Encore et toujours des images de désolation à Homs. Photo Reuters/Shaam News Network/Handout
Le régime syrien continuait hier d’envoyer des renforts dans les fiefs rebelles malgré sa promesse d’appliquer le plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan qui préconise, outre la cessation de la violence par toutes les parties, la fourniture d’aide humanitaire, la libération des personnes détenues arbitrairement et la liberté de circulation pour les journalistes dans le pays.
Des troupes ont ainsi été envoyées dans la province de Deraa, berceau de la contestation, ainsi qu’à Zabadani près de la capitale, les forces du régime usant de la « tactique des maisons brûlées », selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’armée a également lancé des assauts contre Homs et bombardé violemment Rastan. Les affrontements particulièrement sanglants ont causé la mort d’au moins 42 personnes, dont 25 civils, selon la chaîne satellitaire al-Arabiya.
Parallèlement, la situation humanitaire s’ est aggravée, ont indiqué des militants, évoquant des exactions des forces gouvernementales contre la population. « Dans le cadre de leur politique visant à affamer le peuple, elles prennent d’assaut les maisons, détruisent les provisions stockées dans les villages », a ainsi dénoncé Sayyed Mahmoud, un militant à Deraa. « Ces forces entrent dans les boulangeries et détruisent la pâte en la jetant dans la rue », dit-il, soulignant que « l’électricité est coupée 15 heures par jour ».
CICR et Amnesty
Par ailleurs, une délégation de l’Union européenne (UE) à Damas a condamné la poursuite de la détention sans inculpation du président du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, Mazen Darwiche, s’inquiétant pour son état de santé.
Pendant ce temps, le régime de Bachar el-Assad promettait de faire réussir la mission du chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, en visite pour deux jours pour tenter d’accélérer la distribution d’aide aux « personnes vulnérables » touchées par les violences. C’est à Deraa que le président du CICR pourrait se rendre aujourd’hui, selon un porte-parole de l’organisation. M. Kellenberger a également exprimé hier au ministre syrien de l’Intérieur son souhait d’accéder à des lieux de détention.
Résumant le scepticisme de la communauté internationale qui accuse le régime de ne pas tenir parole, Amnesty International a dénoncé la poursuite de la répression. « Le gouvernement n’a pas fourni d’informations sur la manière dont il compte mettre en œuvre les autres points du plan Annan, y compris son engagement d’accélérer (...) la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement », a déploré l’organisation dans un communiqué publié hier, et dans lequel elle dénonce des arrestations arbitraires récentes, notamment dans la ville de Daraya, de jeunes dont les familles n’ont plus eu de nouvelles depuis.
Scepticisme
Toujours sur le plan humanitaire, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a accordé hier une aide de 1,6 million de dollars à la Jordanie pour l’aider à assumer les frais liés à la scolarité de milliers d’enfants de réfugiés syriens, a annoncé le ministère jordanien du Plan. Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés fait état de 5 000 à 8 000 réfugiés enregistrés en Jordanie seulement.
Alors que le secpticisme est toujours de mise quant aux promesses de Damas, le porte-parole de Kofi Annan a annoncé qu’une équipe de l’ONU se rendrait en Syrie dans les 48 heures pour préparer le plan de déploiement des observateurs censés surveiller la cessation des hostilités. Cette mission, dirigée par le général norvégien Robert Mood, est au cœur d’un projet de déclaration préparé par Washington, Paris et Londres dans la perspective d’une adoption demain au Conseil de sécurité. Ce dernier devra réagir « très rapidement et avec vigueur » si le régime Assad ne tient pas ses promesses avant la date limite du 10 avril, a fustigé hier l’ambassadrice américaine aux Nations unies Susan Rice, tandis que les États-Unis ont assuré ne disposer d’aucune preuve montrant la bonne volonté des autorités syriennes.
Des troupes ont ainsi été envoyées dans la province de Deraa, berceau de la contestation, ainsi qu’à Zabadani près de la capitale, les forces du régime usant de la « tactique des maisons brûlées », selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’armée a également lancé des assauts contre Homs et bombardé violemment Rastan. Les affrontements particulièrement sanglants ont causé la mort d’au moins 42...


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