Des membres des forces de sécurité brutalisent des étudiants de l’Université d’Alep qui manifestaient contre le régime, hier. YouTube/AFP
Un manifestant a été tué lorsqu’il a été touché par une grenade de gaz lacrymogène lancée par les forces de sécurité pour disperser une manifestation à Homs et deux autres ont péri par balles à Damas, toujours selon l’OSDH.
Malgré la poursuite des violences, qui ont fait au moins huit morts dont trois enfants, et le quadrillage des villes, plusieurs « dizaines de milliers » de personnes sont descendues dans tout le pays, soit les rassemblements les plus grands depuis l’annonce du cessez-le-feu le 12 avril, selon l’OSDH. « Nous voulons la liberté, que tu le veuilles ou pas, Bachar, ennemi de l’humanité », ont scandé des manifestants à Deir ez-Zor.
Parallèlement à la répression des manifestations, les troupes gouvernementales continuaient de bombarder violemment les poches rebelles comme la ville de Rastane et des quartiers de Homs. Les militants tentent désespérément de prendre à témoin les quelque 260 observateurs, dont certains étaient présents à Alep la veille. « Partons, partons, ils vont nous arrêter, nous sommes sous ta protection », crient des jeunes à l’adresse d’un observateur après l’avoir pris à témoin de forces de sécurité frappant brutalement des étudiants, selon une vidéo.
« Les observateurs, quel que soit leur nombre, ne peuvent parvenir à une baisse progressive et une fin permanente des violences s’il n’existe pas un réel engagement de tous les éléments internes et externes à donner une chance au dialogue », a reconnu le chef de la mission de l’ONU mandatée pour surveiller la trêve, le général Robert Mood, à Damas. Cette mission est d’autant plus délicate que des attentats meurtriers à Damas et Alep revendiqués par des groupuscules obscurs s’ajoutent aux violences quotidiennes. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a imputé jeudi à el-Qaëda la responsabilité de récents attentats comme ceux qui ont fait 55 morts dans la capitale le 10 mai.
L’agence officielle SANA a indiqué pour sa part que les autorités avaient déjoué « un attentat à la voiture piégée » à Deir ez-Zor et « saisi une voiture contenant près de 600 kg d’explosifs » près de Damas.
Torturé
Parallèlement, dans un communiqué, la Ligue syrienne de défense des droits de l’homme affirme que l’ingénieur et militant Mohammad Abdel Maoula el-Hariri, arrêté le 16 avril, a été condamné à mort par la justice militaire syrienne. Il a été transféré à la prison militaire de Sednaya en vue de son exécution. L’organisation a jugé le verdict de « haute trahison et de contacts avec des parties étrangères nul et non avenu, dénonçant des aveux extorqués sous la torture sauvage et dans des conditions inhumaines ». Il a été arrêté « immédiatement après une intervention à la télévision al-Jazira durant laquelle il a évoqué la situation humanitaire et sécuritaire dramatique dans la province de Deraa », où est née le 15 mars 2011 la révolte populaire, selon l’ONG.
Sur le front diplomatique, l’émissaire international Kofi Annan se rendra « bientôt » en Syrie. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs exhorté les Nations unies à envoyer davantage d’observateurs, estimant que les 300 observateurs de l’ONU actuellement sur place étaient insuffisants.
(Source : agences)


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