Fernando Torres assomme les 96 mille « Socios » barcelonais en inscrivant dans les arrêts de jeu le but du 2-2 qui condamne le Barça et propulse les Blues en finale de la Ligue des champions. Pierre-Philippe Marcou/AFP
Busquets (35e) et Iniesta (43e) ont marqué pour Barcelone, Ramires (45e + 1) et Torres (90e + 1) pour Chelsea. Terry, défenseur central et capitaine de Chelsea, a été exclu à la 37e minute pour un mauvais geste sur l’attaquant chilien de Barcelone Sanchez (coup de genou dans le bas du dos).
La Ligue des champions ressemblait fort au dernier objectif de la saison du Barça, qui a sans doute dit adieu au titre en Liga en s’inclinant dans son Camp Nou dans le clásico samedi contre le Real Madrid (2-1).
Le FC Barcelone de Pep Guardiola, vainqueur jusqu’ici de 13 titres sur 16 possibles dont un doublé championnat-Ligue des champions l’an passé, aura connu un coup d’arrêt cette saison, éliminé de la C1 par Chelsea mardi soir (1-0; 2-2) et presque sûr de devoir céder son titre en Liga au Real Madrid.
La chute de la maison Barça
Sans aller jusqu’à parler de « fin de cycle », une expression jugée « irrespectueuse » par le défenseur central Piqué, le Barça semble en tout cas redevenu moins intouchable, laissant sa place à d’autres après une hégémonie sans partage lors de ces dernières années.
Même les Blaugrana de Messi se seront donc cassé les dents sur un défi qu’aucune équipe n’a pour l’instant réussi à relever depuis que la Ligue des champions est Ligue des champions (1993) : remporter deux fois de suite la Coupe aux grandes oreilles (Le dernier à l’avoir fait, dans l’ancienne version de l’épreuve, est l’AC Milan en 1989 et 1990).
Hier, Chelsea a empêché le Barça d’atteindre sa quatrième finale en sept ans, en résistant héroïquement à dix contre onze pendant presque une heure après l’exclusion de son défenseur et capitaine John Terry, face à des Catalans en cruelle panne d’efficacité à l’image de Messi, qui a touché deux fois les montants, une fois sur penalty.
La déception des Barcelonais est d’autant plus grande qu’elle s’ajoute à celle vécue en championnat où, après avoir perdu (2-1) au Camp Nou face au Real Madrid pour la première fois depuis 2007, ils devront plus que vraisemblablement dire adieu à un titre de Liga qu’ils avaient raflé lors des trois dernières saisons.
Relégués à sept points des Merengue à quatre journées de la fin, la reconquête de ce titre de champion d’Espagne s’avère désormais « mission impossible » pour les hommes de Guardiola.
Dans ce contexte, la finale de la Coupe du roi, qui attend encore les Blaugrana le 25 mai prochain face à l’Athletic Bilbao, leur sera sans doute d’une piètre consolation.
S’ils se sont à nouveau montrés extrêmement compétitifs et accrocheurs cette année, les Catalans ont révélé plusieurs points faibles qu’on n’avait fait qu’entrevoir jusqu’alors : une véritable difficulté à voyager et une Messi-dépendance qui se sera nettement renforcée cette saison.
En Liga, les Blaugrana ont ainsi laissé des points jusqu’à sept occasions à l’extérieur – trop pour un Real Madrid littéralement affamé de victoires et de buts cette saison.
Quant à la Leo-dépendance, elle aura été criante, en C1 par exemple. Somme toute, après le début de saison prometteur d’un Villa arrêté net par une fracture du tibia en décembre, les Blaugrana n’auront pas été capables de trouver un relais en attaque aux côtés d’un Messi salvateur mais qui a connu une baisse de régime au plus mauvais moment.
Fabregas, auteur d’une très bonne entame de saison, s’est ensuite montré nettement moins inspiré dans le dernier geste, et Iniesta, habituellement buteur providentiel, n’aura pas surgi comme à l’accoutumée. Il n’y a guère qu’Alexis Sanchez qui, grâce à sa combativité et son gros travail physique, aura de temps à autre déchargé Messi de ses devoirs de finisseur.


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