Sur cette image, tirée d'une vidéo YouTube postée par des militants syriens anti-régime le 13 mars, le bombardement présumé d'Idleb par les forces syriennes. YouTUbe/HO/AFP
Un an après le début de la révolte qu'il réprime dans le sang, le régime profite du faible armement des rebelles, de la fragmentation de l'opposition et des divisions de la communauté internationale pour réaffirmer son autorité.
A Deraa, près de la frontière jordanienne et où est née la contestation, le quartier d'Al Balad a été pris mercredi sous les tirs d'une vingtaine de chars et de véhicules blindés, a dit par téléphone à Reuters le militant d'opposition Rami Abdelhak. Selon l’AFP, qui cite l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les troupes syriennes ont tué au moins 20 personnes dans des raids contre cette ville du sud.
Plus tôt dans la journée, le régime a repris le contrôle de l'important fief rebelle d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.
"Depuis hier (mardi) soir, il n'y a plus de combats, l'Armée syrienne libre (ASL) s'est retirée et l'armée a pris d'assaut toute la ville et mène des perquisitions maison par maison", a affirmé Noureddine al-Abdo, militant local, précisant que l'armée poursuivait mercredi ses arrestations.
Il y a deux semaine, l'armée syrienne avait repris le quartier de Baba Amr à Homs (centre) à l'issue d'un mois de pilonnage.
Pour les déserteurs, la chute rapide d'Idleb, après quatre jours de siège, s'explique par le manque d'armes des rebelles. "A BAba Amr, les armes parvenaient en quantité, notamment en provenance du Liban voisin", alors qu'à Idleb, proche de la Turquie, les rebelles disposaient "essentiellement d'armes que les déserteurs avaient prises avec eux", a précisé Noureddine al-Abdo. Par ailleurs, deux journalistes turcs en reportage dans cette ville, Adem Özköse et Hamit Coskun, ont disparu, selon le journal turc Milat, sans nouvelle d'eux depuis le 9 mars.
A travers le pays, combats et bombardements ont fait dix morts mercredi, en majorité des civils, selon l'OSDH.
Outre ces revers sur le terrain, l'opposition a également enregistré des déconvenues politiques en interne. Aujourd'hui, le Conseil national syrien (CNS), principal mouvement de l'opposition, a enregistré la défection de trois personnalités. Haitham al-Maleh, Kamal al-Labwani et Catherine al-Talli ont annoncé sur Facebook qu'ils claquaient la porte en raison de "divergences" et de l'inefficacité" du CNS.
M. Labwani a notamment estimé qu'ils ne voulaient plus être "complices du massacre du peuple syrien à travers les atermoiements, la tricherie, les mensonges, la surenchère et la monopolisation des décisions". Il a même accusé le CNS d'être "lié à des agendas étrangers qui cherchent à prolonger la bataille en attendant (...) que le pays soit entraîné dans une guerre civile".
Actuellement dirigé par Burhan Ghalioun, opposant basé en France, le CNS est critiqué pour ne pas assez coordonner son action avec le terrain, d'avoir tardé à se prononcer pour l'armement des rebelles qui combattent les forces du régime depuis des mois et pour la grande influence des Frères musulmans sur le conseil.
Burhan Ghalioun, a, pour sa part, dénoncé, sur les ondes de la Voix du Liban, l'échec des pays arabes à soutenir, pratiquement, le peuple syrien. Il a notamment assuré que l'ASL n'a toujours pas reçu d'aide financière des pays arabes qui ont pourtant affiché leur intention d'armer les rebelles.
Sur la scène internationale, la Russie, soutien sans faille de la Syrie jusqu'à présent, a néanmoins fait part de sa frustration envers Damas. Le régime a "introduit de bonnes réformes qui renouvellent le système et l'ouvrent au pluralisme, mais cela est fait avec un gros retard", a déploré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. "Malheureusement, tous nos conseils (...) n'ont pas été suivis d'effet, et n'ont pas toujours été mis en pratique en temps voulu, loin de là", a-t-il ajouté.
Mardi, Damas avait annoncé la tenue de législatives le 7 mai prochain. Un scrutin initialement prévu pour septembre 2011, mais reporté en raison des réformes annoncées par M. Assad, dont une nouvelle Constitution mettant fin à la primauté du parti Baas au pouvoir et approuvée fin février par référendum. Les Etats-Unis ont jugé "ridicule" l'organisation d'élections "au milieu des violences" qui ont fait plus de 8.500 morts en un an selon l'OSDH.
Toujours sur le plan diplomatique, l'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan, qui a rencontré le président Assad le week-end dernier, a reçu une réponse incomplète des autorités à des propositions qu'il leur avait soumises, a laissé entendre l'ONU dans un communiqué. "M. Annan a posé des questions et attend des réponses", mais "compte tenu de la situation grave et tragique sur le terrain, tout le monde doit comprendre que le temps presse", souligne le texte. Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a, de son côté, déclaré que la Syrie avait répondu "avec objectivité" et était "prête à agir positivement" si les autres parties faisaient preuve de "bonne volonté".
Le Premier ministre David Cameron a, par ailleurs, déclaré que "le chemin le plus court pour mettre fin aux violences (en Syrie), c'est une transition avec un départ d'Assad, pas une révolution venant de la rue", alors que son homologue chinois, Wen Jiabao, rappelait que Pékin prône une solution politique et refuse toute intervention étrangère.
Parallèlement, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'est dite inquiète quant à la sécurité alimentaire en Syrie, notamment pour 1,4 million de personnes vulnérables touchées par les violences. Amnesty International a, de son côté, dénoncé la "torture systématique" des détenus atteignant "un niveau jamais vu pendant des années" qui "rappelle l'ère sombre des années 1970 et 1980".
C'est dans ce contexte que la France a envoyé dans des pays frontaliers de la Syrie son ambassadeur chargé des droits de l'Homme afin de réunir des preuves des atrocités commises par le régime pour les remettre à la justice internationale (CPI), selon des diplomates.
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"Depuis hier (mardi) soir, il n'y a plus de...



Le titre a changé... et c'est bien ainsi! Il ne faut pas avoir de parti pris à ce point, malgré le plus que légitime orientement éditorial du journal! Merci infiniment de publier car tout ce qui publique est soumis à des critiques.
14 h 12, le 14 mars 2012