Toutefois, le Pentagone a écarté l’appel du Parlement afghan, indiquant que le soldat sera poursuivi par la justice militaire américaine. « Il existe des accords avec le gouvernement d’Afghanistan en ce qui concerne les enquêtes et, le cas échéant, les poursuites contre des militaires américains par les canaux militaires américains », a déclaré le porte-parole du Pentagone, George Little. Quand ils engagent leurs forces dans un pays avec l’accord du gouvernement de ce pays, les États-Unis prennent toujours soin de signer des accords stipulant que d’éventuels crimes et délits commis par des militaires américains déployés dans le pays soient jugés par la justice militaire américaine. Pour sa part, la secrétaire d’État Hillary Clinton s’est dit hier « choquée et attristée », et a promis que justice sera faite.
À Kaboul, l’ambassade américaine a invité ses ressortissants à redoubler de précautions dans les prochains jours en raison du risque de manifestations hostiles, « notamment dans l’Est et le Sud ». Les talibans ont en effet juré hier de venger « chacun des morts » tués par « les sauvages malades mentaux américains ». Les rebelles ont également envoyé plusieurs de leurs hommes dans les mosquées de Panjwayi, le village sinistré, où ils ont demandé aux habitants de se soulever contre les Américains. Plusieurs chefs de tribu de Panjwayi ont toutefois indiqué qu’ils n’appelaient pas pour l’heure à manifester contre les Américains, mais qu’ils le feraient s’ils ne punissaient pas le ou les coupables. Parallèlement, les autorités afghanes ont déployé des policiers et des soldats supplémentaires pour empêcher toute manifestation à Kandahar, la capitale provinciale, toute proche de Panjwayi.
Ce massacre risque de compliquer encore plus les difficiles négociations en cours entre Washington et Kaboul sur un partenariat stratégique de long terme, qui doit notamment définir les modalités de la présence américaine en Afghanistan après 2014. Mais hier, les États-Unis ont assuré que leur stratégie dans ce pays ne changera pas. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a assuré que Washington entendait vaincre el-Qaëda et entraîner les Afghans pour qu’ils assurent leur propre sécurité. Il a en outre promis que les États-Unis coopéreraient avec les autorités afghanes pour « enquêter sur cet incident tragique et faire en sorte que justice soit rendue ».
(Source : AFP)


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