Les désaccords au sein du gouvernement sur les gros projets alléchants ont fini par corrompre ces projets tout autant que les rapports entre les composantes gouvernementales. Cependant, cette situation n’influe pas à ce stade sur la pérennité de ce cabinet qui dépend d’autres considérations.
On souligne en effet dans certains milieux politiques que le gouvernement restera en place tant que la sécurité et la paix civile dans le pays demeureront assurées et que la conjoncture économique et financière demeurera stable.
Ce sont ces facteurs-là qui déterminent, tant sur le plan local que des points de vue arabe, régional et international, le maintien ou pas de l’équipe ministérielle actuelle. En revanche, les désaccords sur les nominations administratives, les moyens d’augmenter la production d’énergie électrique, la maîtrise des dépenses publiques, les demandes d’avances du Trésor ou encore d’autres sujets de disputes entre les ministres n’ont pas le même impact.
Si la situation se dégradait aux niveaux de la sécurité, de l’économie et des finances, le gouvernement tomberait de lui-même car, le cas échéant, plus rien ne justifierait son maintien. Pour l’instant, on considère donc que ce gouvernement demeure une nécessité en dépit de ses échecs dans les dossiers ordinaires, simplement parce que son maintien est synonyme de sécurité et de stabilité.
Mis à part cela, le sort du cabinet est entre les mains de son chef, Nagib Mikati, qui peut à tout moment en décider, et bien évidemment du Hezbollah. On aurait pu dire que le chef du CPL, le général Michel Aoun, a lui aussi son mot à dire, mais sa décision reste jusqu’à nouvel ordre dépendante de celle du Hezbollah, sauf s’il décide, dans un coup de théâtre, de rompre ce lien et de réviser ses alliances à la lumière des événements de Syrie. Cette éventualité est cependant peu probable à une date aussi rapprochée des élections législatives.
Ainsi donc, malgré ses blocages et son piètre bilan, le gouvernement est appelé à rester en place. Dans certains milieux, on souligne, en effet, que cela est préférable au vide gouvernemental. Pour le Hezbollah, cela signifie, tant qu’il affirme son attachement au maintien de ce cabinet, qu’il doive lui-même veiller au maintien de la sécurité et de la stabilité dans le pays et empêcher une extension des événements de Syrie sur le territoire libanais.
Et si l’on inverse l’équation, on peut d’ores et déjà observer, selon la même logique, qu’en cas de dérive sur le plan de la sécurité, cela signifierait que le Hezbollah aurait préféré une telle évolution au maintien du cabinet.
Ce ne sont donc pas les événements de Syrie qui sont appelés à sceller le sort du gouvernement, mais bien plutôt la décision du Hezbollah et celle du Premier ministre. Or ce dernier n’a pas l’intention de présenter sa démission à partir de questions intérieures, mais il le ferait pour des dossiers extérieurs liés aux engagements internationaux du Liban, comme c’était le cas pour le financement du Tribunal spécial.
Quant au président de la République, il ne peut rien contre l’aggravation des désaccords au sein du gouvernement et la paralysie de ce dernier, ses prérogatives ne lui permettant plus de renvoyer le cabinet. Tout ce qu’il pourrait accomplir, c’est de procéder à des contacts avec les principales formations politiques afin de dégager un accord anticipé sur la mise en place d’un gouvernement d’indépendants qui s’attellerait notamment au dossier des nominations.
Pour le moment, ce qui compte ce n’est pas la chute du gouvernement actuel, que ce soit du fait de la situation en Syrie ou de la reformation de la majorité autour du 14 Mars, mais plutôt que l’alternative soit d’ores et déjà assurée.
On souligne en effet dans certains milieux politiques que le gouvernement restera en place tant que la sécurité et la paix civile dans le pays demeureront assurées et que la conjoncture économique et financière demeurera stable.Ce sont ces facteurs-là qui déterminent, tant sur le plan local que des points de vue arabe, régional et international, le maintien ou pas de l’équipe ministérielle actuelle. En revanche, les désaccords sur les nominations administratives, les moyens d’augmenter la production d’énergie électrique,...

