Cité par l’agence officielle égyptienne MENA, M. Katatni a affirmé que le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la démission de Hosni Moubarak le 11 février 2011, allait « annoncer ce remaniement d’ici à 48 heures » au sein du gouvernement de Kamal Ganzouri, nommé Premier ministre fin novembre, et qui a été chef de gouvernement sous Hosni Moubarak entre 1996 et 1999. Le président du Parlement a reçu un appel du CSFA dans lequel ce dernier souligne « son respect pour l’Assemblée du peuple et ses députés », selon MENA, qui précise que M. Katatni a jugé la communication « satisfaisante et rendant sa dignité à l’Assemblée ».
Depuis son entrée en force au Parlement, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, met la pression sur le pouvoir militaire, à la tête de l’État depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, pour qu’il limoge le gouvernement et nomme le PLJ à la tête d’un nouveau cabinet. Mais le Conseil suprême des forces armées a jusqu’ici continué à soutenir le gouvernement de Kamal Ganzouri. Les Frères musulmans, qui ont remporté les dernières législatives, avaient donc accusé le gouvernement le mois dernier d’avoir échoué dans sa mission, évoquant pêle-mêle les violences, les ingérences dans les affaires judiciaires, la lenteur des réformes, la pénurie de carburant et la baisse des réserves de change. « Si quelqu’un a l’intention de recréer l’ancien régime corrompu avec de nouveaux visages, le peuple est prêt à agir afin de raviver sa révolution et d’empêcher le navire de couler aux mains de gens sans aucun sens des responsabilités », avaient-ils ainsi prévenu dans un communiqué au ton inhabituellement dur.
La confrérie s’était d’abord engagée à travailler pendant une période transitoire avec le gouvernement en place, nommé par l’armée. Mais dès février, elle avait dit souhaiter voir le gouvernement d’intérim limogé et remplacé par un cabinet formé par les Frères musulmans. Les Frères musulmans ont parfois coopéré avec les généraux au pouvoir et parfois lutté contre eux, notamment au sujet de la place accordée à l’armée dans la rédaction de la nouvelle Constitution.
Le « nuage » avec Riyad
Dans ce contexte, une personne a été tuée et 119 ont été blessées dans la nuit de samedi à dimanche au Caire dans des affrontements entre des salafistes et des civils. Des dizaines de partisans de Hazem Abou Ismaïl, un salafiste écarté de la course à la présidentielle, s’étaient dirigés samedi vers le quartier de Abbassiya, non loin du ministère de la Défense, pour protester contre l’exclusion de leur champion et réclamer le départ du pouvoir militaire. Mais dans la nuit, ils ont été attaqués par des civils qui seraient, selon l’agence officielle MENA, des habitants du quartier exaspérés par leur manifestation. Les heurts ont duré jusqu’à l’aube et les deux camps ont échangé jets de pierres, cocktails Molotov et tirs de chevrotine, a indiqué une source au sein des services de sécurité. La police militaire postée devant le ministère de la Défense n’était pas intervenue.
Par ailleurs, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, a indiqué hier qu’il tentait de résoudre la crise diplomatique entre l’Arabie saoudite et l’Égypte, en la qualifiant de « nuage passager ». L’Arabie saoudite a rappelé samedi son ambassadeur au Caire pour consultations et fermé son ambassade ainsi que ses consulats à Alexandrie et à Suez après des manifestations hostiles réclamant la libération d’Ahmad el-Guizaoui, un avocat et défenseur des droits de l’homme égyptien arrêté par les autorités saoudiennes. Samedi soir, les Frères musulmans, première force politique du pays, avaient appelé l’Arabie saoudite à « œuvrer pour ne pas augmenter les tensions entre Le Caire et Riyad et à repenser sa décision de fermer son ambassade et ses consulats ».
(Sources : agences)

