Des liens de fraternité poétique
Au programme : des lectures par les poètes français, Cosima Weiter et André Markovicz, et les poètes libanais Hyam Yared, Tamirace Fakhoury, Iskandar Habache et Mohammad el-Amine. Muriel Bejjani, étudiante en master de critique d’art et curatoriat, diplômée en lettres françaises de l’USJ, et qui a participé à l’organisation du festival, raconte: «Que les mots sortent en arabe ou en français, la justesse n’est pas dans la traduction, mais dans la sonorité des mots qui tantôt fondent dans nos oreilles comme du sucre dans la bouche; ou qui, comme dans la poésie de Hyam Yared, explosent dans nos têtes, nous faisant vivre l’impensable démesure de la détresse et de l’horreur que seuls les hommes sont capables de faire subir à leurs semblables.»
Les lectures par Cosima Weiter et André Markovicz captivent l’audience. Leur «poésie mise en scène, dans des jeux d’écho et dans des simulations de conférence, ont accroché l’audience, peu familière avec des pratiques extrêmes mêlant la technologie et le chant breton à des lectures à voix nue», ajoute Murielle Bejjani. Jad Hatem, enseignant professeur et chef du département de philosophie, a, quant à lui, proposé à l’audience de goûter à la poésie roumaine à travers son commentaire d’un poème de Benjamin Fondane.
«Le public a pu découvrir un rapport nouveau à la langue. Les poètes ont décliné leurs univers particuliers avec la force du temps que confère l’expérience humaine à la voix du poète», poursuit Murielle Bejjani. Des mots, des maux et des émotions partagés avec l’audience. Mme Nayla Tamraz conclut: «Au-delà de son existence purement textuelle, la poésie est un lien social et une communication directe. Avec elle, on expérimente des liens de fraternité poétique.»

