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À La Une - Syrie

Damas dans la ligne de mire des rebelles

Attaque coordonnée de l’armée contre les rebelles aux quatre coins du pays ; au moins 62 morts hier.

L’Armée syrienne libre (ASL), qui regroupe principalement des dissidents, a mis en place un Conseil militaire pour Damas et sa région, a déclaré un de ces militaires dans une vidéo mise en ligne hier sur YouTube. « Moi, le colonel Khaled Mohammad el-Hamoud, annonce la création du conseil militaire de Damas et de sa région qui sera chargé des opérations de l’Armée syrienne libre dans cette région », déclare ainsi cet homme qui avait annoncé sa défection de l’armée le mois dernier, également sur YouTube.

 

Il y appelle en outre « les nobles officiers qui sont encore dans l’armée de Bachar el-Assad à rejoindre les rangs de l’Armée libre ». Ahmad al-Khatib, porte-parole dans la région de Damas du Conseil de la révolution (qui regroupe des militants prodémocratie), a précisé que cette nouvelle instance représentait « une direction unifiée des déserteurs issus des rangs de l’armée ». Ce conseil militaire « rassure ceux qui souhaitent soutenir l’Armée syrienne libre », a-t-il estimé, soulignant qu’une « grande partie de la région de Damas échappe au contrôle du régime ».

 

Les soldats rebelles, affirme M. Khatib, pratiquent une guérilla et se déplacent en petits groupes mobiles munis d’armes légères. L’armée gouvernementale, elle, installe des barrages et contrôle l’entrée des villes de la région mais ne peut pénétrer dans les quartiers, a-t-il ajouté. Selon lui, la priorité pour l’ASL est de recruter des militaires de formation tandis que des civils ne pourront rejoindre les rangs de la rébellion qu’à la seule condition d’avoir un stock d’armes suffisant.

 

Cette annonce intervient alors que les affrontements entre l’armée régulière et l’ASL ont récemment gagné la capitale et pris de l’ampleur.

 

Bineche promet l’« enfer »

Parallèlement, les autorités syriennes ont accentué la répression, comme à chaque nouvelle initiative diplomatique visant à mettre fin à l’effusion de sang qui a coûté la vie à plus de 9 100 personnes depuis un an, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les violences ont ainsi continué de faire rage à travers le pays avec la mort d’au moins 62 morts personnes, en majorité des civils.

 

Les troupes gouvernementales ont mené des assauts contre plusieurs villes, utilisant l’artillerie lourde, selon l’OSDH. À Sarmine, dans la province d’Idleb, « nous avons répondu aux tirs des blindés avec tout ce que nous avions à notre disposition, mais cela n’a servi à rien. Nous combattons désormais au corps à corps », a affirmé Abou Adel, un commandant rebelle. Les chars bloquaient la route vers la ville voisine de Bineche, empêchant l’évacuation des blessés et la fuite des civils, a rapporté Abou Salem, lui aussi engagé dans les combats à Sarmine. Sur cette route menant vers la Turquie, « les forces gouvernementales ont tiré sur un bus transportant des réfugiés », faisant 10 morts, dont deux femmes et trois enfants, selon des militants.

 

Notons que Bineche vit depuis quatre mois dans la crainte d’un assaut « imminent » de l’armée, mais la ville promet l’« enfer » aux troupes si elles tentent une nouvelle offensive sur ce bastion rebelle. « S’ils décident d’entrer dans Bineche, la ville deviendra comme un volcan en éruption que rien ne peut stopper », a assuré Abou Salmo, un chef local de l’ASL. « Ils ont essayé d’entrer à trois reprises et ont dû repartir aussitôt », raconte-t-il, assurant qu’ils « n’oseront pas revenir, tout le monde sortira pour les combattre ».

 

En attendant, la vie suit son cours à Bineche. Mais à moins de 10 km de là, les chars de l’armée attendent à Neirab Sarmine le moment de lancer l’assaut final sur le dernier bastion rebelle de la province d’Idleb. « Actuellement, nous vivons tranquilles, l’ASL nous protège. Il n’y a pas de tirs, ni de chars, ni de morts. Nous pouvons nous promener tranquillement, en toute sécurité », explique un habitant, reconnaisant néanmoins que « la situation peut changer d’un jour à l’autre ». Cependant, à l’heure de mettre sous presse, la ville était en train d’être bombardée par l’armée syrienne.

 

Un vendredi pour Damas

Par ailleurs, 15 soldats ont péri lors de combats avec des rebelles dans la province d’Idleb et dans les villes de Qousseir, bombardée 3 obus à la minute, et Homs où tous les quartiers sont bombardés simultanément et 12 corps ont été retrouvés sous les décombres d’un immeuble, a rapporté l’OSDH. Des affrontements ont également eu lieu à Deraa, Hama et Lattaquié où plusieurs morts et blessés sont à déplorer suite au bombardement du village de Kabbani.

L’ASL a également abattu un hélicoptère de l’armée régulière à Alep, selon la chaîne satellitaire al-Jazira, suite à cela, l’armée a lancé un assaut sur plusieurs quartiers de la ville. Dans le même temps, les forces de sécurité ont arrêté plusieurs femmes qui manifestaient à Soueida.

 

Comme chaque vendredi depuis le début de la révolte populaire le 15 mars 2011, les Syriens sont appelés par l’opposition à manifester aujourd’hui en masse, cette fois-ci en solidarité avec la capitale Damas, touchée ces derniers jours par des combats meurtriers entre soldats et déserteurs et par des attentats.

L’ancien secrétaire général du Baas Mohammad Abdallah el-Cheikh à Idlib a quant à lui fait sécession et estime que parler « d’un régime assassin est une erreur. »

 

Enfin, l’organisation internationale Human Rights Watch a accusé l’armée d’utiliser à Qousseir et Idleb la même stratégie que dans la ville de Homs : bombardements, tireurs embusqués et attaques de civils tentant de fuir. Amnesty international s’est inquiétée pour sa part du sort d’un avocat des droits de l’homme syrien, évoquant de possibles tortures depuis son arrestation en février et sa détention ensuite dans un lieu tenu secret.

 

L’Armée syrienne libre (ASL), qui regroupe principalement des dissidents, a mis en place un Conseil militaire pour Damas et sa région, a déclaré un de ces militaires dans une vidéo mise en ligne hier sur YouTube. « Moi, le colonel Khaled Mohammad el-Hamoud, annonce la création du conseil militaire de Damas et de sa région qui sera chargé des opérations de l’Armée syrienne libre dans cette région », déclare ainsi cet homme qui avait annoncé sa défection de l’armée le mois dernier, également sur YouTube.
 
Il y appelle en outre « les nobles officiers qui sont encore dans l’armée de Bachar el-Assad à rejoindre les rangs de l’Armée libre ». Ahmad al-Khatib, porte-parole dans la région de Damas du Conseil de la révolution (qui regroupe des militants prodémocratie), a précisé que cette nouvelle instance...
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