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À La Une - Crise

L’ONU à l’œuvre en Syrie... sous les bombardements

Au moins 45 morts hier ; réunion ministérielle arabe au Qatar aujourd’hui.

Arrivés à Damas, le premier groupe de six Bérets bleus de l’ONU ont fait part de leur détermination à sauvegarder le cessez-le-feu négocié par Kofi Annan, malgré la poursuite d’affrontements meurtriers dans le centre et le nord du pays.      Khaled al-Hariri/Reuters

De violents combats ont opposé hier soldats syriens et militaires dissidents, dans un contexte de cessez-le-feu fragile.

Les combats se sont surtout déroulés à Idleb où quatre civils ont péri, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). À Homs, l’armée a bombardé au mortier les quartiers de Khaldiyé et de Bayada tenus par les rebelles. Des civils ont également été tués à Hama et Deraa. Le bilan s’élevait donc à au moins 45 morts selon des militants cités par les chaînes al-Jazira et al-Arabiya. Dans le même temps, des manifestations massives antirégime ont eu lieu, selon des vidéos mises en ligne par les Comités locaux de coordination (LCC). De plus, les arrestations se poursuivent : l’OSDH a rapporté l’arrestation d’une journaliste, Marie Issa, et de son mari à leur domicile près de Damas. Anouar Bounni, avocat des droits de l’homme, a également fait état de la détention de 42 jeunes qui avaient manifesté jeudi devant le Parlement à Damas.

 

En attendant, l’OSDH a fait état hier de 11 117 morts en Syrie depuis le début de la contestation, dont 55 depuis l’entrée en vigueur jeudi du cessez-le-feu, date à laquelle les bilans ont marqué une nette rupture avec ces derniers mois, où les morts se comptaient chaque jour par dizaines.

 

Par ailleurs, à Genève, la Commission d’enquête sur la Syrie, mise en place par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a dénoncé des « tueries extrajudiciaires de soldats capturés » commises par les rebelles et s’est dit « sérieusement préoccupée » par le pilonnage de Homs et l’utilisation d’armes lourdes par l’armée.

 

Ces violences interviennent au premier jour de la mission d’observateurs internationaux non armés chargés d’évaluer le respect du cessez-le-feu sous la direction du colonel marocain Ahmad Himmiche. La résolution 2042, la première adoptée par le Conseil de sécurité sur la Syrie depuis le début de la crise le 15 mars 2011, prévoit ainsi le déploiement dans les prochains jours de 30 observateurs militaires et stipule que Damas est responsable de leur sécurité.

 

L’émissaire de la Ligue arabe et de l’ONU Kofi Annan, auteur du plan de paix, souhaite l’envoi à terme de plus de 200 observateurs en Syrie, mais cela nécessitera une nouvelle résolution et un arrêt total des violences. La première tâche des observateurs sera aussi « d’établir un quartier général opérationnel » à Damas, selon l’ONU. Ils prendront ensuite contact avec le gouvernement et l’opposition afin d’expliquer leur rôle, puis se rendront dans d’autres villes pour y établir des bases. La Syrie a approuvé cette mission « car elle n’a rien à cacher et elle espère que ces observateurs vont transmettre l’image réelle de ce qui se passe sur le terrain », a annoncé l’agence officielle SANA. Le gouvernement syrien avait toutefois déclaré dimanche qu’il ne pourrait pas garantir la sécurité des observateurs du cessez-le-feu sur son territoire s’il n’est pas impliqué dans « toutes les étapes sur le terrain ». Les LCC ont de leur côté appelé à la création d’une « hot-line » entre les militants sur place et les observateurs pour faciliter la surveillance.

Par ailleurs, des représentants de tribus syriennes opposées au régime ont annoncé à Istanbul qu’elles unissaient leurs efforts au sein d’une « assemblée de tribus ».

 

Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a de nouveau exhorté Damas à la « retenue maximale », et l’opposition à « pleinement coopérer » pour faire réussir le cessez-le-feu. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui se trouvait aux côtés de M. Ban, a aussi lancé un appel à Damas. « Nous appelons le gouvernement syrien à respecter pleinement le plan en six points et ce de manière urgente », a-t-il dit.

 

Parallèlement, après sa visite à Moscou la semaine dernière, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, s’est rendu hier en Chine, l’autre allié du régime, pour y expliquer « les efforts de Damas concernant le cessez-le-feu » exigé par la communauté internationale, selon l’agence Chine nouvelle.

 

Pendant ce temps, le Qatar a annoncé hier accueillir aujourd’hui une réunion ministérielle arabe concernant entre autres la Syrie. Le comité ministériel arabe regroupe l’Arabie saoudite, le sultanat d’Oman, l’Égypte, le Soudan, l’Algérie, l’Irak et le Koweït. Selon cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, les chances de succès du plan de l’ONU « ne dépassent pas les 3 % », ajoutant que le peuple syrien ne devrait pas être soutenu par des moyens pacifiques, mais « par les armes ».

De violents combats ont opposé hier soldats syriens et militaires dissidents, dans un contexte de cessez-le-feu fragile.
Les combats se sont surtout déroulés à Idleb où quatre civils ont péri, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). À Homs, l’armée a bombardé au mortier les quartiers de Khaldiyé et de Bayada tenus par les rebelles. Des civils ont également été tués à Hama et Deraa. Le bilan s’élevait donc à au moins 45 morts selon des militants cités par les chaînes al-Jazira et al-Arabiya. Dans le même temps, des manifestations massives antirégime ont eu lieu, selon des vidéos mises en ligne par les Comités locaux de coordination (LCC). De plus, les arrestations se poursuivent : l’OSDH a rapporté l’arrestation d’une journaliste, Marie Issa, et de son mari à leur domicile près de...
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