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À La Une - L'homme De La Semaine

Julian Assange, la controverse dans le sang

Visé par un mandat d’arrêt pour viol en Suède, assigné à résidence en Grande-Bretagne, "traqué" par les autorités américaines, le père de Wikileaks est de nouveau sous les feux de l'actualité.

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange. Photo AFP

Militant, journaliste, ex-hacker, informaticien, le fondateur de Wikileaks, l’Australien Julian Assange, multiplie les controverses depuis la diffusion, en novembre 2010, de centaines de milliers de câbles diplomatiques américains et de documents confidentiels sur les guerres en Irak et en Afghanistan. Des "fuites" et des révélations qui ont provoqué un séisme diplomatique à travers le monde et déclenché la "fureur" du Pentagone. Et le début des ennuis judiciaires pour Assange.

 

Quelques jours après les premières fuites, deux procédures judiciaires sont lancées contre lui en Suède pour viol et agression sexuelle. Le fondateur de Wikileaks, âgé de 40 ans, est accusé par deux Suédoises d’avoir eu des relations contraintes et non protégées en août 2010, ce qu’il dément. "Je suis peut-être un phallocrate, mais pas un violeur (...). Ces deux femmes ont eu des relations sexuelles pleinement consenties avec moi", aurait-il dit dans une autobiographie "non autorisée" publiée en septembre 2010.

 

Le 7 décembre, l'Australien est arrêté en Grande-Bretagne, après l'émission d'un mandat d’arrêt européen relayé par Interpol.

 

Un Britannique appelant à la libération d'Assange, lors d'une

manifestation le 25 décembre 2010, à Londres. Photo AFP

 

Les mois précédant son interpellation, Assange a mené une existence digne d’un roman d’espionnage, passant d’un pays à l’autre, évitant de dormir plusieurs jours de suite dans le même lit, effaçant ses traces "électroniques" en changeant constamment les puces de son portable.

 

Une semaine après son arrestation, il bénéficie d’une décision de remise en liberté surveillée sous réserve du paiement d'une caution fixée à 240.000 livres britanniques. Un comité de soutien, qui réunit des personnalités comme Michael Moore, Ken Loach ou Bianca Jagger, se mobilise pour réunir la caution requise et obtenir la libération effective de Julian Assange. Le 16 décembre, l’Australien est libéré, mais doit porter un bracelet électronique. Depuis cette date, il est assigné à résidence au Royaume-Uni, et attend que la justice britannique statue définitivement sur une demande d'extradition de la Suède.

 

Pour Julian Assange, le doute n'est pas possible : ses ennuis judiciaires découlent uniquement des fuites de Wikileaks et relèvent d'une "machination politique" ourdie par les Etats-Unis, en vue de le déporter à Guantanamo via la Suède.

 

Malgré ses soucis, Assange continue sur sa lancée. 

 

En février 2012, Wikileaks annonce son intention de publier des "millions" de courriels émanant de la société américaine de renseignement Stratfor. Dans l'un des courriels diffusé et présenté comme ayant été rédigé par Fred Burton, vice-président de Stratfor et ancien agent du renseignement américain, l'on peut lire : "Nous avons un acte d'accusation secret contre Assange". Daté du 26 janvier 2011, le courriel est adressé à des analystes de Stratfor, selon le quotidien australien le Sydney Morning Herald.

 

Assange dans "Les Simpsons".

 

Depuis "son domicile temporaire de la campagne anglaise" où il est assigné à résidence, le charismatique Australien ne chôme pas. En février 2012, il accepte de prêter sa voix à son propre personnage dans le 500e épisode des Simpsons, le dessin animé culte américain. Le 17 mars, il annonce son intention de se présenter aux élections sénatoriales australiennes prévues pour 2013.

Un mois plus tard, le 17 avril, il lance son propre talk-show, "The World Tomorrow", sur RT, une chaîne en langue anglaise financée par le Kremlin et fondée en 2005 sous le nom de Russia Today. Assange journaliste y promet une série d’entrevues avec "quelques-unes des personnes les plus intéressantes et controversées dans le monde actuel".

Chose promise, chose due : le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ouvre le bal des invités.

 

 

"Du point de vue du marketing, des relations publiques, c'est un joli coup" pour Assange, affirme à l’AFP Anna Katchakaeva, spécialiste des médias à la radio russe Svoboda, financée par le Congrès américain.

 

"Mon travail à WikiLeaks ne m'a pas vraiment facilité la vie, mais nous a fourni une plate-forme pour diffuser des idées qui changent le monde", a déclaré Julian Assange dans un communiqué publié par Wikileaks quelques jours avant le lancement de son émission. "Dans le monde, les cinq dernières années ont été marquées par une série de crises économiques persistantes et de bouleversements politiques. Elles ont aussi engendré une agitation révolutionnaire au Moyen-Orient et l'émergence de nouveaux mouvements de protestation dans le monde occidental", souligne-t-il.

 

Le but de ce talk-show est de "capter et de présenter à une audience mondiale un peu de cet esprit révolutionnaire", conclut le cyberactiviste.

 

Militant, journaliste, ex-hacker, informaticien, le fondateur de Wikileaks, l’Australien Julian Assange, multiplie les controverses depuis la diffusion, en novembre 2010, de centaines de milliers de câbles diplomatiques américains et de documents confidentiels sur les guerres en Irak et en Afghanistan. Des "fuites" et des révélations qui ont provoqué un séisme diplomatique à travers le monde et déclenché la "fureur" du Pentagone. Et le début des ennuis judiciaires pour Assange.
 
Quelques jours après les premières fuites, deux procédures judiciaires sont lancées contre lui en Suède pour viol et agression sexuelle. Le fondateur de Wikileaks, âgé de 40 ans, est accusé par deux Suédoises d’avoir eu des relations contraintes et non protégées en août 2010, ce qu’il dément. "Je suis peut-être un phallocrate, mais...
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