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À La Une - Crise

Retour à un calme précaire à Tripoli

L'armée déployée en force ; "Les troubles qui ont eu lieu ces deux derniers jours sont finis", assure Mikati.

Deux soldats de l'armée prenant position, mardi, dans les anciens souks de Tripoli après un déploiement massif visant à mettre un terme aux violences. Mohamed Azakir/

Un calme précaire règne depuis ce matin à Tripoli, où l'armée s'est déployée en masse. Le calme a néanmoins été brièvement interrompu par des combats localisés, dans les vieux souks de la ville, en fin d'après-midi qui ont fait trois blessés, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).     

Tôt ce matin, l'armée s'est déployée dans la rue de Syrie, qui sépare les quartiers de Bab el-Tebbaneh (majoritairement sunnite et hostile à Damas) et de Jabal Mohsen (alaouite et sympathisant du régime du président Bachar el-Assad), où ont eu lieu les accrochages qui ont fait neuf morts et des dizaines de blessés depuis samedi.

 

Dans la matinée, des bulldozers avaient commencé à nettoyer le quartier, enlevant les barrages installés par les groupes armés ainsi que les projectiles non explosés. Des équipes de la compagnie libanaise d'électricité étaient également présentes pour rétablir le courant, coupé en raisons des violents affrontements à coup d'armes automatiques et de tirs de roquettes.

 

L’institution militaire a, de son côté, publié un communiqué ce matin dans lequel elle a annoncé la mise en place de postes de contrôle à travers Tripoli afin de préserver la sécurité et de "permettre aux habitants de reprendre le cours normal de leur vie".

 

Selon le communiqué, les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont également renforcé leur présence dans la ville. "L’objectif de l’armée est de préserver la stabilité (…) et non pas d’entrer en conflit avec les résidents", poursuit le document. L'armée a, par ailleurs, confirmé son intention de "démilitariser" la région.

 

"Dieu merci, l'armée est entrée et nous avons la paix maintenant. Certaines personnes qui avaient fui ont commencé à revenir, mais la plupart ont encore peur, parce qu'il est déjà arrivé plusieurs fois que les combats reprennent après l'entrée de l'armée", a déclaré, ce matin, à l'AFP Ahmed Jaber, un habitant de Bab el-Tebbaneh.

 

Le député membre du bloc du Courant du futur, Ahmad Fatfat, a affiché son scepticisme. Le déploiement de l’armée entre les deux quartiers rivaux de Bab el-Tebbaneh et de Jabal Mohsen "n’aura aucun résultat", a-t-il estimé. "Nous appelons la troupe à se déployer à l’intérieur de ces quartiers et à les démilitariser", a-t-il lancé, avant d'affirmer que le régime syrien veut importer sa crise au Liban.

"Nous ne voulons pas que l'armée joue le rôle de force tampon, nous voulons qu'elle puisse entrer dans tous les territoires libanais, sans exception", a déclaré, de son côté, l'ancien député tripolitain, Mosbah el-Ahdab.

 

Dans le même temps, les responsables politiques continuaient de commenter la crise sanglante qui a débuté samedi avec l'arrestation de Chadi Mawlaoui, un islamiste accusé de liens avec une organisation terroriste. Une accusation rejetée par sa famille et ses partisans qui ont présenté Mawlaoui, 27 ans, comme un simple sympathisant de la révolte syrienne et lancé un sit-in pour obtenir sa libération.

 

Dans un entretien accordé au quotidien al-Liwaa, le président de la République, Michel Sleiman, a déclaré que les événements dans le nord du Liban "n’ont rien à voir avec la situation en Syrie". Selon le chef de l’État, les violents affrontements de Tripoli "sont le résultats des tensions sécuritaires croissantes".

"L’armée fait son devoir envers les Libanais, c’est pour cela qu’ils doivent la soutenir afin de restaurer la stabilité", a-t-il ajouté.

 

Le Premier ministre Nagib Mikati a, de son côté, affirmé que la présence d’armes dans les villes était inacceptable.  "Nous sommes sur un volcan, la situation dans la région évolue très vite dans la région et cela peut toucher le Liban", a-t-il ajouté, se disant toutefois "plus rassuré" après le déploiement de l'armée.

"Il y a un cessez-le-feu à Tripoli, les troubles qui ont eu lieu ces deux derniers jours sont finis", a déclaré le chef du gouvernement. Il a dit avoir rencontré "tous les responsables politiques concernés à Tripoli ainsi que les dirigeants salafistes qui ont convenu de cesser le feu".

M. Mikati a par ailleurs critiqué les conditions de l'arrestation de Chadi Mawlaoui par les hommes de Sûreté générale samedi dernier. "Il s’agit d’une violation des bureaux d’un ministre (…), c’est aussi inacceptable", a-t-il martelé.

 

Chadi Mawalaoui avait demandé une aide financière auprès de l’association Safadi pour un traitement coûteux requis par l’hôpital où se fait soigner sa petite fille, gravement malade. Samedi, il a été entraîné dans un traquenard dans les bureaux de l’Association Safadi par un agent de la Sûreté générale, qui s’est fait passer pour un employé de l’association, lui demandant de se présenter pour récupérer l’aide financière qui lui a été consentie. Mawlaoui s’est présenté au rendez-vous, pour être aussitôt intercepté par les agents de la Sûreté, qui s’en sont également pris au directeur de l’association alors qu’il exprimait son agacement face à ce moyen détourné.

 

A l'issue d'une réunion présidée par l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, le Bloc du futur a également dénoncé la façon dont Chadi Mawlaoui a été arrêté (au bureau de Mohammad Safadi), la comparant à un "enlèvement".  Le communiqué a d'autre part tenu le gouvernement et son chef (Nagib Mikati) pour responsables de toute négligence dans la protection de la ville et de ses habitants.

 

"La loi autorise la Sûreté générale à arrêter des individus dans des endroits publics, pas dans des bureaux privés appartenant à un ministre ou un député", s'est d'ailleurs insurgé hier M. Safadi, qui a porté plainte contre la Sûreté générale. "Mon nom et ceux de certaines personnes avec qui je suis en relations ont été utilisés pour attirer la personne concernée (Mawlaoui)", a-t-il dit.

 

Dans un communiqué publié après une rencontre entre l’ambassadrice Maura Connelly et Nagib Mikati, l’ambassade américaine souligne l"’inquiétude des Etats-unis quant à la situation sécuritaire à Tripoli et salue les efforts du gouvernement pour mettre fin à la crise".

Un calme précaire règne depuis ce matin à Tripoli, où l'armée s'est déployée en masse. Le calme a néanmoins été brièvement interrompu par des combats localisés, dans les vieux souks de la ville, en fin d'après-midi qui ont fait trois blessés, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).     
Tôt ce matin, l'armée s'est déployée dans la rue de Syrie, qui sépare les quartiers de Bab el-Tebbaneh (majoritairement sunnite et hostile à Damas) et de Jabal Mohsen (alaouite et sympathisant du régime du président Bachar el-Assad), où ont eu lieu les accrochages qui ont fait neuf morts et des dizaines de blessés depuis samedi.
 
Dans la matinée, des bulldozers avaient commencé à nettoyer le quartier, enlevant les barrages installés par les groupes armés ainsi que les projectiles non explosés. Des...
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Courage pour l’armée libanaise unique planche de salut . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

06 h 46, le 15 mai 2012

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Commentaires (1)

  • Courage pour l’armée libanaise unique planche de salut . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 46, le 15 mai 2012

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