À Sirmin, dans la province d’Idleb, des manifestants ont représenté Bachar el-Assad sous les traits de Donald Duck, le traitant de canard... Et alors que Kofi Annan jugeait la trêve « très fragile », les violences ont fait hier au moins 45 tués. Shaam News Network/AFP
Forte du soutien américain et espérant une évolution de la Russie, la France s’active sur le dossier syrien, de plus en plus explosif, et plaide à ce stade pour un renforcement du rôle de la mission d’observateurs qui doit, selon elle, garantir le droit à manifester.
Dans une ambiance préélectorale en France, avant le scrutin présidentiel de demain, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, qui a organisé deux réunions internationales à Paris cette semaine, dit faire son « boulot jusqu’au bout ». Cette offensive diplomatique intervient alors que les premières images des observateurs envoyés en précurseurs en Syrie ont montré des voitures de l’ONU fuyant sous les tirs et des Bérets bleus ballottés dans des mouvements de foule. Coup sur coup, le ministre français a organisé une réunion sur le suivi des sanctions politiques, économiques et individuelles imposées à Damas, puis une seconde pour essayer d’orienter la définition du futur mandat des observateurs de l’ONU en Syrie et de leurs conditions de travail. Les deux initiatives françaises se sont faites en accord avec les États-Unis. Washington était représenté mardi à la session sur les sanctions et la secrétaire d’État Hillary Clinton a fait le déplacement jeudi à Paris pour une rencontre réunissant des ministres occidentaux et arabes.
Les États-Unis ont brandi la menace d’une résolution sous le chapitre 7 de la charte des Nations unies, prévoyant un recours à la force pour faire appliquer des sanctions, et fait entrer dans le jeu l’OTAN en évoquant un recours, sur demande de la Turquie, à l’article 4 de son traité. Cet article 4, moins fort que l’article 5 (impliquant une réponse collective lorsqu’un membre est attaqué) d’abord évoqué par Ankara, déclenche des consultations entre alliés « si l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité d’une des parties est menacée ».
L’engagement français s’explique aussi par l’espoir d’un affaiblissement de la position russe dans le dossier syrien. Moscou, soutenu par Pékin, a toujours refusé que le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une approche vigoureuse face à l’un de ses derniers grands alliés au Moyen-Orient. Tant Hillary Clinton qu’Alain Juppé ont cependant évoqué ces derniers jours une diplomatie russe qui a admis que la situation s’est dégradée.
En continuant de rejeter pour l’heure toute intervention militaire étrangère en Syrie sans mandat de l’ONU, Paris a posé des conditions drastiques à la future mission d’observation de Casques bleus avec la conviction que les dirigeants syriens actuels ne pourraient y survivre. Il faut un « déploiement d’observateurs sur le terrain mais d’observateurs qui aient les moyens, qui aient des équipements, des hélicoptères, qui fassent respecter la liberté de manifestation. C’est extrêmement important. Le jour où cette liberté sera effectivement garantie, le régime ne tiendra pas », a déclaré hier Alain Juppé sur la chaîne BFMTV. « Le cessez-le-feu n’est pas respecté, mais si nous parvenons à déployer sur le terrain une force robuste d’observation, 500 personnes par exemple, alors les choses peuvent basculer dans la bonne direction », a-t-il ajouté, alors qu’il avait évoqué la veille « au moins 300 à 400 observateurs ».
Pour le ministre français, la Russie pourrait voter un projet de résolution sur une force « robuste » d’observateurs. Les « Russes ont toujours été partisans du déploiement d’une force d’observation » et « la position russe est en train d’évoluer un petit peu », a-t-il estimé. Le plan du médiateur Kofi Annan ne prévoit pas « simplement un cessez-le-feu », a-t-il aussi fait valoir, en écartant tout risque de « figer la situation » et concluant : « C’est le retrait des troupes dans les casernes, c’est la liberté de manifestation et c’est surtout l’engagement d’un processus politique qui permettront d’aboutir à des élections libres. »
Dans une ambiance préélectorale en France, avant le scrutin présidentiel de demain, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, qui a organisé deux réunions internationales à Paris cette semaine, dit faire son « boulot jusqu’au bout ». Cette offensive diplomatique intervient alors que les premières images des observateurs envoyés en précurseurs en Syrie ont montré des voitures de l’ONU fuyant sous les tirs et des Bérets bleus ballottés dans des mouvements de foule. Coup sur coup, le ministre français a organisé une réunion sur le...



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine