Hady Zaccak et sa « Marcedes ».
Hady Zaccak signe avec Marcedes l’histoire d’une voiture, d’une famille, d’un pays. Une chronique amusante de la star des bolides germaniques devenue citoyenne libanaise à part entière.
Q. Pourquoi avez-vous voulu raconter tous les événements du Liban en personnalisant la Mercedes « Ponton » ?
R. Depuis les années 50, la Mercedes « Ponton » est devenue comme une icône au Liban. Avec le temps, cet objet allemand s’est « libanisé », adoptant ainsi la citoyenneté libanaise. À travers donc cette voiture, utilisée comme un prétexte, j’ai reproduit l’histoire du Liban durant ces 60 dernières années.
La voiture symbolise-t-elle le citoyen libanais ?
La voiture représente en même tant le citoyen libanais et la situation du Liban en évoquant les guerres successives, le vieillissement et l’abandon. La seule possibilité de survie est d’appartenir à une famille et à une communauté religieuse.
Quelle place occupe la voiture « Ponton » par rapport aux autres Mercedes du film ?
Au cours de l’action, la Mercedes « Ponton » perd toute sa noblesse. Elle est délaissée, et pour pouvoir survivre elle doit travailler durant toute sa vie. Bien qu’elle fasse partie d’une communauté importante, elle est à l’image du Libanais faible en tant qu’individu. Elle devra donc toujours être sur la route.
Perdez-vous espoir en cette voiture ?
Au Liban, les mêmes discours et événements se répètent. Les guerres déclarées et non déclarées aussi. Au lieu d’avancer, on recule. Marcedes témoigne à la fois de ce mélange de poésie et de satire. Pour ma part, même si je veux y croire encore, j’ai perdu pourtant avec le temps cette grande dose d’optimisme qui m’animait. C’est ce qui me pousse à faire des films, même si je suis convaincu que je ne peux rien changer. Juste décrire et mettre en images.
Quelle est l’importance du son dans le film ?
Dans Marcedes, il n’y a aucune présence humaine. Les êtres humains sont des figurants et les voitures les personnages principaux. Les seules voix humaines dans le documentaire sont celles issues d’archives diffusées par la radio de la voiture. Un travail d’écriture sonore à partir de musiques reformulées, de bruitages et de textes qui permettent de créer une distance entre le spectateur et l’histoire pour donner une liberté d’interprétation.
Parlez-nous un peu des voyages de « Marcedes ».
Marcedes a commencé au Festival international de Dubaï où il a reçu le prix de la critique internationale pour le meilleur documentaire arabe, pour ensuite poursuivre son parcours à Doha, au festival al-Jazeera, où il a gagné le prix du meilleur documentaire. Ensuite, il a voyagé en Tunisie et a gagné le second prix du meilleur documentaire. Pour enfin quitter le monte arabe et se diriger vers Monaco et gagner un prix pour le meilleur long documentaire.
Métropolis Empire Sofil :
Horaires de projection jusqu’au 14 juin :
« It’s all in Lebanon » : 14h30, 17h30, 20h00, 22h30.
« Marcedes » : 15h00, 17h00, 19h30, 22h00.
Sortie
Prometheus,
de Ridley Scott.
Avec Noomi Rapace, Michael Fassbender
et Charlize Theron
Alien : Le huitième passager (1979) de Ridley Scott suivi de Aliens de James Cameron en 1986 et de Alien opus 3 de David Fincher en 1992, et enfin par Alien, la résurrection de Jean-Pierre Jeunet en 1997, se refont une seconde peau avec le Prometheus de Ridley Scott qui relie avec ses anciennes amours, à savoir la science-fiction.
Bien que ne faisant pas partie de la saga, Prometheus partage le même univers des autres films expliquant des événements arrivés 29 ans avant Alien : Le huitième passager. Ni vraiment un prequel ni vraiment un sequel, Prometheus a donné durant quelques mois par sa bande-annonce et son casting l’eau à la bouche. Une eau qui s’est avérée un peu amère. Voire glauque. On s’attendait à franchement mieux de la part du père de Gladiator. Il est certain que sur le plan visuel (photos et effets), on n’a rien à redire. Il nous en bouche un coin. Ridley Scott prouve qu’il maîtrise à la perfection la 3D, emmenant par instants le spectateur, grâce aux plans larges et grandioses, dans une autre dimension « indéchiffrable ». Par ailleurs, Michael Fassbender est indétrônable en androïde. Mais outre ces effets visuels qui, avouons-le, ont été possibles grâce à un budget faramineux même indécent, Prometheus ne promet rien de nouveau. Du moins rien de particulier. Il ne propose aucune réponse à la naissance du monstre gluant et rapace qui s’enfonce dans la bouche humaine jusqu’à évider l’homme en entier (image, si je ne m’abuse, hyperpuissante). Par contre, il ouvre la voie à des questionnements divers. Ce serait trop prétentieux de parler de défauts, mais on peut certainement évoquer les différentes faiblesses qui sont dues en général au scénariste Damon Lindelof (un des coscénaristes de la série Lost). À cause de lui, le concept « scottien » se phagocyte. Il en demeure un divertissement superficiel qui sera certainement défendu par ses irréductibles fans.
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