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Nos lecteurs ont la parole

Penser à ceux qui pansent

Par Dr Sami RICHA
Les journées mondiales se suivent et se ressemblent trop. Il y en a pour tous les goûts et à toutes les sauces, celle de la femme en premier. Et la formule a débordé : aujourd’hui, il y a une Journée de l’environnement, de la forêt, du théâtre, contre le racisme, contre toutes les maladies...
La Journée de l’infirmière, qui vient d’être célébrée le 12 mai, jour anniversaire de la naissance de Florence Nightingale, a ceci de particulier qu’elle est consacrée à un métier qui ne s’arrête pas comme on le croit aux portes de l’hôpital. Parce que ce qu’on a tendance à oublier, c’est que le métier d’infirmier s’étend aux écoles, à l’armée, aux entreprises, aux institutions pour handicapés et personnes âgées, aux crèches et garderies... C’est partout que l’on voit des hommes et des femmes révéler leur sens de l’humain pour épauler, secourir, servir et assister leurs semblables dans leur souffrance et leur désarroi.
Avec une différence majeure qui les distingue de tous les autres soignants : malgré un travail souvent titanesque, les patients ou ceux qui souffrent et qui ont été secondés n’entrevoient pas trop le rôle dévolu à l’infirmier dans la prise en charge de leur douleur. Leur amélioration ou leur guérison passe souvent par les médicaments, les techniques opératoires, les gestes techniques, les saints et les médecins, et rarement par l’infirmier, qui pourtant aura passé des heures entières à s’échiner pour trouver remède à son malade. C’est de là que vient la frustration du métier qui, malgré des heures de travail pénibles, un effort considérable à fournir, des conditions financières déplorables et un côtoiement au quotidien de la souffrance, continue à attirer des grands cœurs, des altruistes, des généreux.
Dans le milieu infirmier au Liban et partout dans le monde, on chuchote que les départs sont nombreux, que le temps de vie d’un infirmier à son poste est de huit ans, que la colère grandit de jour en jour, que les facultés de sciences infirmières se vident.
Tout cela peut être vrai et peut constituer un signal d’alarme, mais le métier est pérenne, ancré dans la plus profonde humanité. Parti des ordres religieux, il restera autant que les ordres religieux au moins, c’est-à-dire ad vitam aeternam.
Il suffit de voir l’histoire de cette vocation pour conclure à sa grandeur. En effet, au départ, ce sont les ordres religieux de femmes et d’hommes qui organisèrent les soins aux malades selon des critères en lien avec la charité et l’amour de Dieu. Le soin est alors une activité « sacrée », bénévole. Les religieuses soignent à domicile et dans les hôpitaux. Il faudra attendre la Première Guerre mondiale pour que se mette en place un mouvement vers la constitution d’un nouveau groupe social. Après mai 1968, la profession se libérera des concepts d’obéissance, de soumission et de charité.
Devenu scientifique, porté désormais sur la recherche, le métier continue de nos jours à être néanmoins un métier de relation, de communication. Cela est vrai dans tous les services des hôpitaux et dans tous les cadres de travail. Mais cela prend toute son ampleur dans les services de soins mentaux où les infirmiers passent leur temps à l’écoute de la mère des souffrances, la souffrance psychique. Celle-ci est génératrice de destins fauchés, de lamentations sur son existence, de gémissements sur sa condition. Dès lors, les infirmiers, par leur présence, leur accompagnement, leur savoir-faire et leur savoir-être, assurent un soutien qui a valeur d’anxiolytique et d’antidépresseur combinés.
En se faisant prendre son pouls par son infirmière, Sacha Guitry disait : « Je lui offre les battements de mon cœur et elle en fait le compte. »
Qu’y a-t-il de plus céleste ?
Les journées mondiales se suivent et se ressemblent trop. Il y en a pour tous les goûts et à toutes les sauces, celle de la femme en premier. Et la formule a débordé : aujourd’hui, il y a une Journée de l’environnement, de la forêt, du théâtre, contre le racisme, contre toutes les maladies...La Journée de l’infirmière, qui vient d’être célébrée le 12 mai, jour anniversaire de la naissance de Florence Nightingale, a ceci de particulier qu’elle est consacrée à un métier qui ne s’arrête pas comme on le croit aux portes de l’hôpital. Parce que ce qu’on a tendance à oublier, c’est que le métier d’infirmier s’étend aux écoles, à l’armée, aux entreprises, aux institutions pour handicapés et personnes âgées, aux crèches et garderies... C’est partout que l’on voit des hommes et des femmes...
commentaires (1)

Dr. Richa, vous avez une grande noblesse d'ame... Etre infirmier ou infirmiere est l'un des metiers les plus difficiles et les plus ingrats au Liban. On ne remerciera jamais assez ces personnes devouees qui soulagent tous les malades sans exception et qui sont souvent considerees comme etant une quantite negligeable...

Michele Aoun

02 h 45, le 18 mai 2012

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Commentaires (1)

  • Dr. Richa, vous avez une grande noblesse d'ame... Etre infirmier ou infirmiere est l'un des metiers les plus difficiles et les plus ingrats au Liban. On ne remerciera jamais assez ces personnes devouees qui soulagent tous les malades sans exception et qui sont souvent considerees comme etant une quantite negligeable...

    Michele Aoun

    02 h 45, le 18 mai 2012

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