Le complexe du cadet. « C’est comme une cicatrice au fond de moi, et pour tout cela, je suis encore plus fier d’avoir réussi à devenir Paolo », raconte le défenseur napolitain à la revue du syndicat des joueurs italiens, « Il calciatore » (le footballeur).
« Je n’ai pas toujours été bien traité, le nom que je portais était un problème, poursuit-il. Être le frère de Fabio a toujours été un boulet, comme si le talent de mon frère était une faute de ma part, moi qui venais après lui. Il a gagné des “scudetti”, le Mondial, le Ballon d’or... »
Ce soir, c’est bien lui la vedette de la famille, car le Napoli devra bien défendre pour résister à la furia offensive des « Blues ». Les projecteurs sont braqués sur l’arrière-garde plutôt que sur les « trois ténors » de devant, Marek Hamsik, Ezequiel Lavezzi et Edinson Cavani.
Au cœur de la défense à trois de Walter Mazzarri, renforcée par les latéraux-pistons Christian Maggio et Juan Camilo Zuniga, Paolo va devoir organiser la résistance pour rejoindre dans l’histoire locale l’équipe de Diego Maradona, quart de finaliste de la Coupe des champions 1991.
« C’est un symbole du Napoli, il a accepté d’aller en série B », le défend Fabio, ce frère à l’aura envahissante. Paolo n’a pas le talent de l’ex-meilleur défenseur du monde, n’est même pas international, mais c’est un fidèle, alors que Fabio n’est jamais revenu au club. Les Napolitains l’aiment pour cela aussi.
À 30 ans, il est le capitaine de son Napoli, où il a été formé. Après sept saisons entre Parme, où il remplace même quelquefois son frère en défense centrale, et le Hellas Vérone, il est retourné en 2006 à ses premières amours, en 2e division, pour participer à la remontée. Il est aujourd’hui le guide du groupe.
Avant la rencontre la plus importante de sa carrière, il donne le la. « Le match se joue sur le terrain, par sur la feuille de match », explique-t-il à la radio napolitaine Radio Marte, face à l’armada de stars en face, de l’étoffe de son grand frère, celle dont on fait les Ballons d’or (Didier Drogba, Franck Lampard...).
« L’attente est énorme, mais il vaut mieux vivre ces moments de la façon la plus normale possible, prévient-il. Que les tifosi soient déchaînés, c’est bien, mais nous, nous devons rester calmes, même si ce ne sera pas facile. »
Cannavaro a également une revanche personnelle à prendre, après avoir coûté le premier but du match à l’aller à son équipe, sur une glissade.
« Je ne crois pas que ce soit une question d’inexpérience, assure-t-il, le match du Milan (l’Inter) contre Arsenal nous a ouvert les yeux : on va sûrement souffrir, mais en étant concentrés dès la première minute, on peut le faire. La première période sera très importante, rappelons-nous que le Milan était déjà mené 3-0 à la 45e. Nous devons penser qu’il y a 0-0 au coup d’envoi. »
« Chelsea nous attendra le couteau entre les dents, mais nous aurons plus de 3 000 tifosi à Stamford Bridge », prévient Paolo Cannavaro. L’appel au peuple, en bon capitaine.


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