La foire d’empoigne qui s’est installée au sein du gouvernement suscite l’embarras chez certaines parties de la majorité, y compris au cœur même du camp du 8 Mars. Si le Hezbollah tente, du moins en public, de minimiser l’impact des dissensions intergouvernementales, d’autres composantes se montrent moins précautionneuses.
C’est le cas notamment du bloc berryiste, dont l’un des députés, Kassem Hachem, a clairement fait savoir hier que le cabinet en place n’était pas inamovible. « Si le gouvernement se transforme en poids (pour la majorité), il faudra examiner les alternatives possibles », a déclaré M. Hachem, qui a sévèrement critiqué les tiraillements au sein de l’équipe ministérielle, « surtout en cette phase difficile ».
Plus radical encore, le brigadier Moustapha Hamdane, ancien chef de la Garde républicaine (sous le mandat d’Émile Lahoud) et actuel secrétaire du Mouvement des Mourabitoun indépendants, a affirmé que le gouvernement en place est « nul » et qu’il est devenu « un poids lourd pour toute personne se réclamant du patriotisme au Liban ».
« Le crédit (du 8 Mars) est dévoré par ce cabinet au sein duquel il existe un groupe qui exerce son chantage et pousse toujours à saboter les décisions gouvernementales », a ajouté le brigadier Hamdane qui sortait d’un entretien à Rabieh avec le chef du CPL, le général Michel Aoun.
Quant au député Nawar Sahili, du Hezbollah, il a estimé que le gouvernement a « franchi la passe difficile » et qu’il « doit à présent commencer à produire », sous-entendant qu’il n’a rien fait jusqu’ici. D’ailleurs, tout en affirmant défendre cette équipe par rapport à celles qui l’avaient précédée, M. Sahili n’a trouvé à mettre au crédit du cabinet que « la nomination, certes lente, du directeur général de la Sûreté générale », et « le pourvoi à quelques autres postes ».
Entre les ministres eux-mêmes, les « explications » par voie de médias se poursuivent. Le titulaire de l’Environnement, Nazem el-Khoury, proche du chef de l’État, a ainsi répliqué hier aux propos tenus la veille par son collègue de l’Énergie, Gebran Bassil, à son sujet.
M. Bassil ayant clairement fait allusion à une alliance électorale entre le 14 Mars et M. Khoury, ce dernier s’est employé à défendre son parcours d’ancien député « centriste », affirmant n’avoir besoin d’un « certificat de bonne conduite de personne ». « Je n’ai pas été fait député par un leader politique, et cela tout le monde le sait », a-t-il dit.
Interrogé lors d’une conférence de presse, tenue avant la réunion de la commission ministérielle chargée du dossier des centrales électriques flottantes, sur ses réserves au sujet du projet défendu par M. Bassil, M. Khoury a dit : « Il faudrait que tous les ministères s’habituent à l’idée qu’il existe un ministère de l’Environnement et qu’il ne s’agit pas d’un organe consultatif, mais d’un partenaire entier dans l’action gouvernementale au Liban. » « Lorsque nous demandons une étude d’impact écologique, nous ne le faisons pas au bénéfice du ministère de l’Environnement, mais à celui des citoyens libanais, du projet en question et du ministre qui lance ce projet », a ajouté M. Khoury, rappelant que la pollution au Liban est « bien des fois supérieure aux moyennes jugées acceptables dans le monde ».
« En tant que ministre de l’Environnement, je ne peux donner mon accord à un projet qu’en présence d’une étude d’impact écologique », a-t-il insisté.
Pour sa part, le ministre d’État Ahmad Karamé, proche du chef du gouvernement, Nagib Mikati, s’est employé à défendre ce dernier face aux attaques du ministre de l’Énergie, et notamment aux propos selon lesquels M. Mikati « représente le courant du Futur au sein du gouvernement ».
« Chacun a droit à exprimer son point de vue, mais M. Mikati est un homme indépendant et centriste. Il n’est ni du 14 ni du 8 Mars. Ce qui compte pour lui, c’est l’intérêt du pays et il coopère avec tout le monde », a déclaré M. Karamé, soulignant que « les dossiers litigieux devraient être soumis à la table du Conseil des ministres et non pas exposés à travers les médias ». « Il n’est pas permis d’étaler ainsi notre linge sale », a-t-il encore dit, soulignant que le Premier ministre est un homme « patient » et qui a « le souffle long ».
Du côté de l’opposition, le député Ammar Houry, membre du bloc du Futur, a résumé ainsi la situation : « Le gouvernement actuel a offert ce que n’importe quel autre gouvernement a de pire à offrir. »
C’est le cas notamment du bloc berryiste, dont l’un des députés, Kassem Hachem, a clairement fait savoir hier que le cabinet en place n’était pas inamovible. « Si le gouvernement se transforme en poids (pour la majorité), il faudra examiner les alternatives possibles », a déclaré M. Hachem, qui a sévèrement critiqué les tiraillements au sein de l’équipe ministérielle, « surtout en cette phase difficile ».
Plus radical encore, le brigadier Moustapha Hamdane, ancien chef de la...


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