Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Révolte

Des milliers de manifestants invectivent les observateurs en Syrie

La trêve est « très fragile », estime Annan ; les violences ont fait hier au moins 45 tués.

Une image prise de YouTube montre, selon les militants l’ayant postée, une explosion due aux bombardements de l’armée syrienne dans le quartier de Khalidiya à Homs. Photo AFP

Des milliers de manifestants antirégime ont interpellé hier les observateurs internationaux, dépêchés en Syrie pour surveiller le cessez-le-feu. Les manifestants ont dénoncé leur nombre – moins d’une dizaine – jugé trop faible. « Où sont les observateurs ? » « Où sont les résolutions contraignantes du Conseil de sécurité ? » « Cinq observateurs pour surveiller Bachar ? » interrogeaient des panneaux à travers le pays, selon des vidéos tournées par les militants. « Homs, nous sommes avec toi jusqu’à la mort », ont scandé des milliers de manifestants à Qamichli, dans le nord-est kurde, et des milliers d’autres ont défilé dans la quasi-totalité des régions du pays. Sur leur page Facebook, comme chaque vendredi depuis le début de la révolte populaire en mars 2011, les militants avaient lancé un appel à défiler sous le slogan « Nous serons victorieux et Assad sera défait ». Ils ont en outre fait état d’un déploiement militaire massif, qui a en particulier bloqué de nombreuses mosquées, point de départ traditionnel des manifestations après la prière du vendredi.
La trêve, violée chaque jour depuis son entrée en vigueur le 12 avril, a de nouveau vacillé hier. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les violences ont fait 14 tués civils, dont plusieurs lors de tirs sur des manifestations, mais aussi cinq dans de nouveaux bombardements à Homs et trois dans des opérations militaires dans la ville voisine de Qousseir. En outre, 12 soldats ont été tués dans plusieurs explosions dans la région de Deraa, encore selon l’OSDH. Les médias officiels ont pour leur part annoncé un total de 18 morts parmi les forces de sécurité dans des attaques « terroristes » à travers le pays. Selon la chaîne de télévision satellitaire al-Arabiya, citant des militants, 45 personnes ont trouvé la mort hier. Ces nouvelles violences portent à environ 150 le nombre de morts depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, et plus de 11 100 morts en 13 mois de révolte.
Face à la poursuite des violences, le porte-parole de Kofi Annan, Ahmad Fawzi, a qualifié le cessez-le-feu de « très fragile » et estimé que la situation sur le terrain n’était « pas bonne ». Toutefois, Moscou, grand allié de Damas, a une nouvelle fois estimé que la trêve était « dans l’ensemble » respectée. Mais les États-Unis ont demandé à leurs alliés de se tenir prêts à « accentuer la pression » sur la Syrie si le plan Annan échoue, a indiqué la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland.
Après avoir tergiversé, Damas a signé jeudi le protocole organisant le travail des observateurs, condition de la poursuite de leur mission entamée lundi. Leur chef, le colonel Ahmad Himmiche, a toutefois affirmé qu’ils n’assisteraient pas aux manifestations afin d’éviter que leur « présence ne soit utilisée » pour favoriser « une escalade » des violences. De son côté, estimant le plan Annan « voué à l’échec » à cause du manque de coopération du régime, l’Armée syrienne libre a réclamé jeudi soir une intervention militaire internationale sans l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, longtemps paralysé par les veto russe et chinois.
Sur le volet humanitaire de la crise, Mme Nuland a annoncé que Washington avait porté à 33 millions de dollars, soit une augmentation de 8 millions de dollars, l’aide américaine distribuée via les agences onusiennes et des ONG. Et le directeur du bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies, John Ging, a expliqué que l’ONU attendait le feu vert de Damas pour aider un million de personnes en Syrie. « Chaque jour est un jour de trop », a déclaré M. Ging, qui s’exprimait à l’issue de la deuxième réunion du Forum humanitaire sur la Syrie, organisé par l’ONU, la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique et le service d’aide humanitaire de la Commission européenne, qui s’est tenu à huis clos à Genève.

(Sources : agences et rédaction)
Des milliers de manifestants antirégime ont interpellé hier les observateurs internationaux, dépêchés en Syrie pour surveiller le cessez-le-feu. Les manifestants ont dénoncé leur nombre – moins d’une dizaine – jugé trop faible. « Où sont les observateurs ? » « Où sont les résolutions contraignantes du Conseil de sécurité ? » « Cinq observateurs pour surveiller Bachar ? » interrogeaient des panneaux à travers le pays, selon des vidéos tournées par les militants. « Homs, nous sommes avec toi jusqu’à la mort », ont scandé des milliers de manifestants à Qamichli, dans le nord-est kurde, et des milliers d’autres ont défilé dans la quasi-totalité des régions du pays. Sur leur page Facebook, comme chaque vendredi depuis le début de la révolte populaire en mars 2011, les militants avaient lancé...
commentaires (1)

Comme dit le général Aoun, ces "poches" de milliers de manifestant "seront nettoyés" en vingt quatre heures.

Halim Abou Chacra

10 h 29, le 21 avril 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Comme dit le général Aoun, ces "poches" de milliers de manifestant "seront nettoyés" en vingt quatre heures.

    Halim Abou Chacra

    10 h 29, le 21 avril 2012

Retour en haut