La réunion tenue le week-end dernier à Baabda sous l’égide du président de la République, Michel Sleiman, et consacrée à la loi électorale, a replacé ce dossier sur le devant de la scène.
La réunion avait regroupé le chef de l’État, le Premier ministre, Nagib Mikati, le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, et les deux anciens ministres Ziyad Baroud et Khalil Hraoui.
M. Charbel avait fait savoir auparavant qu’il comptait secouer le pouvoir exécutif pour l’amener à prendre le plus vite possible une décision au sujet du projet de loi électorale qu’il avait présenté à la fin de l’été dernier. Mais le Conseil des ministres s’est abstenu jusqu’ici de trancher en attendant les résultats des tractations qui se déroulent entre les formations politiques, en particulier chrétiennes sous l’égide de Bkerké.
Aussitôt après la fin de la réunion de Baabda, divers points de vue ont été exprimés sur la question, à commencer par celui du PSP. Au nom de ce dernier, le ministre des Travaux publics, Ghazi Aridi, a proclamé son rejet du projet de M. Charbel, fondé sur le mode de scrutin proportionnel. Aux yeux de M. Aridi, ce projet vise à marginaliser le bloc parlementaire joumblattiste, car ce dernier, selon lui, occupe à l’heure actuelle une position qui dérange certaines parties, dans la mesure où c’est lui qui fait pencher la balance politique dans un sens ou dans l’autre.
De leur côté, plusieurs hommes politiques du courant du Futur, des autres composantes du 14 Mars, mais aussi du CPL n’ont pas caché leur préférence pour le mode de scrutin majoritaire. D’autres partisans aounistes prônent au contraire la proportionnelle, faisant mine d’ignorer que c’est le bloc du Changement et de la Réforme qui avait réclamé le retour à la loi de 1960, celle des cazas. D’ailleurs, lorsque ce rétablissement avait été décidé, dans le cadre de l’accord de Doha en 2008, les aounistes avaient crié victoire, brandissant le slogan de la récupération des droits des chrétiens.
À l’époque, le Hezbollah et Amal poursuivaient leur combat pour faire du Liban une circonscription unique, que cela soit sous le régime de la proportionnelle ou de la majoritaire. Mais ils sont prêts à accepter une formule de découpage fondée sur les mohafazats actuels, qu’ils estiment conforme à Taëf. Celui-ci stipule toutefois que le découpage doit correspondre aux mohafazats uniquement après la redéfinition de ces entités dans le cadre d’une réforme administrative. Il est donc faux de considérer que Taëf impose au législateur de confondre la circonscription électorale avec le mohafazat tel qu’il est à l’heure actuelle.
Quoi qu’il en soit, nombreux sont les hommes politiques qui pensent que les élections législatives de 2013 se dérouleront sur la base de la loi en vigueur, c’est-à-dire celle de 1960. En effet, les états-majors politiques semblent réticents à vouloir expérimenter un nouveau système pour un scrutin que l’on qualifie d’ores et déjà de charnière, car il s’agira d’un référendum sur l’une des deux orientations que prendra le Liban et qui correspondent au clivage divisant l’ensemble de la région : d’un côté, le projet occidental, démocratique et pacifiste, et de l’autre celui de la « moumanaa », fondé sur le principe de la « résistance » et dirigé par l’Iran et la Syrie.
Sur le plan libanais, on attend des élections de 2013 qu’elles tranchent définitivement le débat sur la majorité et la minorité. En 2009, le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, avait déclaré, avant le scrutin, que celui-ci devait être considéré comme un référendum sur la résistance et avait annoncé l’engagement de son parti à en respecter les résultats.
Cependant, lorsque le 14 Mars a remporté les élections, le Hezbollah a mis en avant le concept de démocratie consensuelle pour faire échec aux résultats du scrutin et imposer la formation d’un gouvernement d’union nationale avec tiers de blocage pour la minorité.
Cette fois-ci, le 14 Mars se prépare à la confrontation électorale avec l’idée qu’il n’y aura pas de concession sur ce plan. Un député de l’opposition affirme que si celle-ci sort une nouvelle fois victorieuse, le principe démocratique selon lequel la majorité gouverne et la minorité s’oppose sera appliqué intégralement.
Dans l’intervalle, il faudra qu’une décision soit prise au sujet de la loi électorale. On s’attend à des développements à ce propos dès la fin de ce mois, après le retour du chef de l’État de la visite qu’il doit effectuer en Australie.
La réunion avait regroupé le chef de l’État, le Premier ministre, Nagib Mikati, le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, et les deux anciens ministres Ziyad Baroud et Khalil Hraoui.
M. Charbel avait fait savoir auparavant qu’il comptait secouer le pouvoir exécutif pour l’amener à prendre le plus vite possible une décision au sujet du projet de loi électorale qu’il avait présenté à la fin de l’été dernier. Mais le Conseil des ministres s’est abstenu jusqu’ici de trancher en attendant les résultats des tractations qui se déroulent entre les formations politiques, en particulier chrétiennes sous l’égide de...

