Les braises couvent sous le feu et la situation en Syrie peut avoir un impact considérable. Aussi, est-il clair pour tous, localement et à l’extérieur, que ce qui permet encore à l’équipe Mikati de rester en place, c’est la (relative) stabilité qui prévaut encore : viendrait-elle à disparaître que cette équipe subirait elle aussi ce même et triste sort. Le Liban serait alors dans un absolu inconnu, et on ne voit rien d’autre qu’un gouvernement d’union nationale dont la priorité serait de retrouver cette stabilité à tous les niveaux : sécurité, politique, économie, etc.
En revanche, si le problème Tripoli est (plus ou moins) réglé, le cabinet restera en place jusqu’aux législatives 2013. Il pourrait même les superviser si chaque ministre-candidat démissionne pour permettre à l’équipe d’être la plus neutre, la plus impartiale possible. Cette politique-là, très peu de ministres en poste la pratiquent. Parmi eux, celui en charge de l’Intérieur, Marwan Charbel, déterminé à appliquer la loi contre vents et marées, et contre toute personne qui la bafouerait, quelle que soit son appartenance politique. C’est ce qui est exigé de la part du gouvernement qui chapeauterait les élections de l’an prochain.
En attendant, la seule certitude est que ce sont les pays-frères et amis qui appuient le cabinet Mikati, tant qu’il est capable d’assurer la stabilité, et qui demandent à l’opposition d’aller dans le même sens.
Selon des sources politiques et diplomatiques, il est impératif que la crise syrienne soit réglée au plus vite parce que plus elle dure, plus ses répercussions à l’intérieur même de la Syrie et sur les pays de la région, à commencer par le Liban, seront redoutables. Surtout au Liban donc, tant ce pays est divisé, presque structurellement, entre pro et anti-Assad, chaque camp utilisant tous les moyens possibles pour atteindre son objectif. Le problème est que si une véritable guerre civile s’emparait de la Syrie, une très longue guerre, elle ne pourrait se terminer qu’avec la division du pays en mini-États confessionnels et ethniques. C’est exactement ce que souhaite et ce pour quoi œuvre Israël, qui voudrait que ce morcellement touche tous les pays arabes au terreau fertile.
Comment alors pouvoir limiter le feu à l’intérieur des frontières syriennes ? Les amis du Liban doivent ainsi avant toute chose l’aider au maximum à préserver sa stabilité interne, qu’elle soit, encore une fois, politique, sécuritaire ou économique. Cela passe par des élections législatives nécessairement à la date prévue.
Question : est-ce que les grandes puissances vont se décider à éteindre le feu en Syrie avant qu’il ne se propage hors de ses frontières, qu’il devienne donc totalement incontrôlable ? Les prochains mois seront déterminants.


Tableau tres veridique et realiste de la situation...
02 h 07, le 18 mai 2012