Rechercher
Rechercher

Santé - Épidémie

Les États-Unis veulent redoubler d’efforts pour combattre l’obésité

Un rapport publié récemment aux États-Unis déplore « la lenteur » des progrès réalisés pour endiguer l’obésité dans le pays. Les auteurs émettent 800 recommandations pour redoubler les efforts contre ce fléau.

Selon un rapport récent publié aux États-Unis, 30 à 40 % des enfants et adolescents (4-19 ans) mangent au fast-food.    Photo consulturdr.blogspot.com

Trois ans après une première édition, la deuxième conférence « Le Poids d’une nation » organisée récemment à Washington a dressé un constat plutôt pessimiste sur le problème de santé publique numéro un d’un pays où, au total, deux tiers des adultes et un tiers des enfants sont soit en surpoids soit obèses. Et pour cause ! Un rapport de quelque 500 pages publié la semaine dernière par l’Institut de médecine aux USA affirme que « les progrès réalisés pour endiguer l’épidémie d’obésité ont été trop lents », alors que les coûts de santé qui lui sont liés s’établissaient à 190 milliards de dollars par an entre 2000 et 2005, soit 20,6 % du coût total de la santé.
« Résoudre cette question complexe et tenace demande toute une panoplie de solutions à mettre en œuvre ensemble pour parvenir à un changement sociétal », soulignent les auteurs du rapport.
Selon ce rapport, le taux d’enfants obèses, estimé à 17 %, a triplé en trois décennies. De plus, 30 à 40 % des enfants et adolescents (4-19 ans) mangent au fast-food ; un tiers des enfants nés aujourd’hui – et la moitié des Hispaniques et des Noirs – développeront un diabète de type 2, et selon des projections, la génération à venir pourrait avoir une espérance de vie inférieure à celle de ses parents. Selon le rapport également, l’hypertension artérielle touche un tiers des Américains de plus de 20 ans, et plus de la moitié de ceux de 55 ans et plus.
« C’est un problème majeur de santé publique », explique à l’AFP Shiriki Kumanyika, professeur à la faculté de médecine de Philadelphie et l’un des auteurs du rapport.
Les experts mettent en avant pour lutter contre l’obésité des recommandations à suivre s’ordonnant autour de cinq pôles : l’activité physique, l’accès à une nourriture plus saine, le marketing, l’éducation et le rôle des employeurs et des professionnels de santé.
Sont proposés pêle-mêle une heure d’activité physique par jour à l’école, des « stratégies » pour réduire la consommation de boissons sucrées, leur interdiction dans les écoles, l’accès facile à de l’eau dans l’espace public. Sont également évoqués des taxes sur les sodas, des portions moins caloriques pour les enfants dans les fast-foods, des crédits d’impôts pour les collectivités qui encouragent l’ouverture de magasins vendant des produits sains, plus de fruits et légumes dans les cantines.
« Ce que nous montrons dans ce rapport, c’est à quel point les choses sont complémentaires, souligne Mme Kunanyika. Le message seul ne sert à rien s’il n’y a rien pour le soutenir. On sait qu’il faut manger moins et bouger plus, mais à quoi bon dire qu’il faut manger moins si on ne peut pas consommer un repas équilibré à la cafétéria sur son lieu de travail ? »
Il faut promouvoir l’activité physique ou demander aux assurances de santé de développer la prévention et le diagnostic de l’obésité, ajoute aussi le rapport qui ne fixe pas d’objectifs chiffrés, mais appelle seulement à « faire baisser les taux d’obésité » dans toutes les catégories de population.

Le cas du Liban
La situation au Liban n’est pas plus brillante, selon une étude nationale menée en 2009 et dont les résultats ont été publiés dans L’Orient-Le Jour. L’étude a été menée par une équipe de huit personnes conduite par Mmes Nahla Hwalla, doyen de la faculté d’agriculture et des sciences alimentaires à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), et Abla Sebaï, professeur d’épidémiologie à la faculté de santé publique de l’AUB.
Selon cette étude, la prévalence de l’obésité au Liban aurait doublé en l’espace de dix ans. L’étude a ainsi montré que 65 % de la population adulte libanaise affiche soit une obésité (28,1 %) soit un excès pondéral (36,8 %). Quant aux enfants et adolescents, 32,1 % d’entre eux soit sont obèses (10,9 %), soit affichent un excès de poids (21,2 %).
Également d’après cette étude, les garçons de 6 à 9 ans souffrent d’obésité plus que les filles du même âge avec des taux respectifs de 19,5 % et 12,8 %. Idem chez les adolescents de 10 à 19 ans : 14,9 % des garçons et 6 % des filles sont obèses.
La tendance est légèrement inversée chez les adultes. L’étude montre ainsi que la prévalence de l’obésité est supérieure chez les femmes (28,8 %) que chez les hommes (27,4 %). Les taux de l’obésité augmentent toutefois avec l’âge tant chez les hommes que chez les femmes. Les chiffres de 2009 montrent ainsi que 17,4 % des personnes âgées entre 20 et 39 ans, 35,7 % de celles âgées entre 40 et 59 ans et 42,1 % des personnes de plus de 60 ans sont obèses.
Dans une interview qu’elle avait accordée à L’Orient-Le Jour, Mme Nahla Hwalla avait insisté sur la « nécessité de développer une stratégie de prévention pour éviter que les taux d’obésité n’atteignent des scores aussi élevés que ceux constatés dans les pays industrialisés et les pays du Golfe ».
Trois ans après une première édition, la deuxième conférence « Le Poids d’une nation » organisée récemment à Washington a dressé un constat plutôt pessimiste sur le problème de santé publique numéro un d’un pays où, au total, deux tiers des adultes et un tiers des enfants sont soit en surpoids soit obèses. Et pour cause ! Un rapport de quelque 500 pages publié la semaine dernière par l’Institut de médecine aux USA affirme que « les progrès réalisés pour endiguer l’épidémie d’obésité ont été trop lents », alors que les coûts de santé qui lui sont liés s’établissaient à 190 milliards de dollars par an entre 2000 et 2005, soit 20,6 % du coût total de la santé.« Résoudre cette question complexe et tenace demande toute une panoplie de solutions à mettre en œuvre ensemble pour...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut