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À La Une - Crise

Les appels à un recours à la force en Syrie s’amplifient

La Russie accuse l’opposition de recourir à une « tactique du terrorisme ».

Une vidéo postée hier sur Internet et diffusée par les chaînes de télévision arabes montre un militant enterré vivant par des membres des forces fidèles au régime syrien. Combo AFP

L’opposition syrienne a réclamé hier une réunion d’urgence de l’ONU après le pilonnage de Hama, au lendemain d’un appel lancé par Paris à faire pression pour une résolution autorisant l’usage de la force en cas d’échec du plan de l’émissaire Kofi Annan. « Nous demandons une réunion d’urgence afin de prendre une résolution d’urgence pour protéger les civils », a ainsi affirmé le Conseil national syrien (CNS) dans un communiqué, disant faire « porter la responsabilité de ce qui se passe sur le terrain en Syrie à la communauté internationale ».

 

Depuis lundi, une quarantaine de civils ont péri dans des bombardements sur Hama, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), malgré la présence dans la ville de deux observateurs de l’ONU qui n’ont jusqu’à présent pas réussi à faire respecter un cessez-le-feu en vigueur depuis deux semaines. Les médias officiels syriens ont de leur côté recensé 16 morts à Hama, tués par l’explosion d’une bombe manipulée par des « terroristes ». La Ligue syrienne des droits de l’homme (LSDH) a rapporté de son côté que neuf militants avaient été abattus après avoir rencontré ces observateurs qui sillonnent le pays depuis leur arrivée le 15 avril. Hier, ils sont allés à Douma, banlieue rebelle de Damas, et à Soueida, selon un responsable de l’équipe à Damas.

 

Dans le même temps, les violences ont fait au moins 20 morts hier, selon la chaîne satellitaire al-Jazira. Parmi eux cinq civils ont péri sous les balles des forces gouvernementales – deux à Mareh et trois dans la province de Deir ez-Zor –, a précisé l’OSDH. Les forces de sécurité ont par ailleurs tué un enfant à Deraa el-Balad, alors que les observateurs y étaient présents. De plus, un rebelle a péri dans des combats avec l’armée à Zamalka, aux portes de Damas, et un soldat a été tué par une bombe à Deir ez-Zor, selon la même source. Parallèlement, les forces gouvernementales ont ouvert le feu sur une manifestation à al-Aasali, un quartier de Damas. L’agence officielle SANA a pour sa part annoncé la mort de cinq civils, attribuée à des « terroristes », terme utilisé par les autorités à propos des rebelles et des opposants.

 

La Russie, alliée de Damas, a elle aussi accusé l’opposition syrienne de recourir à une « tactique du terrorisme » semblable à celle d’el-Qaëda dans d’autres pays de la région. Le ministre de l’Information, Adnane Mahmoud, a d’ailleurs accusé des « groupes terroristes armés » d’avoir commis « plus de 1 300 violations » de la trêve et appelé M. Annan à « de réels efforts » pour lutter contre eux et contre « les pays qui les soutiennent ». Le général Moustapha Ahmad al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l’Armée syrienne libre (ASL), a pour sa part estimé que la mission de 300 observateurs prévue par une résolution de l’ONU était vouée à l’échec, dans un entretien au journal Asharq al-Awsat. « La mission des observateurs de l’ONU ne sera jamais un succès car la nature même du régime repose sur un mode de pensée sécuritaire », a-t-il affirmé, voyant deux solutions à la crise : « Soit un mécanisme au Conseil de sécurité pour faire tomber le régime d’Assad – et cela n’arrivera pas tant que les Russes opposeront leur veto –, soit une intervention militaire. »

 

Face aux violences qui se poursuivent, les Occidentaux ont évoqué un recours à la force en cas d’échec du plan Annan. Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, jugeant le plan Annan « fortement compromis », a affirmé qu’il fallait laisser « une chance » à cette mission « sous condition d’un déploiement rapide des 300 observateurs, sous quinzaine et pas dans trois mois ». Pour M. Juppé, le 5 mai, date du prochain rapport de Kofi Annan à l’ONU, représentera « un moment de vérité ».

 

Son homologue américaine, Hillary Clinton, avait évoqué il y a une semaine ce chapitre 7 qui prévoit un recours à la force en cas de menaces contre la paix. « Le Conseil de sécurité doit se tenir prêt à adopter des sanctions contre le gouvernement syrien s’il empêche les observateurs des Nations unies de faire leur travail », a lancé pour sa part l’ambassadrice américaine Susan Rice.

 

Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a lui aussi insisté sur la nécessité d’un déploiement « rapide » du reste des observateurs.

 

Mais la Russie et la Chine devraient une fois de plus opposer leur veto, selon les analystes. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères a jugé « contre-productif » d’appeler à un recours à la force. La Turquie, elle, étudie toutes les mesures qu’elle pourrait prendre si la poursuite des violences en Syrie continue à provoquer l’afflux de dizaines de milliers de réfugiés sur son sol, a lancé le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, sans autres précisions. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a de son côté demandé la mise en œuvre urgente par les Nations unies d’un embargo sur l’importation d’armes en Syrie.

 

Après plus de 13 mois de révolte réprimée et de violences qui ont fait plus de 11 100 morts selon l’OSDH, 7 195 candidats, dont 710 femmes, ont entamé des campagnes d’affichage en vue des législatives qui doivent pourvoir les 250 sièges du Conseil du peuple (Parlement) le 7 mai, selon l’agence officielle SANA. Plus de 14 millions de Syriens sont appelés aux urnes pour ces élections que Damas a promises « libres et transparentes », mais déjà dénoncées par la communauté internationale et l’opposition comme une « farce ».

 

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L’opposition syrienne a réclamé hier une réunion d’urgence de l’ONU après le pilonnage de Hama, au lendemain d’un appel lancé par Paris à faire pression pour une résolution autorisant l’usage de la force en cas d’échec du plan de l’émissaire Kofi Annan. « Nous demandons une réunion d’urgence afin de prendre une résolution d’urgence pour protéger les civils », a ainsi affirmé le Conseil national syrien (CNS) dans un communiqué, disant faire « porter la responsabilité de ce qui se passe sur le terrain en Syrie à la communauté internationale ».
 
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