À pays farfelu, population cocasse ! Un conflit chasse l’autre, puis l’autre écarte le suivant, avant que le suivant balaie le subséquent qui, lui, fait la course à l’ultérieur. À partir de là, soit l’atterrissage se fait en douceur au milieux des benêts qui s’embrassent et se pelotent, soit la béchamel vire au pataquès sur fond de dragées explosives qui tombent comme à Gravelotte. « Mon royaume pour un pneu », aurait pu dire Richard III d’Angleterre, s’il avait pu prévoir à quel point ce matériau hautement stratégique allait bouleverser, quelques centaines d’années plus tard et à des milliers de kilomètres plus à l’est, la vie monotone des tribus libanaises. La semaine écoulée a bien démontré à quel point le pneu, ce Havane du pauvre, occupe désormais chez nous une place centrale dans le combat politique. Les bigots sunnites et chiites ne s’y sont pas trompés en trouvant dans la roue inflammable une source inépuisable à leur argumentation... en attendant peut-être les grenouilles de bénitier chrétiennes qui viendraient rejoindre cette kermesse du Michelin. Vingt ans de guerre civile, 20 ans de résistance, 20 ans de libération, 20 ans de caoutchouc... Le cycle biologique de l’Homo libanicus est bouclé, la vie est belle! Allez, une dernière tournée de « Mort à Bachar » et de « Vive Ahmadinejad », avant que l’abruti de base doté d’un cerveau de base n’aille regarder, narguilé au bec, les vieux canassons de la politique, le soir à la télé. À chaque fois que des neuneus expriment le souhait de manifester, on leur balance des niaiseux de la communauté d’en face pour leur cracher dessus. Barbus de toutes les obédiences, castagnez-vous ! Même l’État flemmard n’a plus les moyens d’interdire les manifs armées et d’envoyer les agités brouter ailleurs. Selon la formule consacrée, Allah est sûrement plein de miséricorde, mais jusque-là ses fidèles semblent pour le moins partagés sur le sujet. Ne reste plus qu’à attendre la prochaine curée avant que le génie exotique de chaque communauté ne finisse par se trouver les meilleurs arrangements avec le ciel.
À pays farfelu, population cocasse ! Un conflit chasse l’autre, puis l’autre écarte le suivant, avant que le suivant balaie le subséquent qui, lui, fait la course à l’ultérieur. À partir de là, soit l’atterrissage se fait en douceur au milieux des benêts qui s’embrassent et se pelotent, soit la béchamel vire au pataquès sur fond de dragées explosives qui tombent comme à Gravelotte. « Mon royaume pour un pneu », aurait pu dire Richard III d’Angleterre, s’il avait pu prévoir à quel point ce matériau hautement stratégique allait bouleverser, quelques centaines d’années plus tard et à des milliers de kilomètres plus à l’est, la vie monotone des tribus libanaises. La semaine écoulée a bien démontré à quel point le pneu, ce Havane du pauvre, occupe désormais chez nous une place centrale dans le...
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