La mise en garde du chef du parti Tawhid, Wi’am Wahhab, qui avait brandi l’arme de la guerre civile si une loi électorale véritablement représentative n’est pas adoptée à temps, est très significative à cet égard. Le responsable druze a même considéré que la loi de 1960, au cas où elle serait adoptée une fois de plus, ouvrira la voie à la fraude et conduira inéluctablement à falsifier la volonté des Libanais et la composition du Parlement. M. Wahhab a été plus loin en assurant qu’il n’y aura pas de changement de gouvernement, l’équipe actuelle devant rester en place jusqu’après les élections.
Autrement dit, les élections se feront sur base de la proportionnelle avec une circonscription unique et sous la supervision du gouvernement actuel. À défaut, ce sera la guerre civile. Voilà le message qu’a tenu à envoyer le leader druze à ses adversaires politiques.
Selon les milieux politiques, les développements en Syrie seront inévitablement déterminants pour l’échéance électorale. Certaines sources estiment en effet que si les élections devaient avoir lieu alors que le régime syrien est toujours en place, le 8 Mars insisterait pour la tenue du scrutin à temps, espérant ainsi remporter la majorité des sièges puisque Walid Joumblatt ainsi qu’un certain nombre d’indépendants vont inévitablement se rapprocher des forces du 8 Mars avec lesquelles ils s’entendront pour la formation de listes de coalition.
Ce ne sera pas le cas toutefois si le régime syrien venait à tomber d’ici là, entraînant une modification dans l’équilibre des forces en présence au Liban aussi bien que dans la région. À ce moment-là, il faudra s’attendre que les forces du 14 Mars s’attachent à la tenue du scrutin dans les délais puisque leur victoire serait pratiquement garantie, ce qui incitera également les indépendants à virer de leur côté en rejoignant leurs listes.
Ce que craignent cependant certains milieux politiques, c’est la réédition du scénario qui avait eu lieu en 2005 et 2009 lorsque le 14 Mars avait fait face à des conditions rédhibitoires placées par le 8 Mars, à la lumière des développements en Syrie précisément. En cas de chute du régime syrien, il faudra ainsi prévoir que la majorité actuelle s’emploie à bloquer la tenue des élections si celles-ci n’assurent pas auparavant leur victoire.
Il est important de relever à cet égard la position du chef de l’État et du camp du 14 Mars, qui ont exprimé leur attachement à la tenue du scrutin dans les délais constitutionnels, sachant que les forces de la majorité, de leur côté, ont commencé à promouvoir l’idée de l’inutilité de cette consultation à moins qu’elle n’ait lieu selon leurs propres conditions.
C’est la raison pour laquelle il faudra attendre les développements en Syrie ainsi que la position du gouvernement par rapport à la loi électorale, pour mieux comprendre les enjeux de cette échéance. Il faudra également voir si la loi pourra passer en Conseil des ministres, en tenant compte du refus de la proportionnelle exprimé par les ministres joumblattistes. Au cas où le texte de loi obtiendrait le feu vert de l’exécutif, qu’en sera-t-il du verdict qu’exprimera le Parlement où l’on devrait s’attendre à voir les députés du bloc de Joumblatt voter dans le sens des forces du 14 Mars ?


Pas pour l'échéance électorale, mais bel et bien pour l'annuler ou la reporter à Allah Yi3lam ! Comme ça on reste toujours au pouvoir, même comme gouvernement de : TASRIF AL A3MAL ? pour...
05 h 26, le 02 mai 2012