Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

L'"affaire de la prière", vue par des étudiants de l'Université Antonine

"Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre et il n’y a aucune tension communautaire" sur le campus.

Des étudiants chiites à la prière dans la cour intérieure de l’université antonine.

Ce qui se passe sur le campus, devrait rester sur le campus ; ce qui relève des affaires étudiantes, devrait en rester à ce niveau. Ainsi pourrait-on résumer le sentiment qui prévaut chez plusieurs étudiants du campus de Hadeth-Baabda de l'Université Antonine, théâtre lundi 19 mars d'une prière collective et publique organisée par des étudiants musulmans, en infraction au code de l'établissement.

 

Dans un communiqué publié le 20 mars, le secrétariat général de l’Université Antonine a expliqué qu’"un groupe d’étudiants du campus de Hadeth-Baabda avait demandé à la direction de l’université d’assurer un lieu de prière pour les étudiants musulmans durant les heures de cours".

"La direction n’ayant pas répondu favorablement à cette demande, du fait du caractère spécifique du campus universitaire qui relève de l’ordre des Antonins, 37 étudiants ont violé cette spécificité en organisant, de manière provocante, une prière dans la cour intérieure du campus, s’installant par terre devant la porte d’entrée de l’administration et le parvis de l’église Notre-Dame de l’université", ajoutait le communiqué.

 

Le département des étudiants au sein des Forces libanaises avait, de son côté, affirmé dans un communiqué également publié le 20 mars, que les 37 étudiants sont des membres du Hezbollah.

 

"La prière est une démarche civilisée. Elle ne devrait provoquer personne", explique à L'Orientlejour.com un étudiant des Antonins, responsable au sein du Hezbollah et ayant participé à la prière qui a suscité la polémique.

Plus important, pour le jeune homme qui souhaite garder l'anonymat, "l'affaire ne concerne que les étudiants, elle n'est pas politique, et ne devrait donc pas être discutée en dehors de l'université". C'est pour cela, poursuit-il, que "le Hezbollah s'abstient de commenter ce qui s'est passé". C'est pour cela aussi que l'étudiant affirme ne pas vouloir s'exprimer plus en détail sur l'affaire. "Cette histoire est derrière nous", insiste-t-il encore, assurant qu'aujourd'hui la situation au sein du campus est tout à fait normale.

 

"Un des jeunes ayant participé à la prière est un ancien responsable étudiant du Hezbollah, mais ceux qui ont prié n'étaient pas tous chiites", affirme, pour sa part, Alain*, un étudiant chrétien en cinquième année à l’Université Antonine, à L’Orientlejour.com.

 

"L'histoire a commencé quand des étudiants musulmans ont revendiqué leur droit à la prière, confirme-t-il. Leur demande (d'une heure de prière) ayant été rejetée par la direction de l'université, un groupe a décidé de passer outre et de prier quand même près de la porte de la faculté, où il y a aussi une église".

 

Suite à cette prière, la direction leur a adressé des avertissements, qu’ils ont refusé de signer. Ce n’est qu’à ce moment-là, souligne Alain, que des représentants politiques étudiants sont entrés en lice. "Des tractations ont été menées afin de résoudre le contentieux et les étudiants ont fini par se soumettre et signer les avertissements".

 

"Avant l'incident, insiste Alain, les étudiants entretenaient des relations cordiales. Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre et il n’y a aucune tension communautaire au sein de l’université".

 

"Il n'y a presque jamais de tensions entre les étudiants au sein du campus, renchérit Hussein*, un étudiant musulman en cinquième année interrogé par L’Orientlejour.com. Ce n’est qu’au moment des élections estudiantines que l’on note des tensions à caractère politique".

Un phénomène commun à la plupart des universités libanaises.

 

"Les étudiants aux tendances politiques différentes sortent ensemble, et postent les photos de leurs sorties sur Facebook. Ils sont amis, pas seulement camarades", souligne Hussein. "Je suis très surpris par la tournure qu'a pris cette affaire. Ce genre de tension n'a jamais existé entre nous, elle a été créée", ajoute-t-il.

 

*les prénoms ont été modifiés, les interlocuteurs souhaitant garder l'anonymat.

Ce qui se passe sur le campus, devrait rester sur le campus ; ce qui relève des affaires étudiantes, devrait en rester à ce niveau. Ainsi pourrait-on résumer le sentiment qui prévaut chez plusieurs étudiants du campus de Hadeth-Baabda de l'Université Antonine, théâtre lundi 19 mars d'une prière collective et publique organisée par des étudiants musulmans, en infraction au code de l'établissement.
 
Dans un communiqué publié le 20 mars, le secrétariat général de l’Université Antonine a expliqué qu’"un groupe d’étudiants du campus de Hadeth-Baabda avait demandé à la direction de l’université d’assurer un lieu de prière pour les étudiants musulmans durant les heures de cours".
"La direction n’ayant pas répondu favorablement à cette demande, du fait du caractère spécifique du campus universitaire...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut