Ali Jarekji/Reuters
Depuis janvier 2011, le royaume est le théâtre de manifestations relativement limitées mais régulières réclamant des réformes politiques et économiques, ainsi que des mesures anticorruption. Ce mouvement de contestation, initié principalement par la puissante opposition islamiste, s’est accompagné d’une importante instabilité politique, avec pas moins de trois changements de Premier ministre en l’espace de 16 mois.
Une semaine après la nomination d’un nouveau gouvernement pour remplacer le précédent accusé d’avoir été trop lent à mener des réformes, le roi a avalisé la création d’une commission électorale indépendante chargée de superviser le scrutin, un élément-clef de la réforme électorale selon certains. « La Jordanie a une occasion historique de choisir son avenir cette année », avait ainsi déclaré en début de semaine le roi aux députés, les appelant à travailler avec le gouvernement sur les lois régissant le fonctionnement des partis politiques, les élections, ainsi qu’une Cour constitutionnelle. « Tous ces efforts seront vains s’ils n’aboutissent pas à des élections législatives équitables et transparentes d’ici à la fin de cette année », avait-il ajouté.
Le monarque n’a pas parlé à proprement dit d’élections « anticipées », mais les prochaines législatives devaient normalement se tenir en 2014. Le gouvernement a approuvé en avril un projet de loi électorale introduisant une dose de proportionnelle et augmentant le nombre de sièges de députés réservés aux femmes, un texte qui doit être voté par le Parlement durant la session en cours s’achevant le 25 juin.
Des dirigeants jordaniens assurent que le roi est très sérieux dans sa volonté de réformer. « Le roi est le garant des réformes et ne tolérera pas de retard dans le processus », a ainsi martelé un haut responsable sous le couvert de l’anonymat, ajoutant que la Jordanie « tente de profiter du printemps arabe pour accélérer d’importantes réformes ». Quant au ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement Samih Maayatah, il répète que « les mouvements politiques et les députés doivent engager un dialogue afin d’arriver à un accord sur la loi ».
En attendant, les islamistes sont plus que dubitatifs. Ils ont notamment vivement critiqué la nomination du dernier Premier ministre, Fayez Tarawneh, qualifié de « conservateur ». « La nomination de M. Tarawneh et la composition de son gouvernement montrent qu’il n’y a aucune volonté de réforme », estimait récemment Hamzeh Mansour, le dirigeant du Front de l’action islamique (FAI), bras politique des Frères musulmans. « Nous ne souhaitons pas des élections pour le plaisir d’avoir des élections. Le précédent scrutin a abouti à des députés qui ne représentent pas le peuple », a souligné pour sa part Zaki Bani Rsheid, numéro deux des Frères musulmans. « Toutes ces mesures de soi-disant réformes sont marginales. Elles sont bien loin de constituer un processus de démocratisation », a-t-il ajouté.
(Source : AFP)


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