Comme si les gesticulations guerrières des bouseux de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen ne suffisaient pas, va falloir se farcir lundi la pantalonnade des indigènes communautaires présidant aux destinées du dialogue interlibanais. Déjà les miasmes du programme des réjouissances commencent à schlinguer : une quinzaine de tronches de cake du Jurassic Park local, invitées pour la énième fois à prendre la pose autour d’une table grossièrement fleurie, sur laquelle est délicatement posé un petit drapeau rouge et blanc frappé d’un buisson vert, dont plus personne ne se souvient ni pourquoi ni par quel architecte d’intérieur il a été placé en cet endroit précis. Question créativité, le locataire du château de Sleimanie va devoir se surpasser.
Objectif de ce pince-fesses : s’entendre sur la « stratégie de défense ». Les gros mots, déjà ! Ce qui prête à fanfaronner que le pays est doté d’une terrible force de frappe nucléaire, alors qu’il s’agit tout bêtement de basses manœuvres d’attaque sournoise. Mais il y a aussi un objectif non déclaré : empêcher les clampins du dialogue de s’envoyer la vaisselle à la figure, comme à chaque fois qu’ils ont l’occasion de se frotter en reniflant le même oxygène.
Seulement voilà, pour empêcher les Libanais d’en bas de se sauter à la gorge, les délégués vont sans doute se résoudre à ménager l’Infréquentable de Damas. Certains de ses alliés les plus transis iront même jusqu’à lui déclarer leur flamme et le qualifier d’homme de paix et de dialogue. Demandez aux paysans de Ersal qui baignent dans la tranquillité. On se sent tellement bien dans les cimetières...
Entre-temps, comment sortir de son bunker le champion de la victoire divine, dont la sécurité personnelle a tout l’air d’être plus chère à ses yeux que celle du commun des Libanais ? Comment ramener à la normale la tension artérielle des croums du 14 Mars, qui font une fixation monomaniaque sur le cabinet Mikou tout en espérant très fort désensabler le Barbichu de son exil pétrolier à l’ombre des palmiers ? Comment amadouer l’Amer Michel de Rabieh quand le fond de l’air est encore frais et que le fond du Aoun effraie ?
Vivement lundi, que le talk show imbécile puisse enfin démarrer. Comme d’habitude, les intelligents arbitreront. D’ailleurs à quoi servirait l’intelligence si l’imbécillité n’existait pas ?
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