Installée à côté de l’immense base américaine de Bagram, à une soixantaine de kilomètres au nord de Kaboul, cette prison controversée était devenue depuis dix ans un symbole de l’occupation américaine aux yeux de nombreux Afghans. Environ 3 000 prisonniers, membres présumés de la rébellion des talibans ou d’el-Qaëda qui luttent contre Kaboul et ses alliés occidentaux depuis 2001, y sont détenus selon l’ISAF. La prison était régulièrement critiquée par Kaboul, au nom de sa souveraineté nationale, et par les organisations de défense des droits de l’homme, qui dénoncent notamment des détentions abusives. Elle est revenue sur le devant de la scène en février lorsque des soldats américains y ont brûlé des exemplaires du Coran.
Aux termes du nouvel accord, les autorités afghanes devront informer les Américains de leurs projets de libération de prisonniers et « prendre favorablement en considération » leurs éventuelles objections. Les Américains y maintiendront pendant un an une présence technique, logistique et de conseil. Les Afghans s’engagent de leur côté à garantir aux Américains et aux agences de l’ONU un accès aux détenus. Notons que l’accord a été signé au lendemain d’une vidéoconférence entre M. Karzaï et son homologue américain Barack Obama où ces derniers ont « noté des progrès en vue de la conclusion d’un partenariat stratégique », selon la Maison-Blanche. Fin février, M. Karzaï avait assuré qu’il souhaitait signer cet accord de partenariat à long terme, mais en posant plusieurs conditions, dont le transfert de Bagram et la fin des raids nocturnes de l’OTAN dans les maisons afghanes, un sujet de colère et d’indignation récurrent au sein de la population. Kaboul réclame depuis longtemps la fin de ces raids, estimant que seules les forces afghanes devraient les effectuer. M. Wardak a semblé indiquer hier qu’un accord était également en vue sur ce point.
(Source : AFP)


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