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Pourquoi pas un élevage de poissons dans votre cuisine new-yorkaise ?

Insolite Deux ex-banquiers ont créé la société SAVE chez eux, combinant pisciculture et recyclage.
OLJ
28/04/2012
Recycler, manger bio ou encore rouler en voiture électrique ne suffit plus à certains New-Yorkais. Deux anciens banquiers sont ainsi devenus des adeptes de l’élevage de poissons respectueux de l’environnement chez eux, en plein cœur de la jungle urbaine.
Christopher Toole et Anya Pozdeeva, qui ont fondé la « Société pour les valeurs et l’éducation aquaponique » (Society for Aquaponic Values and Education, SAVE), parlent d’une démarche « au-delà du bio ». La technique serait ancienne, selon Anya, 39 ans. Elle consiste à élever des poissons en aquarium dans le but de les manger, et à recycler l’eau usée pour fertiliser des plantations. Les déjections des poissons nourrissent les plantes qui elles-mêmes nettoient l’eau de l’aquarium.
Cet écosystème miniature permet de fabriquer sa propre nourriture bio dans un appartement exigu, sans matériel extravagant, assurent ses promoteurs. « Nous avons construit notre système à partir de poubelles », explique ainsi Anya, arrivée de sa Sibérie natale il y a 20 ans. Encore récemment, cet improbable couple d’écologistes urbains travaillait de longues heures dans le secteur financier, dans un gratte-ciel de Manhattan. Ils sont aujourd’hui installés dans un décor très différent, celui du Bronx. Après la crise financière de 2008, Christopher, alors vice-président à la Sovereign Bank, a découvert qu’il avait des problèmes de vision, selon lui liés au stress. Et tous deux étaient déçus de leur carrière, dans un univers où « ils vous pressent jusqu’à la dernière goutte, avant de vous jeter », explique de son côté Anya.
Le couple a alors décidé de mettre les mains dans l’eau. Toole avait des notions de pisciculture, pour avoir suivi son père scientifique pendant les vacances à Woods Hole, un centre de recherche maritime de la région de Cape Cod. L’aquaponie lui est apparue comme la façon de marier production alimentaire écologique et développement durable, avec un business plan qu’il espère tout aussi durable. Néanmoins, il admet avoir pris des risques. « Mais comprendre les risques est quelque chose que l’on apprend dans le secteur bancaire », dit-il.
Chaque semaine, le couple enseigne donc l’aquaponie à environ 80 enfants dans un centre communautaire du sud du Bronx, un quartier parmi les plus défavorisés des États-Unis. Lors d’un récent atelier, des jeunes aidaient à nettoyer les aquariums, plantaient de la menthe, des choux... « J’ai peur qu’il me morde », s’inquiète une petite fille en plongeant la main dans un tonneau où nageait un tilapia. « Lui a peur que tu le mordes », lui répond Christopher.
Également, Christopher élève plusieurs sortes de poissons, mais c’est avec le tilapia qu’il a le plus de succès. Ils n’ont besoin que de 35 litres d’eau, et au bout de 9 mois sont assez gros pour être mangés. Ils semblent en outre aimer certaines mauvaises herbes récoltées dans des étangs. En plus de leurs ateliers avec les enfants, les deux New-Yorkais vendent aussi des alevins de tilapia, via leur site Internet www.vifarms.com
SAVE n’a en fin de compte qu’un an d’existence, mais ses fondateurs y croient dur comme fer. Christopher voudrait travailler avec les restaurateurs ou d’autres éleveurs de poissons en ville. Et il s’est aussi lancé dans les ruches. « J’ai actuellement 10 000 abeilles dans notre salon », dit-il. Anya a pour sa part commencé à faire pousser des champignons sur du carton, ayant découvert qu’ils adorent l’environnement chaud et humide qui convient justement aux tilapias.
Ont-ils le droit d’avoir tous ces animaux chez eux à New York, une ville réputée pour imposer des règles draconiennes aux animaux domestiques ? « Foncièrement, il ne faut pas faire de bruit, dit Anya. C’est l’avantage avec les poissons. »

(Source : AFP)

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