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Économie - Crise

La Grèce pourrait vivre avec deux monnaies

La résolution de la crise grecque au lendemain du scrutin législatif du 17 juin devrait passer par un rejet du plan de sauvetage de la troïka (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne) et une situation de quasi-faillite pour Athènes, a estimé hier le responsable de la gestion taux et crédit chez Edmond de Rothschild Investment Managers (Edrim).


Pour payer ses fournisseurs, la Grèce pourrait, à l’instar de la Californie tombée en faillite en 2009, avoir recours à un autre type de dette, des « I.O.U. », qui fonctionnerait comme une « monnaie parallèle » à l’euro, a expliqué Étienne Gorgeon lors d’un point de presse. Ces I.O.U. émis en loi locale pourraient subir une restructuration et une dévaluation en cas de sortie ultérieure de l’euro. La Grèce aurait alors une dette externe financée par l’Europe elle-même, via le compte sous séquestre déjà mis en place par ses bailleurs de fonds, et une dette domestique par émission d’I.O.U. « Ce serait une solution raisonnable. Une sortie brutale de l’euro serait une catastrophe pour un pays qui a connu quatre années de récession. La troïka comme les partis politiques grecs savent que le plan de sauvetage n’est pas applicable », a-t-il déclaré.


Outre la sortie brutale, Étienne Gorgeon écarte un scénario selon lequel, après les élections, un gouvernement grec viable serait formé et mettrait en œuvre les mesures drastiques exigées par la troïka pour verser les aides. « Ce scénario semble peu réaliste compte tenu du contexte et de la faible légitimité dont devrait bénéficier ce futur gouvernement », a-t-il dit.


Dans le scénario qu’il retient (faillite préparée) et qui pourrait aboutir à une sortie de l’euro, il a dit ignorer les conséquences que cela pourrait avoir pour le reste de la zone euro.


Reste la question de la contagion, notamment à l’Espagne, qui souffre des conséquences de la crise immobilière sur ses banques. Les besoins de recapitalisation sont évalués entre 50 et 70 milliards d’euros, ce qui pèserait sur la ratio dette-PIB de l’Espagne. « La BCE a ainsi cherché ces derniers jours à contenir le risque bancaire espagnol dans un contexte où l’Espagne enregistre en 2012 100 milliards d’euros de sorties nettes de capitaux », a poursuivi Étienne Gorgeon.
Comme d’autres analystes, il relève que la BCE est à la manœuvre et sert de garde-fou à une crise bancaire. Mais la même BCE pousse les gouvernements de la zone vers une intégration plus profonde. Elle préconise une union bancaire, qui, à l’instar de la FDIC américaine, garantirait les dépôts à l’échelle de la zone euro, et une forme d’union budgétaire. « Une union monétaire n’est viable qu’avec une union politique », a souligné le gérant en ajoutant que, compte tenu des calendriers électoraux, les dirigeants européens ont désormais quatre ou cinq ans pour trouver une solution viable.
Dans un contexte, marqué en outre par une croissance très faible aux États-Unis et une récession en zone euro alimentée par le lent processus de désendettement des États, les actifs obligataires ont un avantage sur les autres. Edrim prévoit en 2012 une récession de 0,5 % en zone euro, la même chose en France, -2 % en Espagne, -1,5 % en Italie et une croissance zéro en Allemagne.

(Source : Reuters)

La résolution de la crise grecque au lendemain du scrutin législatif du 17 juin devrait passer par un rejet du plan de sauvetage de la troïka (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne) et une situation de quasi-faillite pour Athènes, a estimé hier le responsable de la gestion taux et crédit chez Edmond de Rothschild Investment Managers (Edrim).
Pour payer ses fournisseurs, la Grèce pourrait, à l’instar de la Californie tombée en faillite en 2009, avoir recours à un autre type de dette, des « I.O.U. », qui fonctionnerait comme une « monnaie parallèle » à l’euro, a expliqué Étienne Gorgeon lors d’un point de presse. Ces I.O.U. émis en loi locale pourraient subir une restructuration et une dévaluation en cas de sortie ultérieure de l’euro. La Grèce aurait alors une...
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