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À La Une - Disparition

France : Mort à 97 ans du grand résistant Raymond Aubrac

Résister, c’est "réagir à l'injustice et ne pas se contenter de la constater", déclarait le résistant en 2010.

Raymond Aubrac, grande figure de la Résistance française pendant la seconde guerre mondiale, en novembre 2009. Raymond Aubrac est décédé mardi 10 avril, à Paris à 97 ans. Johanna Leguerre/AFP

Le grand résistant Raymond Aubrac, l'une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin, est mort mardi soir à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris à 97 ans, a annoncé mercredi sa famille à l'AFP.

 

Cofondateur du mouvement "Libération Sud", M. Aubrac était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire (Rhône) avec le chef du Conseil national de la Résistance (CNR).

 

En 1947 et 1950, il avait été témoin à charge lors des deux procès du résistant René Hardy (décédé en 1987), accusé d'avoir livré Jean Moulin à la Gestapo et acquitté au bénéfice du doute.

 

Sa femme Lucie Aubrac, qu'il avait épousée en 1939, elle aussi héroïne de la Résistance, est morte en 2007 à l'âge de 92 ans. Ils avaient trois enfants et dix petits-enfants.

 

Né le jour de l'assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914, juste avant le début de la Première Guerre mondiale dans une famille de commerçants juifs de Vesoul, de son vrai nom Raymond Samuel, Raymond Aubrac était resté un citoyen très actif, marqué à gauche, se rendant pendant des années dans les collèges et les lycées en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance.

 

"Je ne supporte pas la solitude après 67 ans de vie commune. Alors quand je me suis retrouvé seul, j'ai été heureux d'avoir des invitations de scolaires qui me donnaient le sentiment d'être encore un peu dans la vie", expliquait en 2010 Raymond Aubrac à TV Tours lors de l'inauguration d'un établissement portant son nom dans cette ville.

Il lui était alors demandé ce qu'était résister : "Surveiller ce qui se passe, essayer de comprendre ce qui se passe dans la société qui nous entoure. Et quand on a le sentiment qu'on est devant une injustice, réagir à l'injustice et ne pas se contenter de la constater mais essayer de faire quelque chose. Pour moi c'est ça la Résistance, ça couvre des petits gestes et aussi quelques aventures."

 

Un temps compagnon de route du parti communiste, il avait été ovationné en février 2008 après un discours défendant la laïcité, lors du meeting de campagne de Bertrand Delanoë (PS) pour les municipales.

Il avait appelé à voter François Hollande au premier tour de la prochaine élection présidentielle et avait fait partie, en février dernier, d'une association d'anciens résistants qui avaient dénoncé comme un "coup électoral" la possible visite, cette année comme tous les ans, de Nicolas Sarkozy au plateau des Glières, haut-lieu de la Résistance dans les Alpes.

Grand Croix de la Légion d'honneur, Croix de guerre 39-45, rosette de la Résistance, Raymond Aubrac avait publié en 1996 son autobiographie, "Où la mémoire s'attarde".

 

Cet ingénieur civil des Ponts et Chaussées s'est engagé dès 1940 dans la Résistance avec Lucie, et est devenu attaché à l'état-major de l'Armée secrète.

 

 

Raymond Aubrac et son épouse Lucie, en 1987. Archives AFP

 

Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire, emprisonné à Montluc, Raymond Aubrac et quatorze résistants sont libérés grâce à un intrépide raid de commando monté par Lucie, qui entrera dans la légende de la Résistance. Cet épisode est au centre du film de Claude Berri, "Lucie Aubrac", sorti en 1997, avec Carole Bouquet dans le rôle de l'héroïne.

 

Recherché par la Gestapo, le couple est parti pour Londres, puis Raymond a gagné Alger, où il est devenu délégué à l'Assemblée consultative en juin 1944. A la Libération, il est devenu commissaire régional de la République à Marseille, responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la Reconstruction.

 

En 1948, alors compagnon de route du PCF, il a renoncé à une carrière de haut fonctionnaire pour fonder le Bureau d'études et de recherches pour l'industrie moderne (BERIM), spécialisé dans le commerce avec les pays communistes, qu'il a dirigé pendant dix ans.

 

Le grand résistant Raymond Aubrac, l'une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin, est mort mardi soir à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris à 97 ans, a annoncé mercredi sa famille à l'AFP.
 
Cofondateur du mouvement "Libération Sud", M. Aubrac était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire (Rhône) avec le chef du Conseil national de la Résistance (CNR).
 
En 1947 et 1950, il avait été témoin à charge lors des deux procès du résistant René Hardy (décédé en 1987), accusé d'avoir livré Jean Moulin à la Gestapo et acquitté au bénéfice du doute.
 
Sa femme Lucie Aubrac, qu'il avait épousée en 1939, elle aussi héroïne de la Résistance, est morte en 2007 à l'âge de 92 ans. Ils avaient trois enfants et dix...
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