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Moyen Orient et Monde - France

L’Europe au centre de la campagne présidentielle de Sarkozy

Toujours bien campé à droite sur l’échiquier politique français, le président-candidat Nicolas Sarkozy sort la réforme de l’Europe de sa manche. Dimanche, M. Sarkozy a ainsi menacé de sortir la France de l’espace Schengen si les accords européens sur la libre-circulation ne sont pas révisés, lors d’un mégameeting de campagne, devant plusieurs dizaines de milliers de partisans. Le président-candidat, fortement engagé au côté de l’Allemagne pour résoudre la crise de la dette en zone euro, n’a pas hésité à évoquer des mesures unilatérales si la situation n’évolue pas « dans les 12 mois », sur Schengen comme sur l’adoption de mesures protectionnistes pour défendre les entreprises européennes ( « Buy European Act » ).
Avec cette sortie inattendue, le candidat, à la recherche d’un second souffle pour inverser la spirale qui le donne perdant à la présidentielle, amène l’Europe au cœur de la campagne, alors qu’elle en avait jusqu’alors été quasi absente, à six semaines du premier tour. « Sarkozy veut en finir avec l’Europe passoire », titre ainsi le quotidien de droite Le Figaro. Mais il prend le risque d’être accusé de manquer de constance, le camp présidentiel ayant dénoncé le candidat socialiste François Hollande, qui souhaite renégocier le traité européen sur la stabilité, lequel n’est pas encore appliqué. Le quotidien de gauche Libération trouvait hier que « le président sortant est apparu plein de contradictions », notamment « quand il s’arroge la possibilité de modifier les traités européens mais l’interdit à son adversaire ». « Voilà que Nicolas Sarkozy, ne pouvant pas présenter d’autres propositions aux Français, se met à traiter l’Europe comme un bouc émissaire », s’est pour sa part indigné François Hollande, estimant que le président était engagé dans « une fuite en avant ». « Il fait semblant de briser Schengen pour draguer grossièrement le Front national », a estimé de son côté le député socialiste Arnaud Montebourg, en référence au parti de Marine Le Pen, créditée de 17 % des voix dans les sondages, derrière François Hollande (29 %) et Nicolas Sarkozy (27 %), et dont la lutte contre l’immigration est au cœur de son programme. Le candidat centriste François Bayrou a qualifié, lui, de « fantasme » la menace de sortir de l’accord de Schengen : « Est-ce qu’il y a quelqu’un d’assez sensé dans le pays pour croire qu’on va réembaucher des douaniers et reconstruire les postes- frontières ? » a-t-il ironisé.
Berlin a réagi aux déclarations de M. Sarkozy, un porte-parole du gouvernement soulignant que la libre-circulation dans l’espace Schengen constituait pour l’Allemagne « un bien précieux ». La commissaire européenne chargée des Questions d’immigration, Cecilia Malmström, a prévenu de son côté qu’une réforme fondamentale de la zone Schengen devrait en passer par une réforme du traité de l’UE. Comme la gauche, François Bayrou pointe la tentative de Nicolas Sarkozy de renouveler « le même discours qu’il y a 5 ans », au risque d’accroître les « fractures » chez les Français.
(Source : AFP)
Toujours bien campé à droite sur l’échiquier politique français, le président-candidat Nicolas Sarkozy sort la réforme de l’Europe de sa manche. Dimanche, M. Sarkozy a ainsi menacé de sortir la France de l’espace Schengen si les accords européens sur la libre-circulation ne sont pas révisés, lors d’un mégameeting de campagne, devant plusieurs dizaines de milliers de partisans. Le président-candidat, fortement engagé au côté de l’Allemagne pour résoudre la crise de la dette en zone euro, n’a pas hésité à évoquer des mesures unilatérales si la situation n’évolue pas « dans les 12 mois », sur Schengen comme sur l’adoption de mesures protectionnistes pour défendre les entreprises européennes ( « Buy European Act » ).Avec cette sortie inattendue, le candidat, à la recherche d’un second...
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