opposant incrimine les alaouites des environs. « De nombreux jeunes gens originaires de villages alaouites du voisinage ont perdu la vie en se battant pour Assad contre les insurgés. Leurs proches voulaient se venger, d’où leur attaque contre le village sunnite le plus proche », raconte Manhal Abou Bakr.


Sur des vidéos diffusées hier, on voit les corps d’une dizaine de femmes et d’enfants enveloppés dans des linceuls blancs réfrigérés par des bouteilles d’eau glacée, faute de morgue sur place. Selon les opposants, une grand-mère, sa fille et cinq de ses petits-enfants ont été tués. « Ce sont des enfants du massacre de Mazraat al-Koubair (...) Regardez bien, vous les Arabes et les musulmans, c’est à cela que ressemble un terroriste ? » demande un homme au caméraman qui filme la scène.
(Source : agences)

Des corps carbonisés de femmes et d’enfants gisent dans des maisons à Mazraat al-Koubair. Six heures après le retrait des blindés et des miliciens pro-Assad, un paysan affirme avoir découvert ces cadavres calcinés parmi les décombres fumants de son hameau jadis paisible. « De la fumée s’élevait des bâtiments et une odeur épouvantable de chair brûlée émanait des lieux », raconte l’homme qui assure avoir aperçu, caché dans l’oliveraie familiale, des militaires et des chabbiha attaquer son village. « La scène avait des allures de village fantôme », a-t-il confié par téléphone en demandant à ne pas être cité nommément par peur de représailles. « Après les tirs de l’armée sur le secteur, les forces de sécurité et les miliciens ont pénétré dans les habitations. J’ai entendu des coups de...
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