L’incontinence urinaire toucherait à des degrés variés près de 25 % des femmes en âge moyen et jusqu’à 50 % des femmes âgées. Photo lewebzine.aphp.fr
« Ce sont deux souffrances souvent occultées, pour lesquelles les urologues et les sexologues ont des solutions à apporter », assure le Dr Georges Kouri, vice-président de l’Association française d’urologie (AFU).
L’incontinence est la perte involontaire d’urine. C’est un trouble qui touche plus les femmes que les hommes, en raison de l’anatomie et des accouchements qui fragilisent le plancher pelvien. Ainsi, l’incontinence urinaire toucherait à des degrés variés près de 25 % des femmes en âge moyen et jusqu’à 50 % des femmes âgées. Par ailleurs, 15 % des hommes âgés de plus de 60 ans en souffriraient.
Les spécialistes distinguent trois formes de ce trouble. L’incontinence urinaire liée à l’effort, qui se caractérise par des fuites d’urine suite à une augmentation de la pression abdominale (toux, éternuement, effort physique, rire). L’incontinence par impériosité, qui se manifeste par des envies pressantes (impériosités) que l’on ne peut pas réprimer. Cette forme d’incontinence peut voiler une maladie, telle une infection urinaire, un polype, un calcul dans la vessie, une inflammation vaginale, ou encore des affections neurologiques. L’incontinence urinaire mixte, enfin, est la plus fréquemment rencontrée chez les femmes. Elle associe l’incontinence d’effort à celle par impériosité.
L’incontinence urinaire reste un sujet tabou. De ce fait, nombre de personnes n’osent pas en parler ou sous-estiment le problème.
Une étude menée en 2009 en France auprès de 2 183 femmes, venues consulter un médecin généraliste du réseau Sentinelles de l’Inserm, fait apparaître que 26,6 % avaient souffert dans le dernier mois d’un problème d’incontinence urinaire, dont 60 % n’avaient jamais parlé. La moitié portait une protection, rapporte l’AFP.
Même territoire anatomique
Continence et sexualité partagent « un même territoire anatomique », expliquent les spécialistes, précisant que les troubles urinaires sont fréquemment associés à des troubles sexuels. Ils ajoutent que, selon les études, les fuites urinaires pendant les rapports sexuels concerneraient entre 27 et 60 % des femmes souffrant d’incontinence. « La souffrance n’est pas proportionnelle au volume d’urine perdu », relève le Dr Antoine Faix, urologue et sexologue.
Baisse de la libido, diminution des rapports sexuels, diminution ou absence d’orgasme, douleurs pendant les rapports font partie des troubles sexuels fréquemment associés aux troubles urinaires.
« L’image de soi est profondément remaniée, or une bonne estime de soi est indispensable dans la sexualité », explique le Dr Marie-Hélène Colson. La sexualité est normalement un moment d’abandon. « Si on est dans la vigilance, on perturbe les voies neurologiques du plaisir », poursuit-elle.
Chez l’homme, l’incontinence est le plus souvent liée aux pathologies de la prostate et à leur traitement, et associée à des troubles sexuels plus importants (troubles de l’érection, absence d’éjaculation). Contrairement à la femme, « elle est exceptionnelle chez l’homme jeune », souligne le Pr François Richard.
Au niveau de la vie sexuelle, le Dr Colson donne quelques conseils : penser à vider sa vessie avant les rapports, ou encore « revisiter sa sexualité » en ménageant des « moments de pauses câlines ». Surtout, « il faut rompre le silence ».


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