Figure incontournable du monde industriel en général et automobile en particulier, Carlos Ghosn, le PDG de l’alliance Renault-Nissan, a effectué une visite éclair au Liban dans le cadre du lancement de la chaire et du master en management de la sécurité routière à l’Université Saint-Joseph (USJ). Ce polytechnicien d’origine libanaise est aujourd’hui l’un des dirigeants les plus influents de l’Industrie avec un grand I. Orateur accompli, autant dans la langue de Molière que dans le « libanais parlé », à huis clos avec quelques journalistes ou devant un parterre de chefs d’entreprise et de dirigeants libanais, M. Ghosn a profité de son passage au Liban pour faire le point sur l’industrie automobile, et notamment des dernières tendances, à savoir les voitures électriques.
Invité par le Rassemblement des chefs d’entreprise libanais (RDCL) autour d’un déjeuner qui a eu lieu au restaurant Le Maillon, Carlos Ghosn est revenu sur les étapes difficiles par lesquelles sont passées Nissan et Renault depuis la fin des années 90, et sur la crise économique « violente » de 2008 ainsi que les plans de « revival » mis en place pour redynamiser les deux entreprises mondiales.
En effet, suite à la « chute » du groupe Lehman Brothers en septembre 2008, les ventes mondiales de voitures sont à la baisse de 15 % au Japon, 20 % en Europe et 35 % aux États-Unis. Nissan et Renault mettent alors en place des stratégies pour réduire leurs coûts fixes et optimiser leurs coûts variables. C’est ainsi que l’alliance entre les deux compagnies est accélérée pour, comme l’explique Carlos Ghosn, « réduire la diversité des pièces détachées et optimiser les dépenses de recherche et de développement (R&D) ».
Autre étape pour le moins difficile de l’histoire du marché automobile est l’année 2011. En effet, du tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé le Japon à la crise de la dette souveraine en Europe, la vente d’automobiles a été sévèrement touchée.
Rappelons que le tsunami japonais avait causé des pertes d’une valeur de 500 millions de dollars à peu près à l’usine Renault. Malgré ces incidents pour le moins fâcheux, Renault et Nissan « ont battu des records de vente en 2011 », indique non sans fierté M. Ghosn.
La voiture électrique...
Troisième patron le mieux payé en France avec une rémunération annuelle estimée à 9,7 millions d’euros en 2010, Carlos Ghosn mise à fond sur le futur, donc sur la voiture électrique, tandis que ses compétiteurs sont toujours en train de développer des moteurs hybrides. « L’extraordinaire M. Ghosn », comme titrait l’hebdomadaire français Le Point en 2005, livre son secret : « Toutes les crises ont une fin mais aussi d’autres crises viendront », lance le sauveur de Nissan. « Tirer parti des crises, c’est engager des transformations qu’il aurait été impossible de mener dans un contexte de croissance. La crise oblige à ne plus être complaisant vis-à-vis de sa non-performance. C’est une question de survie », résume-t-il.
De son côté, le président du RDCL Fouad Zmokhol a saisi l’occasion pour réaffirmer l’importance de maintenir l’économie libanaise loin des tiraillements politiques. Soulignant la nécessité de garder des liens étroits avec la diaspora libanaise mondiale, « véritable pétrole libanais », selon ses dires, M. Zmokhol a dénoncé la corruption galopante qui réduit la société libanaise à une « société à responsabilité inexistante ».
Question incontournable posée plusieurs fois à M. Ghosn : quid des investissements au Liban ? La réponse est toujours la même : investir dans n’importe quel pays requiert une infrastructure solide ainsi que des accords de libre-échange favorisant les exportations. Deux conditions qui ne sont clairement pas d’actualité au Liban. À (triste) titre comparatif, rappelons que le mois dernier, M. Ghosn avait inauguré une usine à Tanger d’1 milliard d’euros, initiative qui lui avait valu des critiques virulentes dans les médias français. Accusé de « outsourcing », anglicisme qui désigne l’opération qui consiste pour une entreprise à faire réaliser certaines tâches à l’extérieur, le PDG de Renault-Nissan s’était défendu en disant que chaque voiture fabriquée à Tanger crée 700 euros de travail en France. De plus, l’implantation de l’usine française à Tanger avait été soutenue par une volonté politique marocaine, une condition sine qua non à un projet de cette envergure.
« Le marché arabe a surtout besoin d’opportunités d’emplois », assure M. Ghosn. Si le constat est on ne peut plus vrai, il n’en demeure pas moins que malgré toute la bonne volonté du secteur privé, l’absence de soutien quasi complète des gouvernements de la région est un véritable obstacle à l’implantation de grands noms de l’industrie, véritables créateurs d’emplois et générateurs de revenus.
Invité par le Rassemblement des...



Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani