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Liban - En Dents De Scie

26/04/05

Dix-huitième semaine de 2012.
Il est des réalités tellement pathétiques, tellement insupportables qu’elles finissent par devenir drôles. Ou du moins, finit-on par les trouver drôles : face au sordide, aux injustices en tout genre, et plutôt que l’ulcère permanent et la colère de chaque instant, il y a le sourire – mais pour combien de temps...
Tout le monde le sait : au Liban, il y a les Libanais de première catégorie et puis les autres : ceux de deuxième, de troisième ou d’ixième zone. Au Liban, il y a, par exemple, ceux qui paient leurs factures d’électricité (ou leur taxe de mécanique, ou un quelconque impôt) et ceux qui s’en dispensent – avec le sourire. Il y a, par exemple, ceux qui enflamment treize rues à la douzaine parce que des comédiens ont caricaturé le secrétaire général du Hezbollah, leader politique par excellence, et ceux qui savent se contenter, au maximum, de lever un sourcil désapprobateur lorsqu’un patriarche maronite, autre grande figure politique, subit le même traitement. Il y a ceux qui ont le droit de transformer le centre de la cité en camping géant pour protester pendant plus d’un an contre l’application de la Constitution en dynamitant l’économie de tout un pays, et ceux qui se font tabasser lorsqu’ils plaident pour un seul et même livre d’histoire, scientifique et honnête. Au Liban, il y a ceux qui respectent la loi, la subissent parfois, et ceux qui la transgressent au quotidien, forts de l’assurance que rien ne pourrait leur arriver. Au Liban, il y a ceux qui habitent des quartiers ou des zones ouverts aux forces de sécurité et ceux qui dépendent exclusivement des tee-shirts noirs chargés d’imposer leur discipline. Il y a, aussi, ceux qui risquent soit la mort, soit la faillite parce qu’ils servent ou consomment de l’alcool, comme la loi, naturellement, les y autorise. Il y a ceux qui ont le droit de porter des armes et/ou d’en abuser à l’aveuglette, et ceux qui comprennent que c’est un monopole institutionnel. Au Liban, il y a ceux qui continuent de croire en la suprématie, aussi bancale soit-elle, d’un État, aussi déliquescent soit-il, et ceux qui sont pratiquement payés, en livres libanaises, (pétro)dollars ou rials iraniens, pour le saper heure par heure.
Cela porte un nom : cela s’appelle fédérations. Ou cantons.
Pire encore : il y a l’insulte. Celle faite à des millions de Libanais, toutes communautés confondues, qui ont rasé les murs pendant trente ans. Qui ont été au mieux aplatis sous des tonnes de morgue, de suffisance ou d’exactions diverses ou variées, au pire, assassinés. Des millions de Libanais écrasés par une occupation et une annexion tous azimuts imposées par les forces syriennes des Assad père et fils, et (brillamment) relayées pendant des décennies par des vassaux locaux qui n’ont pas eu besoin, certes, d’un Antoine Lahd pour les fédérer, mais qui étaient tout aussi collabos que ce général dévoyé et ses hommes.
Que le 25 mai soit un jour férié, un jour de fête nationale, un jour célébré du Nord au Sud et d’Est en Ouest comme la date, éminemment précieuse, du retrait des soldats israéliens du territoire libanais en l’an 2000, est chose bénie, férocement nécessaire. Que le 26 avril, en revanche, n’ait pas été élevé au même rang est une indignité furieusement inadmissible : la Syrie a autant laminé le Liban qu’Israël.
Cela par contre n’a définitivement rien de drôle.
Les Parlements syrien de l’après-Assad et libanais de 2013, comme la France et l’Allemagne de l’après-Hitler, auront certainement à cœur de réparer cette immense injustice – une parmi tant d’autres, certes...
Ce sera au moins cela de fait.
Dix-huitième semaine de 2012.Il est des réalités tellement pathétiques, tellement insupportables qu’elles finissent par devenir drôles. Ou du moins, finit-on par les trouver drôles : face au sordide, aux injustices en tout genre, et plutôt que l’ulcère permanent et la colère de chaque instant, il y a le sourire – mais pour combien de temps...Tout le monde le sait : au Liban, il y a les Libanais de première catégorie et puis les autres : ceux de deuxième, de troisième ou d’ixième zone. Au Liban, il y a, par exemple, ceux qui paient leurs factures d’électricité (ou leur taxe de mécanique, ou un quelconque impôt) et ceux qui s’en dispensent – avec le sourire. Il y a, par exemple, ceux qui enflamment treize rues à la douzaine parce que des comédiens ont caricaturé le secrétaire général du Hezbollah,...
commentaires (7)

Nous ne sommes pas aux temps de : kaff il habib zbib !

SAKR LEBNAN

13 h 44, le 28 avril 2012

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Commentaires (7)

  • Nous ne sommes pas aux temps de : kaff il habib zbib !

    SAKR LEBNAN

    13 h 44, le 28 avril 2012

  • L’article compare sournoisement la Syrie de M. Assad à Israël. Il existe cependant une différence fondamentale que M. Makhoul occulte : Les seconds nous ont laminé en Hébreu, alors que les premiers nous ont laminé en Arabe. Quitte à se faire laminer, nous préférons tous que cela se fasse dans notre langue maternelle. Ceci-dit un Parlement de l’après-Assad reste très envisageable. Puisque le régime de M. Assad est "la dictature qui se rapproche le plus de la démocratie", les "réformes" promises (spontanément) à son peuple suffiront sans aucun doute à donner à la Syrie le petit coup de pouce qui en fera un régime quasi-Scandinave (avec néanmoins quelques degrés de plus au mercure).

    Jack Hakim

    09 h 43, le 28 avril 2012

  • On ne se trompe point ! Oui, ventrebleu, c'est eux ; ils veulent toujours provoquer, pardi, une rude algarade avec les Sains, ces "Malsains-là". De grâce, mais sincèrement, n’est-ce pas, même en habit de Vénus, auront-ils au moins l'air un tant soit peu charmant ; ces pâmés-là ? Mais qu’ils sont "laids" !, en sus, et de plus en plus, et qu’est-ce qu’ils ont "l’air mauvais" au fur et à mesure ; ces "Martiens-là" ! Mais les voilà, "cez-ébaubis-là" !, et le "Vilain baassyrien" encore signalé "existant" à leur côté, ces puinés-là ! Vont-ils à nouveau déblatérer et insulter, comme à l’habitué ? Ils seraient mal tombés, cette fois, ces "Malsains"-là. Et pour que ça soit plus clair, les Sains leur diront qu’ils ont bien vu en eux le JALOUX à l’air du "Parfait Malsain" qui s’acoquine à servir encore ces "Gredins, baassyriens" ; on ne sait plus pourquoi ; là : Ou plutôt si, par bas intérêts et encore plus ; d’intérêts bas : là ! "(h)Amers Malsains" : écoutez bien et dites-le vous bien, le Sain clairement vous le dit : Fichez-lui la paix et… déguerpissez à jamais car il vous "Hait" ! Faut plus essayer, bande de puinés ; et si encore, "le Malin" vous tenteriez, eh bien, pour prix de vos méfaits, sous les lanternes de Beyrouth la Belle Cité, et ce en public élevés : vous danserez alors votre "sacrée dabbkéé" Finale et périmée ; à deux pieds de la chaussée ! Celle mêmed’Achrafiéh ou de Tarîëéjjdîdéé.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    09 h 40, le 28 avril 2012

  • On compare ce qui peut être comparé. Il y eu occupation et occupation, le même mot mais 2 histoires différentes. Il y a aussi une hiérarchie dans l'urgence, urgence de se libérer d'une barbarie imposée et d'une autre appelée. Sinon on obtient un malaise en Malaisie.

    Jaber Kamel

    03 h 55, le 28 avril 2012

  • Lorsque je suis découragé et dégoûté , je me dis qu'on ne fait pas le bonheur d'un peuple malgré lui ! La Liberté et la Démocratie ne sont pas innées , elles découlent d'une volonté commune et active . Sommes-nous condamnés à cirer les souliers de nos "chefs" et à leur baiser la main toute notre vie ? Seule la JEUNESSE d'aujourd'hui peut espérer changer ces états et ces mentalités . Il faudrait qu'ELLE le veuille ! Bon courage .

    Hamed Adel

    02 h 45, le 28 avril 2012

  • Monsieur Ziad Makhoul, vous décrivez avec tellement d'objectivité ce qu'est malheureusement le Liban d'aujourd'hui. Les cantons sont de facto, là, même si on veut le nier. Mais, quelles sortes de cantons ? ceux d'une confédération en bonne et due forme, où la loi et les règles prévalent, et où chaque communauté peut pratiquer librement ses moeurs et ses croyances, qu'elles soient religieuses, civiles ou politiques ? Non, ce sont plutôt les " mouraba3at" de la pagaille, des hors la loi pour les élus, et des sous la loi pour les non élus, classement de fait, raciste par excellence, de "kil min idou ilou" et parfois " ou id il ghayr la ilou kaman" et de ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à toi est à MOI avant d'être à toi, et c'est moi qui décide du soleil ou de l'obscurité, du temps et des tempêtes que j'attire sur ce Pauvre Pays, quitte à le détruire s'il le faut. Tu suis, sinon tu es comploteur, sbire, sio et une panoplie d'accusations arbitraires, mais à dessein...

    SAKR LEBNAN

    02 h 15, le 28 avril 2012

  • - - Celles et ceux ICI qui attendent le parlement Syrien de l' après Assad et celui de 2013 au pays d'Alice de je ne sais après qui pour réécrire l'histoire , la refaire et changer les noms et les Républiques en émirats Wahabites , devront attendre encore longtemps et continuer à rêver comme ils le font depuis plus d'un an ..

    JABBOUR André

    00 h 35, le 28 avril 2012

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