« Nous réitérons l’attachement de la France à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité du Liban et nous condamnons toutes les atteintes à son intégrité territoriale », a poursuivi le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, lors d’un point de presse, rapporte l’AFP dans une dépêche datée de Paris.
« Notre souhait est que le Liban soit préservé des conséquences de la crise syrienne et que tous les acteurs politiques au Liban agissent en ce sens », a-t-il aussi dit.
Le président syrien « Bachar el-Assad doit entendre le message fort qui lui a été adressé » par l’ONU, a-t-il ajouté. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait appelé, mercredi, dans une déclaration présidentielle, Damas à mettre en œuvre les propositions du médiateur Kofi Annan, en vue d’un cessez-le-feu.
La déclaration présidentielle de l’ONU ainsi que la situation à la frontière et en Syrie ont été commentées hier aussi par plusieurs responsables.
Le chef de la diplomatie, Adnane Mansour, a ainsi indiqué à la télévision du Hezbollah, al-Manar, que la Russie ne modifiera pas sa position à l’égard de Damas, la qualifiant d’ « équilibrée ». Il a fait état d’un recoupement entre les positions libanaise et russe sur deux points : l’opposition à toute intervention étrangère dans les affaires syriennes, ainsi que le refus de tout armement ou financement de l’opposition pour obtenir un changement du régime.
M. Mansour a de nouveau estimé que le régime syrien « réagit favorablement à toutes les demandes pour la réalisation de réformes », jugeant que les revendications de l’opposition doivent faire l’objet d’un dialogue interne syrien.
Dans le camp opposé, l’analyse est tout autre. Selon le député Ammar Houri, le régime syrien est devenu un fardeau pour la Russie « qui considère que la chute d’Assad est inéluctable, mais qui continue de détenir la carte syrienne à des fins qui lui sont propres ». Dans une déclaration à la LBCI, il a en outre dit avoir constaté un changement au niveau du langage du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, estimant que « ce nouveau ton est indicateur d’un changement de la position de Téhéran vis-à-vis de Damas ». « En demandant aux deux parties de jeter les armes, sayyed Nasrallah, a-t-il rappelé, s’est indirectement adressé au régime de Bachar el-Assad pour l’inviter à abandonner les siennes. »
Alors que M. Khodr Habib appelait à la Voix du Liban à un déploiement de l’armée à la frontière libano-syrienne pour protéger les Libanais contre les tirs syriens, le député Khaled Daher reprochait vivement à la communauté internationale de ne pas intervenir pour mettre fin aux massacres en Syrie et se félicitait de ce que le mouvement de protestation populaire prenait de l’ampleur « en dépit du silence international ».
Son collègue, Marwan Farès, a en revanche jugé que « la situation en Syrie a commencé à changer en faveur du président Assad ». Il a prévu « une consolidation du régime syrien qui se répercutera sur le Liban et commandera des changements politiques au niveau du gouvernement ».


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