Javier Calle Serna, qui était aux côtés de son frère Luis Enrique à la tête de la bande des Rastrojos, considérée comme l’une des plus dangereuses du pays, s’est en effet rendu vendredi à l’Agence américaine antidrogue (DEA) après avoir « négocié » les conditions de sa reddition avec les agents américains, a annoncé lundi un responsable de la police colombienne. Cette reddition, qui fait suite à l’arrestation de son autre frère Juan Carlos Calle mi-mars en Équateur, paraît sonner l’heure d’une réorganisation au sein du groupe criminel, selon les observateurs. « Il va y avoir un affrontement. Il y a plusieurs possibilités : une partie des Rastrojos pourrait créer une scission ou une autre organisation pourrait l’absorber », estime Gustavo Duncan, enquêteur spécialisé sur les questions de sécurité.
Les premiers signes de tensions sont apparus il y a quelques mois au sein des Rastrojos lorsque des rumeurs ont filtré sur les intentions des frères Calle de négocier leur reddition avec les Américains, rappelle Ariel Avila, de Nuevo Arco Iris, institut spécialisé dans le conflit armée colombien. Ce dernier prédit une reddition du dernier frère Luis Enrique dans les trois prochaines semaines ainsi qu’une « guerre d’“adaptation” tout au long de cette année ».
Parmi ceux qui pourraient tirer avantage de cette nouvelle donne, figure le groupe rival des Urabeños, un gang issu de la milice paramilitaire des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) officiellement démobilisée depuis 2006. Les Urabeños, qui tirent leur nom de leur fief d’Uraba, sont également actifs sur la côte caraïbe et dans les départements de Santander-Nord et Santander, selon Nuevo Arco Iris. L’autre bénéficiaire d’une éventuelle implosion des Rastrojos pourrait être Daniel « El Loco » (« Le Fou ») Barrera, trafiquant le plus recherché du pays, davantage impliqué dans le trafic que dans les conflits territoriaux. Ce dernier, qui faisait appel à Javier Calle Serna pour la protection de ses convois de drogue, est essentiellement présent dans les plaines orientales, et dans les départements de Meta, Cesar et Arauca. Le quatrième principal acteur du trafic de drogue en Colombie est la rébellion des FARC, qui se finance en partie par le biais du trafic de cocaïne et de marijuana.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine